dimanche 19 juin 2011

Début de l'été


L'après examens marque toujours le début de l'été. Ça commence à sentir le travail à préparer pour les sessions de septembre...et cette année, il va y en avoir un paquet !

Les deux épreuves passées, sont validées...je crois. L'année dernière, je suis revenu très sûr de moi, pour avoir un piteux 7/20 à cause d'un hors sujet. Dommage. Donc, soyons modeste, et attendons les résultats. Mon séminaire de recherche, en revanche, m'a déprimé. Ma directrice de recherche m'a balancé que mon écrit était du niveau "Voici" et que son fils de 7 ans écrivait mieux que moi. Je ne suis pas susceptible, mais tout de même. Lorsque nous nous sommes quittés, voyant qu'elle était allé un peu trop loin, elle a tenté de me rassurer : "Votre questionnement est intéressant et surtout novateur, vous pourriez avoir une très bonne note. J'espère que je ne vous ai pas sabré le moral ?!".
Je la fixe en esquissant une moue dubitative.
"Enfin, reprend t-elle, votre travail est quand même bien avancé, n'hésitez pas à me contacter si vous avez besoin d'aide.".
Le moral dans les chaussettes, je retourne vers le métro en me demandant si j'allais me contenter de monter dedans ou, faire preuve d'originalité et me foutre en dessous. Le lendemain je recroise la même prof qui nuance ces critiques. Au cours de mes déambulations, je croise le prof qui supervise les stages, il m'interpelle : "J'ai noté votre rapport, vous avez fait un très bon travail, je vous ai mis 17". Je me suis contenu pour ne pas lui sauter au cou pour l'embrasser.

J'ai deux mois pour revoir mon mémoire de fond en comble et le finaliser.
L'été sera chaud.

lundi 13 juin 2011

Un petit point rapide.

Il va se passer quelque chose.

Après avoir passé la moitié de mon existence à geindre, me voilà d'attaque. Demain, je prends le train, direction Paris pour une session d'examens qui m'angoisse un peu, mais pas trop.

Je m’aperçois que j'ai maintenant une certaine aptitude pour la mise à distance des choses qui, naguère, m'auraient mis sur les rotules. Donc, j'y vais, serein, avec derrière la tête l'idée qu'il y a ici une étape, il va se passer quelque chose.

Je ne crois pas trop m'avancer en disant que cette année, j'ai le Master 1 en poche. J'ai beaucoup travaillé et je n'ai plus grand chose à valider, donc, en toute logique, me voilà rendu à une croisée des chemins.

Soit, après le Master 1, j'ai la possibilité de continuer en Master 2 pour finaliser mon projet, devenir psychologue pour enfants et m'éclater dans ce travail que j'aime beaucoup.

Soit, je ne suis pas sélectionné pour le Master 2, les places sont chères et les prétendants sont nombreux, et je vais devoir faire quelque chose de cette expérience acquise pendant ces dernières années.

J'ai encore le temps d'y penser, je dois soutenir mon mémoire de recherche en septembre et j'aurai une réponse, vraisemblablement, vers la fin octobre.

En attendant, je fais ce qui dois être fait et on verra à l'arrivée.

jeudi 9 juin 2011

Mémo

Cette année, penser à :



Continuer à travailler pour gagner ma croûte.


Travailler sur mes cours pour les examens qui débutent le 15 juin.


Faire un stage de 300 heures minimum dans une institution pour valider le Master 1.


Pondre un mémoire de recherche sur un sujet ultra épineux : "L'émergence des concepts de possible, d'impossible et d'improbable chez l'enfant sourd profond".


Accessoirement, expliquer sur mon blog que je ne suis pas mort, mais juste un peu débordé.

samedi 25 septembre 2010

Le moment de grâce.

Jeudi matin. J'étais chafouin.

