
jeudi 8 octobre 2009
Le pacte

vendredi 19 juin 2009
La question qui tue.
Texte "coup de cœur" trouvé sur ce site. C'est un éléments de réponse à opposer aux "communautaristes" de tous poils, qu'ils portent le fusil ou la robe à paillette.
La fierté
On considère couramment que la fierté est par définition un sentiment noble, voire une vertu. Cette opinion s’appuie premièrement sur le fait que le sentiment contraire, la honte, est évidemment négatif, et deuxièmement sur la distinction de la fierté et de l’orgueil, le second étant, contrairement à la première, injustifié. La fierté apparaît alors comme un “juste milieu” entre la honte et l’orgueil.
Cette conception commune mérite pourtant quelques remarques. D’abord, il semble bien qu’il y ait non pas une, mais des fiertés :
- On peut être fier de ce qu’on est (Catalan ou Marseillais, Français ou Américain, ou encore Dupont ou Tartempion…). Cette fierté-là est-elle une “bonne” fierté, c’est-à-dire une fierté justifiée ? Sans même entrer dans le débat concernant les mérites respectifs des uns et des autres, on peut observer qu’il n’y a nul mérite à être ce qu’on est, puisqu’on n’a rien fait pour l’être. Tout au plus peut-on aimer sa communauté ou sa famille, ou se trouver chanceux de lui appartenir, si l’on croit qu’elle vaut plus qu’une autre – à moins bien sûr que l’on ait personnellement contribué à cette supériorité, auquel cas on tombe précisément dans un autre type de fierté.
- On peut être fier de ce que d’autres ont fait, ce qui suppose une certaine identification à ces autres (phénomène qu’on rencontre notamment chez le supporter sportif : « On est les champions ! »), identification qui génère généralement bien plus de fierté que de honte, toutes choses étant pourtant égales par ailleurs : de nombreux supporters de football se sont davantage “sentis” Français lors de la victoire à la coupe du monde de 1998 que lors de la piteuse défaite de 2002. Il ne semble pas, là non plus, y avoir un motif valable de fierté, mais “seulement” de joie.
- On peut être fier de ce qu’on a partiellement ou indirectement “fait”, comme les parents qui sont fiers de leurs enfants, ou l’employé fier de travailler dans telle entreprise ou administration. La question est ici : dans quelle mesure celui qui est fier a-t-il contribué à ce dont il est fier ? L’humanité étant là encore souvent plus réceptive à la fierté qu’à la honte, on rencontrera certains parents fiers de ce que font leurs enfants… même s’ils ont tout fait auparavant pour les dissuader de le faire !
- On peut enfin être fier de ce qu’on a soi-même fait : victoire sportive, réussite à un examen, œuvre d’art, militantisme, “bonne action”… Si ce type de fierté semble plus légitime que les autres, voire le seul légitime, il reste à savoir ce qu’est exactement cette fierté : ce n’est pas une simple joie, mais une satisfaction de soi ; autrement dit, le caractère agréable de cette fierté tient précisément au fait qu’on en est soi-même l’origine.
On peut également remarquer que l’opinion généralement positive sur la fierté tient entre autres au fait qu’on la confond souvent avec l’honneur. Etre un homme ou une femme d’honneur, ce n’est pas être fier d’être ceci ou d’avoir fait cela. On a pu dire que l’honneur est ce qui reste à celui qui a tout perdu, et qui n’a nul motif de fierté : s’il faut assurément une bonne raison pour être fier, il n’en faut pas pour avoir de l’honneur. Et même si nous avons, à tort ou à raison, honte d’un échec, celui-ci ne doit pas pour autant porter atteinte à notre honneur : ce qui montre bien que l’honneur n’est pas la fierté, c’est-à-dire le contraire de la honte.
Reste enfin à savoir si la honte est en elle-même un sentiment toujours “mauvais”. Qu’elle soit un sentiment désagréable, cela va de soi. Remarquons pourtant qu’on aura généralement une certaine considération pour l’individu qui aura, après coup, sincèrement honte de la mauvaise action qu’il aura commise.
La question à se poser n’est donc pas : « la fierté est-elle bonne et la honte mauvaise ? », mais : « De quoi faut-il être fier, de quoi faut-il avoir honte ? ».
lundi 25 mai 2009
Laisse moi boire mon café, laisse moi boire mon café, yeah...
Néanmoins, ce vieux bidule ultra mélancolique ne cesse de m'étonner par les défenses qu'il met en place contre sa dépression. Il y a quelques mois, il découvrait une œuvre qui allait bouleverser le cours de son existence. "Black out", de Britney Spears a produit un effet revigorant et rajeunissant. Bien sûr, je connaissait déjà son côté vaguement midinette. Songez qu'après notre première nuit, l'individu, au matin, m'a balancé Marie Laforêt dans les oreilles. Ce jour-là, j'ai compris que ma vie ne serait décidément jamais simple.
En attendant de les refaire ensemble, les vendanges de l'amour, il m'a fallu m'adapter au bonhomme dont les rythmes thymiques variaient singulièrement du soir au matin. Le matin, je suis exécrable, bougon, et muet. Lui se lève et se dandine en chantant "I Britney bitch". Le ton est donné. Il se lance, la plupart du temps dans un déhanché vigoureux en ânonnant péniblement des paroles dans un anglais laborieux. Pendant ce temps, non pas à l'autre bout du monde, mais juste à l'autre bout du lit, je m'extirpe lentement des draps dont je glisse en silence. Mes yeux encore fermés ne s'ouvriront qu'une fois devant mon café que je boirai en longues gorgées, dans l'ambiance feutrée de mon salon.
Comprenez bien que les différences de nos deux caractères font que nous avons dû trouver des stratégies d'ajustement pour éviter que sa bonne humeur maniaque ne m'éclate à la gueule comme une bulle financière au nez d'un président ultra libéral... Sans cela, c'est le clash, la viande au mur, le poil arraché, Britney qui saccage mes tympans, ma main qui lui ravage la tronche.
STRATÉGIES D'ÉVITEMENT DU CONFLIT :
Tout ce joue au démarrage du radio-réveil :
Scénario 1 : Hector est éveillé avant moi, ce qui lui laisse une longueur d'avance. Il saute du lit en piaillant et en se déhanchant, ce qui m'agresse ostensiblement. Si tel est le cas, le plus simple est de se couvrir la tête avec l'oreiller en attendant qu'il ait pris son peignoir et qu'il soit descendu dans la cuisine. Moi je peux prendre le temps de me réveiller gentiment en écoutant les infos susurrées par Nicolas Demorand que je trouve tout à fait appétissant, au passage...En cas de vraie grosse bonne humeur, je l'entends depuis l'étage, sous la douche, brailler un air lyrique que je ne reconnais jamais (d'ailleurs, un jour, il y laissera une corde vocale). Dans ces cas-là, mieux vaut faire le mort et attendre son départ pour se lever sereinement.
