mardi 21 octobre 2008

Fragment d'analyse d'une angoisse nocturne.

Ce matin, 4H30, la crise est arrivée. Une angoisse profonde et sourde comme je n'en avais pas connue depuis fort longtemps. Ma névrose a fait son grand retour et j'étais à la fois l'acteur et le seul spectateur.

J'ai souvent parlé de ma chère et tendre obsession, ma seule véritable partenaire qui m'accompagne depuis toujours. Aujourd'hui, elle fut encore au rendez-vous. Pour ceux qui ne le savent pas, la névrose obsessionnelle est un truc fantastique. A un moment "M" du développement de l'enfant, entre 3 et 5 ans vraisemblablement, un évènement traumatique vient bloquer le bon déroulement des processus psychiques qui restent grippés telle une vieille mécanique rouillée.
L'individu est désormais condamné à tourner en boucle autour du souvenir du traumatisme.

Cette nuit encore, dans mon demi-sommeil, je tombe, tout autour de moi n'est que vide. Les souvenirs de mes grandes angoisses reviennent au galop. Ces enfants sur les remparts de Saint-Malo qui se penchent dangereusement pendant que les parents regardent ailleurs. C'était il y a deux ans et à la simple évocation de ce souvenir pénible, je ressens encore le malaise profond qui m'avait alors envahi. J'ai beau être allongé dans mon lit, mes jambes se dérobent sous moi et la tête me tourne. Je revois également cet enfant dont j'ai déjà parlé, qui tombe et qui manque de peu de se faire piétiner par un poney. Tout revient. N'est-ce pas cela que Freud nommait le retour du refoulé?
Tout ces éléments ont une chose en commun. La solitude des enfants face au danger. Dans toutes ces situations, les enfants sont en présence d'adultes inatentifs ou indifférents. Vous pensez bien qu'après quelques années d'analyses, les liens se sont fait rapidement dans mon esprit, très vite, l'angoisse se tait.

Les liens qui se font sont ceux du passé, à savoir quelle est cette peur du vide? quel est le danger auquel j'ai été confronté? Et le lien avec le présent, à savoir pourquoi cette angoisse est-elle revenue ce soir?



J'avais 4 ans, du bonheur plein les yeux à voir toute ma famille en vacances dans le sud. Les seules vacances que nous ayons pu avoir ensemble. Tout les enfants savaient nager et se baignaient dans la piscine sous la garde des adultes qui se trouvaient autour. Moi, seul sur le bord, mourant d'envie d'aller rejoindre les autres, me mis en tête d'attraper une bouée qui flottait tout près du bord. Je tends mon petit bras dodu, mais cela ne suffit pas. Avec l'ingéniosité hasardeuse des enfants décidés à faire une ânerie, je m'allonge sur le bord de la piscine pour que ma main puisse atteindre plus facilement le flotteur qui semblait s'éloigner petit à petit comme pour mieux m'attirer au fond du mortel bassin aux allures scintillantes sous les rayons de Phèbus.

Je sens mon petit corps léger glisser dans l'eau sans la moindre appréhension. Je n'ai pas le temps d'appeler ma mère quelques mètres plus loin, qui s'adonne à la lecture dans un transat. Je ne me souviens même pas avoir eu peur alors que je m'enfonçais sous l'eau. Je n'ai pas lutté non plus. Les ombres des enfants nageant à la surfaces s'éloignaient tandis que je coulais sereinement, comme résigné.

Plus rien.

Évoquant cet épisode dernièrement, ma mère riait en me rapportant les propos que j'ai tenu, entre deux sanglots, lorsque je fus repêché in-extrémis : "Maman, je m'ai presque noyé!!"


Le lien au présent est limpide.

La journée d'hier fut consacrée à une petit visite familiale qui m'a conduit à passer un moment avec ma mère. Elle avait la garde de deux enfants, deux petits garçons de 2 et 4 ans. Celui de deux ans, elle l'a laissé jouer dehors, seul, dans une cour non clôturée pendant que nous buvions un café à l'intérieur. Tout simplement impensable pour moi. La cerise sur le gâteau fut la récupération du deuxième enfant à l'arrêt de bus. J'avais voulu l'accompagner, ce qui nous aurait donné l'occasion de discuter. Arrivé sur place, nous échangeons quelques politesses avec les autres parents venus chercher leurs bambins pendant que le car déverse son flot de marmaille. Lorsque je me retourne, ni ma mère, ni les deux enfants ne sont là. Je presse donc le pas pour les rattraper sur le chemin du retour et je ne tarde pas à les rattraper. Lorsque j'arrive à sa hauteur, ma mère me regarde interloquée et lâche :" J'avais complètement oublié que tu étais là !!"


Je me contente de relater ici uniquement le "relatable", le reste restant bien au chaud sous ma pudeur, mais assurément, ma névrose a encore de beaux jours devant elle.
Le sentiment de sécurité m'est complétement inconnu.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Et bien, je ne sais que te dire ! Par contre j'aimerai savoir si il y a un moyen efficace de briser ce genre de cycle. J'ai remarqué ça aussi qu'on fait de moins en moins attention aux enfants, je crois que, d'après mes observations, mais j'ai pas envie de généraliser non plus, les parents ont tendance à relâcher la pression quand ils sont en compagnie d'une autre personne, par exemple, quand ils vont chez un ami, j'ai l'impression que souvent, ils délèguent implicitement la responsabilité de surveillance. Après c'est sûr beaucoup de parents ne surveillent pas leur progéniture, genre dans les transports en commun. Parfois ces gosses nous rentrent dedans, s'excusent pas et les parents regardent ça, comme si c'était normal. Une fois une gosse s'était assise sur mon sac de voyage, à même le quai, comme si c'était un siège !
Bref, à tout niveau, je me demande parfois si la majorité des gens fait en sorte que les enfants grandissent vite.

Je te souhaite une bonne journée. J'espère que ça ira mieux. Courage !

Anonyme a dit…

Le sentiment de sécurité, ou bien le sentiment d'avoir de l'importance aux yeux de tes proches?