Jour de gronde, jour de manif', jour de temps gris. En avance sur mon programme, j'ai une heure à tuer avant d'aller au taf.
Je rentre dans un bar pour m'installer confortablement sur l'une des banquettes rembourrées qui m'oblige à tourner le dos au comptoir et à faire face à la rue où le quotidien fait s'activer les passants, claquer les talons hauts sur le bitume et s'impatienter les hommes en costume qui gardent un oeil sur la montre alors que les mamies qui les précèdent sur les trottoirs ne pensent qu'à s'émouvoir sur les feuilles rousses portées par le vent automnal.

J'adore observer l'Homme de la rue. Le langage des attitudes, les codes vestimentaires, les éclats de voix qui se détachent du bruit de fond, tout cela nous renseigne plus surement sur l'état moral du citoyen lambda que n'importe quel sondage dont l'avalanche dans les feuilles de magazines, elles aussi, annoncent le changement de saison politique.

Soudain, me tirant de ma petite torpeur, une voix couvre toutes les autres dans le bistrot. Un peu vulgaire, un homme du peuple se lance dans un réquisitoire sévère contre les anti-réformistes. Je n'ai pas besoin de me retourner pour savoir à quoi il ressemble, sa prosodie me dit tout de lui : Ses cheveux que je devine blanchissants, son manque d'instruction, le fond du discours est frustre. Il prend la salle à témoin : "C'est scandaleux, de nos jours, plus personne veut bosser, les jeunes sont des glandeurs qui vivent des aides sociales". Il surenchérit "Moi, j'ai souffert au travail, y a pas d'raison, tout le monde doit bosser!". Je m'amuse de la réaction des autres habitués qui protestent, tantôt du bout des lèvres, tantôt de manière frontale et pas beaucoup plus intelligente. L'orateur de bazar devient agressif et lance : "Vous savez ce qui nous faut, hein... vous l'savez? Moi j'vais vous l'dire passque j'ai pas peur moi ! C'qui nous faut c'est un bon dictateur !"

"Et pour toi, un cerveau !" ai-je songé malicieusement, mais tout cela n'avait déjà plus d'importance car dans la rue, sous mes yeux, un spectacle émouvant était en train de se jouer dans l'indifférence générale.

Alors qu'un grabataire bien mis, en costume, mais pas pressé, un vieil homme dont on devine qu'il n'ose plus regarder sa montre depuis bien longtemps, celui-là est hésitant devant une tâche qui semble insurmontable : traverser la rue. Il pose un pied dans le caniveau et se ravise. Les bras chargés de deux sacs à provisions, il est vulnérable et il en a conscience. Par derrière arrive un jeune. Les écouteurs énormes qu'il a sur les oreilles semblent tripler le volume de sa chevelure hirsute. Son sweet rouge vif est, pour les yeux, aussi agressif que son baggy trop large est amusant . Il doit avoir 16 ou 17 ans, et comme tous les gens de son âge, le trottoir et plus largement le monde, lui appartient.

Arrivé au carrefour à hauteur du vieillard, le jeune homme ôte ses "oreilles de Mickey" et se penche sur le petit vieux qui se montre craintif. Ce que dit le jeune, je ne peux l'entendre, mais je ne perds pas une miette de ce qui se passe alors que le gamin saisit doucement les deux sacs de papy qui s'accroche à son bras en toute confiance. Lentement, le gamin traverse la rue avec l'ancien tout en lui parlant. Le vieux semble sourire et acquiescer de la tête comme si le contact de la jeunesse l'avait, pour quelques instants ouvert a un monde dont il s'éloigne un peu plus chaque jour.

Arrivé de l'autre côté de la rue, le jeune rend ses sacs au grand père qui le remercie brièvement. Le gamin au sweet rouge remet ses écouteurs, tourne les talons et repart déambuler peut-être vers son lycée.


Le vieux con du comptoir, avait terminer de débiter ses âneries. Il salut la cantonade qui ne lui répond pas et s'en va en traversant la rue tout seul.