Scénario 2 : Je suis réveillé avant lui et je suis le premier descendu. Je lui fait chauffer son petit déjeuner. J'entends d'ici, certains parmi vous qui se disent que je suis drôlement attentionné et que c'est bien mignon... Que nenni. C'est encore une stratégie qui consiste à lui faire boire sa tasse dès qu'il arrive : pendant ce temps, il la boucle. Simple et efficace, mais pas suffisant. Pas suffisant puisqu'il se descend son petit dej' en quatrième et se remet à glapir. L'erreur à ne surtout pas faire, c'est de montrer un quelconque signe d'agacement, JAMAIS ! Il faut rester stoïque comme Simone Veil défendant sa loi sur l'avortement à la tribune de l'assemblée nationale, et ignorer les provocations. Ne pas réagir lorsque Hector, en boxer, au milieu de la cuisine chante dans un micro imaginaire et me le tend en me disant "A toi !".Le moindre signe d'impatience de ma part le conduit à aller plus loin. Il lui est arrivé de me prendre par le bras pour me faire danser avec lui. Vous avez deviné que moi, c'est pas trop mon trip. Le matin, je ressemble à Jeanne Moreau, j'en ai la voix et le visage. Le vieux paillasson dégueulasse que je suis au lever à envie de tout, sauf de chanter et encore moins de danser...
Pour parer au clone de Kamel Ouali et d'Armande Altaï, j'ai LE truc ultime : Dès que je lui ai collé la tasse de lait à la main, sachant que je ne bénéficie que de quelques secondes, je me précipite sur la chaîne hifi du salon et allume la radio. Je me colle l'oreille aux en enceintes et je prends un air intéressé, voir même pénétré, par ce qui ce dit. Hector à la courtoisie de me laisser écouter et tourne les talons...Victoire ! Adieu lever de jambe et cris suraîgus, adieu Britney, Eminem (l'idole du moment), Marie Laforêt... Moi, j'ai juste envie de chanter "Seul sur une terasse à l'ombre, je bois mon café. Cinq heures du matin déjà, je me sens barbouillé..."
lundi 26 janvier 2009
Les règles du jeu
Découvrez Juliette!
Hector est un garçon assez fabuleux. Même s'il le nie depuis le début, je suis certain qu'il vient d'une autre planète.
Il me fait penser à ces enfants fées sortis des contes de mon enfance, où les esprits de la nature échangent l'un des leurs contre un enfant humain qui sera élevé et étudié dans l'autre monde. J'imagine bien mon Hector, enfoui dans ses langes sous le bras d'une "bonne dame", un soir d'octobre, apporté discrètement à la faveur de la nuit.
Il y a quelque chose chez ce garçon qui m'a toujours échappé, et qui m'échappera probablement toujours. Sa part ténébreuse est insondable. Loin d'être méchant ou impulsif, il est tout simplement verrouillé, cadenassé, torturé.
Face à lui, je suis un peu comme la princesse qui vient d'épouser l'homme à la Barbe Bleue. En son absence, elle se demande bien ce qui se cache derrière cette petite porte, au bout du couloir. Parce qu'il y en a des choses, évidemment ! Pourquoi donc se cloîtrer si il n'y a rien à protéger?
Dans un couple, il y a toujours des moments de remises en question extrêmement pénibles. Pourquoi je l'aime? Est-ce que je l'aime encore? N'ai je pas fait une connerie en lui donnant toutes c(m)es années? Peut-être que j'aurais pu être plus heureux avec un autre? Plus beau? Plus jeune? Tout ce temps est-il perdu?
Et crac, une entrée en règle dans ce qu'il convient d'appeler "la dépression".
Alors là je me permets de vous dire deux choses :
1- Que le couple soit homo ou hétéro, rien ne change, les questions sont les mêmes. Je vois déjà quelques petits malins objecter que chez les hétéros, il y a souvent des enfants et que ça change tout. Et ta sœur ?! Si les enfants étaient le ciment du couple, un facteur de bonheur conjugal, ça se saurait. Bien sûr il existe toujours la solution pour les couples hétéros de (re)faire un enfant "réparateur" qui ne fera que rafistoler très provisoirement les affects émoussés.
2- Pour être passé par ce genre de périodes, mon expérience personnelle (qui ne vaut que pour moi) m'a fait entrevoir la vie à deux de manière très différente par rapport à ce que j'ai pu penser naguère.
Idéalistes, romantiques, de grâce, n'allez pas plus loin, veuillez cliquer ici.
Le bonheur est une affaire personnelle.
"Quoi qu'il arrive, je ne serais jamais complètement heureux avec toi."
Cela peut paraître idiot, mais c'est une grande règle qu'il ne faut jamais perdre de vue dans un couple. Je suis avec lui, je ne vis pas pour lui ou pour le rendre heureux. Promettre à l'autre qu'on fera de lui un homme heureux est aussi vain que mensonger. Vain puisque comme je l'ai dit, chacun détient, seul, les clés de son paradis, et mensonger puisque faire ce type de serment, c'est se faire du bien à soi, se dire qu'on est capable de rendre l'autre heureux... Loin d'être désintéressé, donc !
Ainsi, dernièrement, dans un élan romantique, lorsque Hector m'a dit qu'il aimerait être sûr que je sois heureux avec lui, je lui ai ri au nez en lui répondant que ça n'était pas son problème, que si les choses ne me convenaient pas, je me sentais libre de me barrer. Et toc ! Sur ce, nous avions passé une très bonne soirée devant un film d'Akira Kurosawa.
Le sentiment de liberté.
Le couple (comme la famille) est à l'être humain ce que la cage est à l'oiseau, on est protégé de beaucoup de choses...n'empêche on est enfermé !
C'est aussi le plus gros problème des gens qui ont peur de s'engager. Le couple, en effet, offre une certaine constance et un confort rassurant. Pour d'autres, il paraît impensable de ne vivre qu'avec une seule personne, de ne pas en connaître d'autres. Oui, je parle de fidélité. Dès lors, un raccourcis intellectuel assez commode fait dire à beaucoup qu'être libre, c'est être seul, sans comptes à rendre. Là encore, excusez-moi, je ricane : gné, gné, gné! (oui, je fais super mal le ricanement)
Le problème vient du fait que l'on confond trop souvent la liberté et le sentiment de liberté. Certains se sentent plus libre en étant seuls, cela ne veut pas dire qu'ils le sont !! Mon analyste, cette très très sainte femme (c'est rien, le transfert a fait son œuvre !) m'avait remis d'équerre alors que je lui faisais part de mes inquiétudes et de mon sentiment d'enfermement dans mon couple en me balançant un argument simple et plein de bon sens :
Dans le mille Mimile !
Donc, la liberté, comme le bonheur, est une chose incroyablement personnelle. Je venais d'apprendre une chose qui allait profondément changer ma vie : l'apprentissage du choix. Faire un choix et l'assumer. L'assumer pour de vrai, c'est à dire, ne pas en vouloir aux autres de ne pas le comprendre, le cautionner, ou le suivre. Aimer l'autre, c'est accepter de ne pas toujours le comprendre.
On voit parfois des gens se séparer avec pertes et fracas et se balancer au visage toutes sortes de reproches très anciens et jamais formulés. Cette somme de non-dit s'enkyste et explose au bout d'un moment dans un psychodrame mêlant frustration, sentiment d'injustice et mauvaise foi.
Il n'y a pas si longtemps, je décrivais une tranche de vie dans un couple lambda qui ne se supporte plus. C'est là qu'intervient la fameuse notion de choix. Quels sont les petits arrangements avec la réalité que nous avons fait ? Pourquoi se taire pendant des années et décider d'un seul coup que l'autre doit changer immédiatement ?
Ma réponse à Hector prend alors tout son sens, lorsque je lui ai dit que mon bonheur "ça n'était pas son problème, que si les choses ne me convenaient pas, je me sentais libre de me barrer."
N'est-ce pas cela finalement le vrai amour ? Ne pas prendre l'autre comme un sauveur, un messie, qui ne pourrait par conséquent que nous décevoir, mais comme un homme simple, avec ses limites, avec son incapacité à vider ses cendriers, avec son histoire qui fait de lui un être singulier. N'est-ce pas là la plus belle preuve de respect que de ne pas lui faire porter la responsabilité de MES choix.
Chaque jour, je me lève en me disant que peut-être lui et moi, c'est pour toujours... Ou peut-être pas... Mais est-ce bien important ?
dimanche 4 janvier 2009
Je me laisse aller, et après ?
Les fêtes, les apéritifs, quelques montées de stress aussi,...mon cul s'est re-élargi. Comme je suis un garçon consciencieux, je fais mes exercices tous les matins, il n'empêche, je vais redevenir grassouillet si je ne fais pas gaffe.A la fin de la semaine, vendredi, pour être exact, je vais avoir 30 ans. C'est étrange parce que pour moi, ça ne veut pas dire grand chose. A la fois, ça ne change rien, à la fois je sens qu'il s'est passé des choses importantes ces derniers mois. J'ai du mal à expliquer mon ressenti. Je ne suis plus ce qu'on peut appeler un jeune, mais je ne me sens pas réellement adulte, bien que j'ai conscience d'avoir une expérience de vie ultra singulière...
Ce que je vous raconte doit vous paraître abscons... rassurez-vous, à moi aussi.
Je crois qu'il se met en place un "après" quelque chose. Dans la vie, il y a toujours des après :
L'après midi chez mémé (8 ans), l'après rasage bon marché (14 ans), après l'acné (16 ans), après le premier baiser(me souviens plus), après la première fois (17 ans), après l'appart en commun (21 ou 22 ans), les habitudes après l'amour(je glousse ou je chantonne [et parfois même, je récidive]), l'après shampoing (à l'époque où j'avais des cheveux), l'après analyse (29 ans), après la dixième saint Valentin avec le même (le mois prochain), et enfin, après mes 30 ans...Si je prends en considération que les 15 premières années de vie chez n'importe quel individu, sont subies, dirigées et/ou laissent peu de souvenirs, je considère aujourd'hui que j'en suis à ma quinzième année de vie d'homme. C'est beau, non, d'avoir 15 ans, sans boutons, sans parents qui nous saoulent, d'être jeune, beau et libre, avec un mec sympa qui fait pas chier.
Je crois que mes 15 prochaines années, je les sens pas trop mal...
dimanche 7 décembre 2008
Polyphème est une moule
J'avais entendu le plus grand bien du film "Short Bus" qui, semble t-il, avait soulevé un enthousiasme galopant. Je me suis presque emmerdé en le voyant. Pourtant, l'idée de fond était très bonne. Des individus paumés qui sont à la recherche de leur humanité et qui pense la trouver dans une liberté sexuelle (a mon avis) complètement frelatée.
Les comédiens sont très bons (même si je ne me touche pas devant Jay Brannan, je craque sur les bruns!!) mais il y a quelque chose de l'ordre de la facilité, dans ce film, qui me rebute un peu. Peut-être est-ce cette injonction implicite à trouver brillant le fait de filmer des partouzes aussi simplement et sans trop de crudité...(rien à voir avec les carottes...quoi que!).
Bref, ça manque de simplicité, tout ça.
Je me souviens m'être fait la même réflexion devant un film dont tout le monde m'avait parlé en terme élogieux : "Big fish". Pourtant, j'adore l'univers de Tim Burton, mais je ne suporte pas qu'on me dise ce que je dois ressentir et quand je dois le ressentir. Dans ce film aussi, il y avait une sorte de contrat non-dit qui disait "Tu dois être ému, c'est comme ça et pas autrement!".
Le renfort d'effets spéciaux n'a pas suffit à rattraper le manque de finesse du propos qui méritait d'être mieux traité.
Hier soir, re-belote. Hector et moi sommes allés voir un spectacle "l'Opéra bleu" de Louis Calaferte, écrit il y a fort longtemps, dont le contenu était tour à tour de la musique contemporaine insupportable à mes tympans, des textes de gauchos surannés et des projections d'images sans surprise. C'était brillant dans les années 70, mais aujourd'hui... ben ça a juste une trentaine d'années de retard. Encore une fois, le fond aurait pu être intéressant et méritait d'être mieux traité.
Pourtant, la petite bourgeoisie de province semble avoir apprécié le triste spectacle des chansonniers post-soixante huitards.
Je pense que le problème viens vraiment de moi. Peut-être que je réagis avec dédain pour mieux mettre les choses à distance et ne pas me laisser toucher. C'est possible...
Je suis pourtant capable de me laisser submerger par l'émotion lorsqu'elle est bien amenée et qu'elle ne m'est pas imposée.
Pour paraphraser P. DESPROGES, lorsqu'Ikare nous a dit au revoir, j'ai pleuré comme un môme, lorsqu'Atypik en a fait autant, j'ai repris deux fois des moules!!
C'est fou comme nous sommes tous touchés par des choses différentes et, surtout, par la manière dont elles sont dites.
Je pense que je suis un handicapé des autres, un amputé des bons sentiments, une gueule cassée de mon Verdun émotionnel, un éclopé de la mièvrerie, un grand corps malade en moins chiant quand même, un atrophié affectif, un accidenté de mon prochain, un infirme social, un estropié d'estale , un invalide du relationnel.
C'est pas simple de vivre dans la peau de Polyphème.
vendredi 28 novembre 2008
Polyphème est un ogre.