Un moment d'humanité m'a fait passer une très bonne journée.

lundi 13 septembre 2010

La boucle est bouclée

Le hasard de l'actualité, la mort d'un cinéaste, remet sur le devant de la scène une affaire et un film sur lesquels j'avais écrit un billet.

Claude Chabrol, auteur de "L'ivresse du pouvoir" avait dressé un portrait assez peu flatteur d'Eva Joly, décrite comme impitoyable, froide et limite sadique.

Ce matin, sur RTL, la réaction d'Eva Joly sort un peu du ton très emphatique qui est de rigueur à la mort d'une célébrité.

dimanche 12 septembre 2010

Je suis un génie


Bon, c'est un peu présomptueux de ma part...surtout un peu prématuré. Cette semaine, je suis allé à l'Université pour passer mes partiels. Sur les trois épreuves, je savais qu'une serait critique et effectivement, elle l'a été. En revanche, les deux autres se sont plutôt bien déroulées si on considère que je n'ai rien glandé de l'été, trop occupé que j'étais à me morfondre, me répandre en longues plaintes que même Hélène Ségara m'aurait envié.


Bref, je suis content que cette étape soit franchie. Revenu jeudi soir, dès ce week-end, j'ai commencé à me sentir mieux, plus motivé pour affronter la suite, alors que deux jour avant, j'envisageais de tout plaquer pour aller tricoter des pull en laine de bique sur le plateau du Larzac... C'est mon petit coté excessif !



Dès ce matin, c'est l'esprit libre que j'ai pu me remettre au boulot. Mais surtout, et c'est ce qui m'a toujours sauvé jusqu'à maintenant, j'ai retrouvé le plaisir de travailler sur un sujet que j'ai choisi. Donc, aux premières heures du jour, avec ma tasse à café vissée dans la main et mon air bonhomme, j'ai commencé à réfléchir très fort pour mon mémoire de recherche de MASTER 1. Je savais déjà le thème sur lequel j'avais l'intention de bosser, mais il me fallait affiner un peu tout ça.
Je vais donc travailler sur la théorie de l'esprit en relation avec la surdité.

La théorie de l'esprit (TdE) est ce truc fabuleux que nous possédons tous, ou presque, et qui nous permet dès notre plus jeune âge, vers 8 mois, de prendre les autres en considération. En grandissant, sous l'effet de l'expérience, nous élaborons des représentations d'autrui de plus en plus fines et décentrées de notre petit nombril. N'est-ce pas merveilleux ?


Une grande part des psychologues pense (et moi avec) que le langage joue un rôle déterminant dans le développement de cette aptitude. D'autres, comme Baron-Cohen (qui n'est autre que le cousin de Sacha, et c'est pas une blague !) pensent que les structures cognitives qui permettent ce petit miracle sont génétiquement programmées. Tout cela se discute âprement et je pense qu'il y aura du tartare de psy aux murs avant qu'on ait tranché la question.

Puisque l'on parle de langage et que cette année fut celle de mon apprentissage de la langue des signes, me dis-je fort à propos, pourquoi, wouawoua, ne pas lier les deux ? C'est parti comme en 14, en deux coups de cuillère à pot, je me lance dans une séance "spéléo" dans mes archives. Etant un garçon conservateur et bordélique, j'ai ressorti ma lampe frontale, mes cordes et mes piolets pour une descente dans mes dossiers poussiéreux et bourrés de tous les articles de presse scientifique auxquels j'ai trouvé suffisamment d'intérêt pour les imprimer.

Tous les gens qui ont un certain niveau d'étude ont fait ça un jour : "Tiens, dis donc, un article du célébrissime professeur feurschterslebenn sur la cohésion fractale des structures pariéto-sub-corticales et leur rôle dans le traitement bilatérale des hémi-négligences chez l'enfant muet hydrocéphale et bossu ! Punaise, quelle veine ! Je le garde, ça peut toujours servir !"

Bref, il y a encore du boulot, mais je gère...