Un couple d'ami doit gérer un déménagement un peu compliqué et ils m'ont donc refilé le bébé.
Quand je dis qu'ils m'ont refilé le bébé, ça n'est pas qu'une expression, ils m'ont demandé de garder leur mioche dont accessoirement, Hector est le parrain. Je suis donc le tonton par procuration, ou, pour les esprits les plus tortueux (il se reconnaîtra!), je suis la marraine.
Peu après la naissance de cet enfant de l'amour, Hector et moi l'avions rapidement surnommé Doug-Doug en relation avec les drôles de sécrétions qui semblaient lui sortir de tous les orifices... Nous avions rapidement pensé qu'à l'instar de la série Québécoise génialissime, l'enfant était possédé du démon.
Nous avions dû nous raviser devant la mine déconfite des parents qui ne connaissaient pas le feuilleton. Nous l'avons finalement gentiment surnommé "Tête de clou", puisque ce charmant Bambin de 1 an présente la particularité d'avoir l'arrière du crâne complètement plat ce qui donne à l'aspect de sa tête des similitudes avec un ballon de rugby.Cette particularité phénotypique permet néanmoins quelques excentricités toujours amusantes en société. En effet, les convives trouvent toujours l'occasion d'une franche rigolade lorsque chacun pose tour à tour sa tasse à café sur le chef du moutard difforme. Il n'est pas rare qu'en été, lors d'un barbecue, les mâles se lance dans des démonstrations de force en projetant le plus loin possible l'enfant "à la tête de fusée" qui fend l'air avant d'aller percuter un arbre.
Bref, les enfants sont pour moi, une source inépuisable de joie et de créativité. Cet après-midi, je testerai son sens de l'équilibre en haut de l'escalier...
lundi 10 novembre 2008
Une vie de chien.
Après avoir essayé successivement, en vain, la corde, le gaz et l'immolation par le feu, je me résolu à prendre une serpillère et à siffler gaiement en épongeant.
Non, je ne vous parlerai donc pas de mes misère aquatiques, je laisse ce soin à chondre qui, du reste, le fait très bien.
Le thème de ma communication est donc :
C'est un fait, nous considérons en psychologie sociale qu'il existe deux grands groupes sur lesquels se répartie la population mondiale : Le premier est celui dont on fait partie, le second est l'ensemble de tous les groupes auxquels nous n'appartenons pas. Fameuse dichotomie nous/eux qui est aussi le pilier de tout ethnocentrisme avec ce que cela sous-tend dans le pire et, plus rarement, le meilleur.
Ce groupe, nous y naissons, nous y grandissons et c'est par ces individus que notre dépouille est accompagnée dans sa dernière demeure lorsque nous clamsons. La famille est l'archétype du groupe puisqu'elle réunit tous les critères caractérisant l'idée que l'on se fait du groupe. Les individus sont interdépendants dans leur devenir et ils interagissent avec leurs codes propres.
Lorsque je marche dans la rue, je me régale à l'observation des bandes d'adolescents que je croise car ils sont le parfait exemple de la groupalité. On voit dans cette faune, d'un coté les petits lascars avec casquette, baggy, et pendentifs de 4 mètres sur 4 en diamant, de l'autre côté, les fils de bourges avec la mèche dont le désordre est savamment étudié, de même que le pli de leur petit veste en cote de velours. Et enfin, à mon sens les plus chouquards : Les gothics.
L'adulte raisonnable ne manque jamais de pouffer en croisant l'un de ces illuminés, piercés tous les deux centimètres, avec une coupe de cheveux qui nous ferait presque regretter de ne plus voir aussi souvent Bernadette Chirac à la télé chez Drucker. Le fin du fin étant le maquillage, vecteur d'une identité forte, qui semble nous dire "je n'ai pas de miroir chez moi".Bref, les ados se griment et les adultes les briment. Pourtant, sans le savoir, les chères têtes blanches ne sont pas pour autant en reste.
Depuis l'arrivée d'Elliot à la maison, je me rends compte que je fais désormais "groupe commun" avec les mèmères à caniches et avec les vieilles filles seules et malheureuses.
Ainsi imaginez qu'à l'heure de la balade du petit canidé péteur, on retrouve systématiquement les mêmes chiens accompagnés de leurs maîtres. Le détail intéressant est que chacun n'existe qu'à travers son chien. On ne s'étonne donc pas d'entendre à notre approche :"HOOOOOO! Sydney (chatoyante femelle labrador), regarde qui voilà...c'est ton copain Elliot!!"
Donc nous ne sommes connus que par et pour nos chiens. Nous sommes le groupe, non pas des possesseurs de chiens, mais des "promeneurs" puisque c'est là notre fonction. Ce groupe aussi répond aux critères de cohésion puisque les membres savent se montrer solidaires en cas d'agression extérieure. Nous en avons régulièrement la preuve par les prises de becs qui surviennent lorsqu'un cycliste manque de faire un salto alors que son vélo se prend dans la laisse extensible d'une mamie occupée à jacasser sur un banc et que le roquet est de l'autre côté du chemin.
On assiste donc au resserrement des liens "intragroupe". Les mamies; les grosses filles seules, les "pédégouines", comme dirait Matoo, tout ce joli petit monde rugit comme un seul homme à la face du kamikaze qui est instantanément accusé de rouler trop vite et au milieu du chemin qui N'EST PAS une piste cyclable.
D'après mes observations rigoureuses (je ne vous permets pas d'en douter) il y a deux issues possible au conflit.
1) Le cycliste baisse soudain le ton et tourne les talons en même temps que les pédales, honteux, la mine basse et cramoisie devant le piaillement de la drôle de population. Pour son malheur, le cycliste est souvent seul et ne peut rivaliser avec la masse beuglante.
2) Le cycliste est fort en gueule et/ou inconscient du danger. Il se met à couiner aussi fort que le parti adverse, menaçant d'appeler Mme Alliot-Marie, ministre des chiens qui niaquent et des
manèges qui tombent. Il s'expose alors à des représailles de différentes natures : coups de cannes, jets de couches confiances, voire même, se faire lâcher Beber aux trousses. (diminutif de Berlioz, femelle bulldog très joueuse et qui coure très, très vite!!)Dans un cas comme dans l'autre, on voit à quel point la survie du groupe est en équilibre précaire et est une lutte de chaque instant.
Je vous remercie de votre attention.
jeudi 4 septembre 2008
Je suis propriétaire...
Conversant avec mon ami S. autour d'un verre, nous faisions un petit bilan. Nous avons repris contact après un long silence et les hasards de la vie ont voulu que nous nous retrouvions l'un et l'autre dans une situation assez similaire...Nous étions complètement paumés.
Ce garçon, je l'ai rencontré dans une troupe de théâtre amateur où nous avions joué "La grande roue" de Vaclav Havel. Entre nous la sauce a pris très rapidement. Nous nous étions trouvés sur le registre de l'humour, car d'humour il ne manque pas. Comme moi, peut-être que c'est ce qui l'a sauvé. La voilà notre affinité première, nous avions appris à rire pour ne pas mourir d'angoisse. C'était il y a 10 ans...
Les hasards de la vie (encore eux!), ma lâcheté aussi, le fait que nous avions choisi des chemins qui semblaient s'éloigner l'un de l'autre, tout ça a fait que nous nous sommes perdu de vu pendant un long, long, très long, trop long moment. Entre temps ma vie a fait son bonhomme de chemin, j'ai rencontré Hector dans la même troupe (coïncidence?), j'ai repris en main mon projet professionnel par le biais d'une reprise d'étude et ma santé mentale chancelante par une analyse qui devait radicalement changer ma vie.Depuis nos retrouvailles, nous nous voyons très régulièrement, une fois par semaine ou toutes les deux semaines, pour parler, se raconter, se rassurer. Nous ne nous sommes plus lâché. J'ai eu besoin de lui très fort. J'ai eu besoin de son regard positif sur moi, de son intelligence, de sa compréhension. Je crois qu'il attendait la même chose de moi.
Aujourd'hui, il fait l'expérience de l'amour. Il parle avec des étoiles dans les yeux de cette fille bien qu'il a rencontré. C'est tout le mal que je lui souhaite. C'est d'autant plus émouvant qu'il y a quelques mois il me disait que c'est choses là n'étaient pas faites pour lui. Encore une facétie des Parques qui se plaisent à jouer avec les fils de nos existences. Le fil devait comporter un nœud quelque part (plouf, plouf...). Le reste leur appartient.
Moi, de mon coté, je me contente (et c'est déjà énorme!) de réinvestir mon corps, ma seule vraie propriété. Au cours d'une de nos conversation, je lui expliquais que j'étais jusqu'à maintenant comme une grande maison abandonnée. L'analyse m'avait permis de de vider ce que je me trimballais dans la cave et le grenier. Ceci étant fait, il était temps de rendre l'endroit plus agréable à vivre, donner un coup de pinceau et mettre des rideaux aux fenêtres.
Vous avez pu rire ou du moins sourire au récits de mes humeurs sportives du moment qui semblent se prolonger. Envie de m'affiner, pas tant pour les autres, mais pour moi. De plus, dans les boutiques, je deviens un peu pétasse, à essayer des choses que je n'aurais même pas osé regarder avant. Je ne vous parle même pas du temps que je mets à me trouver une tenue qui me plaise, le matin. Bref, je découvre un sentiment complètement nouveau...je m'aime.Le fin du fin en matière de réalisation des envies que je n'ai jamais osé mettre en oeuvre, hier, je ne me suis pas déballonné devant la porte du salon de tatouage.
J'en suis ressorti avec un petit bijou à l'arcade sourcilière. Ça me plaît.
Ridicule pour certain qui ne manquerons pas d'ironiser (comme dit le tatoueur avec beaucoup d'élégance "on les encule!"), tout un symbole pour moi.

dimanche 31 août 2008
Un long dimanche d'amour sans faille.

Dès que j'ouvre un œil, c'est automatique, je ronronne contre Hector. Je ne me l'explique pas, c'est un réflexe quasi Pavlovien.
Ce dernier se mit à bailler ostensiblement en laissant échapper un "Pfffiiuu, 'chuis fatigué!". Manière tout à fait élégante de me renvoyer dans mes pénates. Dépité je me suis discrètement levé et ai troqué mon costume de dormeur contre celui du personnage qui prend possession de mon corps tous les matins : petit marsouin en boxer.
J'ai sauté dans mon habit de lumière pour quelques emplettes à la boulangerie. Je souris bêtement en enfilant mon pantalon blanc. La dernière fois que je l'ai porté pour aller bosser, un garçon tout à fait charmant m'a dit que je ressemblais à un ange... (C'est à ça que je vois qu'il me connait bien mal, qu'importe, un compliment balancé par un type en pleine bouffée érotique et qui n'engage à rien est toujours bon à prendre!)
De retour à la maison Hector dort encore. Je m'installe sur le salon de jardin avec mon café et mes copies à revoir. Une fois les quelques imperfections corrigées, le soleil, l'air du matin, le silence dominical et que sais-je encore, me mettent en humeur délicate. Je prépare donc le petit déjeuner d'Hector sur un plateau, Lait, brioche, le tout agrémenté de quelques fleurs volées au jardin...
J'étais un peu jaloux de Morphée et bien décidé à reprendre au dieu des ronfleurs ce qui me revenait en ramenant Hector vers moi, comptant sur le petit plateau alléchant. Qui connaît les hommes sait que les chemins du cœur passent souvent par l'estomac. Lorsque Hector a ouvert les yeux, ils étaient pleins d'amour...
dimanche 17 août 2008
Mes chers lecteurs...
Il m'a fallu arriver à l'âge canonique de presque trente ans pour apprendre à dire "NON". Dire ce qui me convient ou pas. J'ai toujours été un môme très effacé au point qu'il ne serait jamais venu à l'idée de qui que ce soit, moi le premier, que je puisse avoir des envies propres...
Trois ans d'analyses ont remis mon amour propre dans un état acceptable, j'ai pleinement assimilé les notions de liberté et de choix. Ça n'a pas toujours été facile. Des états dépressifs, des crises de larmes, de rires aussi. J'ai dépassé pas mal de saloperies et tant mieux.
Vous pensez bien que de là à être capable d'aller au devant des autres sans craindre de les tuer sur le coup en leur racontant ma vie tout à fait fascinante...il y avait une bonne marge. Pour ce faire, le blog est un truc fabuleux. Si le lecteur meurt d'ennui, je ne le sais pas, les morts ne laissent pas de commentaires.
Reste les autres, vous :
Les visiteurs occasionnels qui ne reviendront pas par peur de la faucheuse qui attend le moindre signe d'emmerdement pour leur tomber dessus. Ils passent, commencent à lire jusqu'à ce qu'ils s'enfoncent dans une torpeur sans fond dont ils s'extirpent à grand peine lorsque, de justesse, comme dans un dernier soubresaut avant une mort certaine par étouffement sous mes propos insipides, leur index va appuyer sur le bouton gauche de la souris, ce qui aura pour effet de les mener peut-être, de liens en liens, à des sites rigolos. Les plus chanceux tomberont sur le fan club de Patrick Sébastien et feront tourner les serviettes jusqu'au bout de la nuit, les autres iront lire autre part, des choses qui n'auront ni plus ni moins d'intérêt.
Les visiteurs réguliers et anonymes dont je ne soupçonne pas l'existence jusqu'à ce qu'ils se manifestent pas un mail, ce qui donne souvent lieu à des échanges assez drôles, toujours agréable pour moi. J'ai eu ainsi le plaisir de converser avec des gens absolument charmants qui me disent qu'ils aiment ce qu'ils lisent chez moi. J'ai beau faire des efforts, je comprends toujours pas comment c'est possible. Seraient-ils masochistes ?
Et puis il y a les autres, mes compagnons de névrose, les commentateurs, souvent blogueurs également. Ces gens que je visite aussi et chez qui je fais intrusion. Ce sont les fidèles, ceux-là même qui vont réussir à me faire croire que décidément, il y a peut-être quelque chose à sauver de mes fréquentes graphorées. Je ne cesse de dire et redire que ces gens là m'ont toujours surpris par un acte au combien symbolique...me mettre en lien sur LEUR blog! Pour un type qui à toujours été solitaire, être en lien avec autant de personnes qu'il ne connaît absolument pas, c'est une histoire de fou !! Au départ, j'y croyais tellement pas que j'écrivais personnellement un mot à tous mes "linkeurs" inattendus.
En effectuant un bref retour sur mon tout premier billet, je me suis bien amusé. Dans "Le type qui était affreusement normal", j'écrivais que je devenais normal et que ça me foutait les boules. Et bien j'ai compris aujourd'hui, en écrivant ce billet, ce qui a fondamentalement changé dans ma vie. Si je continue à penser que ce que j'écris est sans grand intérêt, ça ne me dérange plus du tout...
Tant pis pour vous !
jeudi 31 juillet 2008
Article de vulgarisation long, chiant et technique...
Problématique mal posée.
Pour résumer, on peut penser que l(es)'homosexualité(s) est un comportement dont les déterminants sont nombreux et dont je ne citerai que les trois principaux :
Simon LeVay a publié en 1991, un article dans la revue "Science" où il explique qu'il a pu observer grâce à l'IRM (imagerie à résonance magnétique) une différence significative entre des hommes hétérosexuels et des hommes homosexuels concernant la taille d'un noyau de l'hypothalamus.
Je rappelle que l'hypothalamus est une structure se situant en haut du tronc cérébral qui est en quelque sorte notre cerveau primitif. Les fonctions gouvernées par le tronc sont les plus vitales à la survie de l'espèce : manger, boire, se réchauffer, dormir et se reproduire (dans le cas de l'homosexualité, il y a comme un iatus !!).Or, on peut tout aussi bien prendre le problème dans l'autre sens pour expliquer cette différence.
On observe d'ailleurs que l'ablation de ce noyau de l'hypothalamus chez le rat ne modifie en rien son comportement sexuel.
sur des pseudo connaissances scientifiques qui ne trouvaient leur justification que dans la caution de programmes douteux et d'idées nauséabondes.Le malentendu.
Elle est souvent confondue, à tort, avec l'hérédité, qui est le principe par lequel des géniteurs transmettent une caractéristique à leurs bambins.
ATCHOUM !!....
samedi 17 mai 2008
Je vais bien, merci.
Le plus jouissif est que tout m'autorise à penser que ce sentiment est durable. L'analyse a fait son œuvre, je crois que je fais l'expérience de la liberté tant désirée, tant cherchée pendant de nombreuses années.
Tout a commencé par un rendez-vous avec mon analyste que j'ai annulé la veille parce que, malade, j'étais devenu aphone. A la séance d'après, elle m'en a demandé le paiement en me rappelant qu' "une séance programmée est une séance due". J'avais commencé par objecter qu'étant malade, l'application de cette règle me paraissait injuste et j'ai donc refusé de payer.
Ce refus à débouché sur une longue conversation autour de l'acceptation de la perte, le "lâcher prise", le fait d'assumer ou non ces choix et la question fondamentale de la liberté de choisir, de ne plus subir les choses et enfin de la culpabilité qui sculpte nos comportements.
Nous étions revenu sur ces sujets régulièrement...
Notre monstrueuse humanité et nos misères enfantines nous déterminent durablement. Nos accidents de vie nous bousillent et nous enferment dans nos fonctionnements déconnants. Une fois tous nos drames ramenés au rang de malheurs ordinaires, nous sommes en mesure de les regarder avec la distance qui convient.
Par cette distance, nous sommes en mesure de prendre nos responsabilités quant à nos actes et nos attitudes dont nous avions pris l'habitude de nous défausser sur les autres. Inversement, nous pouvons également nous détacher des poids dont nous nous étions chargé, à tort.
Inutile d'aller plus loin dans le détail. Une analyse se vit, elle ne se raconte pas.
Les choses ne seront plus jamais les mêmes...
mercredi 30 avril 2008
Un ami m'écrit...
Entre autres qualités, il écrit bien. Il n'a pas loupé la date du 18 avril, date anniversaire de la mort de Pierre DESPROGES pour qui nous avons une admiration commune. J'insiste sur le fait que notre complicité ne repose sur rien de sexuel et qu'il est un hétérosexuel notoire qui, je trouve, s'assume plutôt bien.
Je vous livre avec son accord, (d'où le laps de temps écoulé, car n'en déplaise à certains lorsque je publie quelque chose qui n'est pas de moi [et c'est la première fois], je demande l'autorisation) le texte qu'il m'a envoyé le jour de ce triste anniversaire :
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Le 18 avril 1987, une dépêche courte de l'AFP : 'Pierre Desproges est mort d'un cancer. Etonnant, non ?'
Cette dépêche est de Pierre Desproges lui-même. Dernier spasme cynique de cette personne qui parlait tant du cancer qu'il en avait les oreilles qui saignait. Fatigué d'entendre parler de lui par ce type qui se foutait de sa gueule, M. Cancer a donc décidé de s'occuper rapidement du cas Desproges.
Le cynique n'existe plus. Guy Bedos a certes essayé de continuer dans cette voie, mais lui aussi est mort en 1992, victime d'un piège tendu par deux COMIQUES, Palmade et Robin qui n'hésitèrent pas à lui proposer des SKETCHS qui lui coupèrent à la fois les jambes et les couilles.
Donc, le 18 avril 1987, Desproges mourrait, mais pas tout à fait, nom d'un lynphome, puisqu'il continuait d'écrire un jour après. Par conséquent, pour paraphraser une émission de 1999 se voulant cynique (pouf pouf), et présentée par une personnalité caustique (pouf et re-pouf), Desproges est vivant. Il est plutôt absent médiatiquement (sauf les vendredis soir où le décérébré Arthur passe pour la 153ème fois 'le boudin blanc'), mais ses écrits depuis 1987 se vendent très bien. Desproges est vivant, il ne s'est d'ailleurs jamais aussi bien porté que depuis qu'il est mort.
Pour preuve, l'édition du SEUIL réimprime tous les deux ans les mêmes textes avec une nouvelle couverture, sort une intégrale à 39 euros, et n'hésite pas, en accord avec la veuve, qui n'a pas oublié la phrase de son mari ("tu verras, j'aurai un succès posthume"), à racler le fond du cercueil pour éditer quelque chose de nouveau.
Il y a même des T-Shirt sur lesquels on retrouve quelques mot de l'écriveur que Monsieur et Madame pourront exhiber au marché de Vaison-la-Romaine (faites gaffe, mettez des bottes quand même, on sait jamais), cet été. Connards, connasses, si Desproges passe dans le coin, il ira cracher sur vos tongs.
Voilà Pierre Desproges sacré (tout ce qu'il aurait detesté), consacré (ça, il aurait aimé, ne serait ce que pour le jeu de mot qu'il en aurait fait, jeu de mot digne d'un Pompon, dans "La Classe", le 18 avril 1987. Aucun lien) et même prochainement panthéonisé. Après tout, Aimé Césaire a décliné l'offre, parce que 'les loyers dans le Vème, c'est n'importe quoi'.
On en voit des pseudo-cyniques, étalant leur plume crasseuse, vide de culture et d'esprit, sur toutes les stations de télé et toutes les chaines de radio. Il y en a, des snipers de l'humour noir, du non sens et de la dérision. Carlier, Guillon, Ruquier, Rocca, Baffie. Mais ces personnages éphémères n'ont pas le cynisme que se trainait Pierre Desproges, qui utilisait ses pensées, ses textes, comme une rébellion face à un monde qu'il trouvait depuis toujours incompréhensible.
C'est sans aucun doute, cher Julien, ce qui troublent anciens et nouveaux lecteurs. La personnalité de l'écriveur est déconcertante, ces textes ont une valeur de potentiel Hydrogène égal à un, mais surtout, Pierre Desproges, par son cynisme, microsco-piquait toute situation, tout instant.
Il aurait trouvé étonnant, non, de réussir à sauver trois banques en injectant 50 milliards $ à chacune et de pas parvenir à réunir 500 milions pour sauver le 1/2 monde.
Il aurait trouvé étonnant, non, que l'écologiste content de protéger la planète en roulant au biocarburant, est totalement inconscient qu'avec un plein, il pourrait nourrir une personne pendant un an.
Il aurait trouvé étonnant, non, l'inscription 'ouverture facile' sur les paquets de café.
Il en aurait parlé de tout ça, en se mettant à la place du banquier, de l'écologiste et du paquet de café.
Pierre Desproges, c'est un rigolo qui devait durer deux fois plus longtemps.
Le cynique est mort. Pas le cynisme.
vendredi 4 avril 2008
J'ai épousé un Bonobo

Je suis un incurable curieux... J'y peux rien, c'est maladif ! Presque compulsif.
Entendons-nous bien, lorsque je dis que je suis curieux, ce n'est pas de savoir avec qui couche ma voisine. Non, je parle de curiosité quasi scientifique. J'ADORE apprendre des choses. Il y a quelques temps, mon sens aigu de l'investigation m'avait poussé à écrire un billet sur le caca de mammouth et, sans transition, la datation au carbone 14 de Claude Sarraute.
Et bien dans la même veine, poussé par mon sens aiguisé de l'humanisme, je me régale en lisant actuellement "La plus belle histoire du langage."Ce bouquin est génial ! Il retrace l'histoire des premiers hominidés et la manière dont petit à petit une communication de plus en plus précise s'est mise en place.
C'est quand même incroyable quand on y pense qu'il ai fallu plusieurs centaines de millier d'années pour que l'homme moderne soit capable de dire :

Dame nature a fait son œuvre. D'un organisme unicellulaire, nous sommes passés au statut d'amphibien. Un tronc cérébral, puis un cerveau reptilien avec des fonctions simples, puis le cortex développé des mammifères. Bref, tout le génie de l'évolution en action, soutenu par un bricolage génético-biologique, pour que l'homme, le mien en l'occurrence, penaud, se plante devant moi comme un couillon et me dise : "Y a plus de chaussettes propres dans la commode, je sais pas comment y faut que je fais!"
Il y a des jours ou je me dis que dame nature est quand même une drôle de farceuse...
vendredi 21 mars 2008
Entre malades...
Il est convenu de dire que les artistes vivent dans un monde parallèle, en ce qui le concerne, c'est carrément "Alice au pays des merveilles". Ce type fabrique aussi bien des charentaises à talons que les costumes complets de scène. Bref, il est complètement barré, mais doux Jésus !! Ça fait du bien de rencontrer des gens comme lui.
Comme d'hab' on a gloussé comme des couillons toutes la soirée en écoutant une maquette, où un ami musicien s'était mis en tête de me faire chanter... Quelle idée !
Je vous laisse admirer ses œuvres, une friandise pour les yeux...
vendredi 14 mars 2008
Que sont nos héros devenus ?
Lors des voyages de classe que je détestais puisque qu'ils me forçaient à vivre en promiscuité avec les autres enfants que je n'aimais pas, ma mère m'achetait pour l'occasion les "STRANGE" où il y avait pèle-mêle les aventures des Fantastic4, des X-Men, Iron Man, les Vengeurs, et Spiderman. Chez DC Comics, le chevalier de la nuit, Batman était (est) incontestablement mon préféré ! Quel homme ! C'est beaucoup plus tard que je me suis rendu compte que les mutants, surhumains et autres accidents de la nature se sont beaucoup sexualisés avec le temps. Certainement que les éditeurs ont voulu garder leurs lecteurs boutonneux le plus longtemps possible !
Au départ les personnages étaient connotés kitchounes puis ils sont devenus de vraies bombes !
Mes petits favoris étaient la sculpturale Storm, grande black au yeux bleus et cheveux blancs, et Colossus, l'homme d'acier au corps raide comme la justice et chaud comme une baraque à frites!Puis avec l'adolescence, arrive le goût de la musique et de ces stars. Passionné par tout ce qui est bizarre (déjà à l'époque!), je suis tombé par hasard sur une vidéo d'un concert de Michael Jackson, datant de 1991. Le personnage androgyne à la fascinante manière de bouger m'avait d'emblée scotché ! Il est vrai qu'à le voir aujourd'hui, on a peine à imaginer le phénomène qu'il a été (cependant, je note la cohérence avec mon affection pour les mutants !).

Arrivé à l'âge adulte, je crois que je suis en mal de héros. J'ai appris à faire la distinction entre la vénération et l'admiration. Le temps des héros est terminé. Fin des bodys moulants en lycra, fin des déhanchements hystériques sur les rythmes POP, voici le temps des coups d'œil approbateurs, des mes exaltations sagement contenues aux anonymes devenus mes références.
Pourtant j'aimerais tellement pouvoir me dandiner comme une pute à frange habiller en Superman tout en hurlant ma passion pour l'œuvre psychanalytique Freudienne... Mais bon, ça le fait pas, hein ?!
lundi 11 février 2008
Les petits hommes verts, ma mère et moi...
Non ! Moi je vous parle de ce moi intérieur capable de voyager à travers les époques et les réalités parallèles. Je ne me contentais pas d'imaginer les choses, je les vivais.
Mes parents se sont beaucoup amusés de ce grain de folie, lorsque j'étais môme, qui me poussait à affirmer que tata Claudette était un extraterrestre venu sur terre pour nous manger. Aujourd'hui, devenu adulte, mes proches me regardent toujours un peu effarés lorsque je parle de mes envies profondes. Vous savez, le regard de "lapin dans les phares", qui atteste d'une certaine panique. Je sens bien qu'ils se disent :"Mais où va t-il s'arrêter ?".A ma décharge, le contexte familial n'a pas beaucoup aidé l'enfant perturbé que j'étais, à raccrocher les wagons.
Il me souvient les repas dominicaux, où, ma mère, tout sourire (un peu carnassier), déposait sur la table un plat de salsifis en nous assénant son humour sulfurique et sulfureux :"Voilà des zizis de martiens !"...
Horreur ! Combien de malheureux petits hommes vert avaient dû souffrir pour que ma famille ogresse puisse se marrer au dessus d'un plat Arcopal, au son de l'école des fan, que la télé diffusait cet été 1985... J'avais six ans.
Les parents sont souvent loin de s'imaginer l'impact que leurs paroles peut avoir sur les enfants, surtout quand ces derniers sont en pleine résolution d'œdipe. Mon cœur naïf d'enfant s'est serré à l'idée que ma mère poulpe, qui de toutes ses tentacules m'étouffait, m'entravait, me
vampirisait, ait pu chopper sa sœur extraterrestre, Claudette, et lui couper le zizi ! Ce jour là, ma tante détestée est devenue martyre. Un vraie Mater Dolorosa, une sainte qui avait dépassée ses souffrances. Du haut de mes quelques années, j'étais admiratif de cette tata au grand cœur qui visiblement, n'a jamais été fâchée après sa frangine qui ,pourtant, lui avait volé son organe de puissance.Je ris en écrivant ses lignes, car à l'instant même, je viens de comprendre un truc énorme. Mon grand fantasme d'enfant, mon rêve le plus cher, était de pouvoir, un jour, avoir mon propre vaisseau spatial, dans lequel j'aurais pu embarquer pour partir loin. Outre l'envie d'isolement, puis-je y voir à la fois :
- L'envie de fuir loin de ma mère, avant qu'elle ne me coupe le mien et ne me le serve en papillote. (Vous n'en n'auriez pas fait autant ??)
- L'envie de devenir, moi-même un extraterrestre, comme ma tata Claudette (très, très sainte femme !) pour bien marquer mon opposition à ma famille d'ogres dévoreurs de zgegs de l'espace.
- L'envie de posséder un engin, tel l'Atlantis d'Albator, dont la forme pour le moins évocatrice se passe de commentaire. J'attire l'attention du lecteur sur le fait que beaucoup d'enfants devenus hommes, pères de famille, fringant quadra, cadre supérieur, ont encore recours à ce stratagème de réassurance en s'achetant des bagnoles énormes qui font, en réalité, office de prothèses phalliques. Donc, ma théorie est loin d'être si ridicule que ça ! (et toc !).Vous voilà donc face à mon monde intérieur. Vous comprendrez, à la vue d'une telle histoire, que maman Polyphème a toujours régné de manière incontestée sur son petit univers. Mon père, lui-même, la craignait... Il avait pourtant passé l'âge de croire que tata Claudette était membrée comme un baudet cosmique !
Alors aujourd'hui, j'ai une pensée émue pour tout les gens qui sondent la galaxie, avec leurs
appareils hyper sophistiqués, ainsi qu'à ceux qui, de près ou de loin, ont fait et font encore avancer, chaque jour, la conquête de l'espace. Vous Youri Gagarine, Neil Armstrong et autres Jean-Loup Chrétien. Vous Hubert Reeves, vous ingénieurs de la NASA qui caressez le rêve, un jour
peut-être, d'entrer en contact avec une intelligence venue d'ailleurs. Vous aussi, David Martinon, qui faites l'expérience d'une telle solitude, qu'elle ne peut qu'être intersidérale... (du reste, quelque chose me dit qu'il va se faire tellement rare, que tous les télescopes du monde ne seront pas superflus pour le localiser! Le verra t-on passer devant la lune Neuilléenne en vélo?)Et bien, à vous tous, je veux dire, soyez rassurés. Quand bien même, par malheur, vous deviez attirer vers notre planète finissante, une race hostile, les "Claudettes de l'espace", nous aurions en notre possession de quoi repousser n'importe qu'elle invasion. Cette arme de destruction massive porte un nom bien singulier :
lundi 26 novembre 2007
Le type qui était en mutation

Petit garçon qui créve de solitude, adolescent boursouflé d'acnée et d'amours ratés, jeune adulte en cogitation, presque trentenaire qui se sent enfin vivant.
Quand je me retourne sur mon passé, j'ai l'impression que c'est la vie de quelqu'un d'autre.
Le vers a trouvé le chemin de la sortie, hors du cocon. Il est maintenant papillon.
Les choses ne se sont pas faites sans mal. Je ne regrette rien, je ne me renie pas. Le jeux en valait la chandelle. L'apprentissage de la lucidité est douloureux. Pendant ces années, j'ai eu la chance d'être accompagné par un être extraodinaire.
J'ai rencontré un garçon il y a 8 ans. Je l'ai aimé tout de suite. Il m'a vu mûrir, me développer, humainement, intellectuellement.
Il m'a poussé à concrétiser mes désirs. Grâce à son soutien, j'ai eu le courage de reprendre mes études.
Le BAC en cours du soir, puis la fac. Il a été de tous les combats. Je sais ce que je lui dois.
Lorsque je parcours les blogs, (toujours les mêmes) je suis toujours entre la nostalgie et amusement de lire des gens en qui je me retrouve. Un certain garçon bourré de talents, jeune, beau, intelligent il a tous les atouts sans en avoir pleinement conscience. Comme lui, trés souvent, j'ai cherché à perpette ce que j'avais sous le nez.
On trimballe tous le fardeau de notre enfance, le poid de notre éducation, de notre culture, comme un boulet. La plupart ne s'en rendent pas compte et vivent trés heureux comme ça, tant mieux pour eux ! D'autre sentent bien que quelque chose cloche, sans savoir exactement quoi...
Lorsque la reflexion est en route, rien ne peut l'arrêter. La femme qui accouche ne peut pas décider arbitrairement que l'enfant ne sortira pas !
De la même manière, j'ai dû accoucher de moi-même.