jeudi 28 mai 2009

God shaved the Qouine





Buckingham Palace

Londres, le 28 mai 2009



Mon cher ami,



Je n'ai pu m'empêcher de prendre ma plume, encore une fois, pour vous narrer ma dernière déconvenue dont vous êtes, d'ailleurs, déjà certainement au courant.

Lors de nos précédents échanges, nous avions ironisé sur ce drôle de petit personnage, un peu crispé qui vous tient lieu de Président. Je me souviens que vous aviez même surnommé sa femme "Madame 18 Carla" en ajoutant malicieusement que cette fille, "c'était de l'or en barre"et que pour une fois, le Président n'était pas sous les ors de la République, mais dedans... Que vous êtes taquin ! Nous avions beaucoup ri de ce projet de statue équestre du petit monsieur. Je me souviens que Philippe, mon époux, le Prince consort (toutes les deux heures, si possible, sinon il tâche la moquette), m'avait demandé le plus innocemment du monde pourquoi se donner la peine de sculpter un cheval alors qu'un poney eut suffit.

Et bien, voyez-vous, très cher, ces deux là m'ont fait passer le sens de l'humour. Vous savez certainement que je n'ai pas reçu d'invitation pour la commémoration du 6 juin, moi qui suis la seule chef d'état à avoir connu cette sombre époque et à être encore en vie... Ne vous méprenez pas sur mes intentions. J'ai autre chose à faire que de me balader sur les plages normandes avec un afro-Américain et un Bosniac (ou est-ce un Tchèque ?), qui veulent jouer à celui qui "pisse-le-plus-loin". Une vieille Anglaise en compagnie d'un black et d'un Kosovar (n'est-il pas Polonais ?) assorti d'une Italienne, nous auront beau objecter que nous sommes chefs d'états, c'est un coup à finir en centre de rétention.

Non, comme je vous le disais, j'ai mieux à faire. Mais c'est avant tout le fait que personne n'a voulu m'inviter. Mon cœur de Granny s'est serré dans ma poitrine. A une autre époque, je vous aurais envoyé Tatcher pour me venger, elle aurait foutu une ambiance de merde. Mais à l'époque ou j'avais Margareth sous la main (et sur le dos, nan, franchement, elle était vraiment gonflante!), à cette époque, dis-je, on m'aurait invité. J'aurais décliné, certes, mais on m'aurait invité.
Sale temps pour les gentlemen.

Chez nous autres Britanniques, il existe un dicton qui dit : "A gentleman is a man who can play bagpipes and who do not !". Je sais votre Anglais laborieux. On peut le traduire de la façon suivante "Un gentleman est un homme qui SAIT jouer de la cornemuse, mais qui n'en joue pas."
Vous comprenez mon propos ?
Aujourd'hui, pour être un homme du monde, c'est le contraire. Il suffit d'être ignorant des usages et d'en tirer une certaine fierté.

La carpe sentira toujours le hareng et l'habit ne fait pas le Président.


Bien à vous,

Babette


Elizabeth II, par la grâce de Dieu, reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord et de ses autres royaumes et territoires, chef du Commonwealth, défenseur de la foi


PS: En parlant de centre de rétention, cela me fait penser à la faveur que vous m'aviez demandée. Sachez que, bien que souveraine, et malgré les sentiments d'amitié élevés dont il me fait plaisir de vous honorer, je ne peux en aucun cas utiliser mes services secrets pour séquestrer votre maman et encore moins pour vous faire livrer Daniel Craig. Veuillez ne pas insister.

lundi 25 mai 2009

Laisse moi boire mon café, laisse moi boire mon café, yeah...

Hector est plus âgé que moi...beaucoup plus. C'est un fossile, pour tout dire. Il était sur les bancs de l'école avec Claude Sarraute, c'est dire !!

Néanmoins, ce vieux bidule ultra mélancolique ne cesse de m'étonner par les défenses qu'il met en place contre sa dépression. Il y a quelques mois, il découvrait une œuvre qui allait bouleverser le cours de son existence. "Black out", de Britney Spears a produit un effet revigorant et rajeunissant. Bien sûr, je connaissait déjà son côté vaguement midinette. Songez qu'après notre première nuit, l'individu, au matin, m'a balancé Marie Laforêt dans les oreilles. Ce jour-là, j'ai compris que ma vie ne serait décidément jamais simple.

En attendant de les refaire ensemble, les vendanges de l'amour, il m'a fallu m'adapter au bonhomme dont les rythmes thymiques variaient singulièrement du soir au matin. Le matin, je suis exécrable, bougon, et muet. Lui se lève et se dandine en chantant "I Britney bitch". Le ton est donné. Il se lance, la plupart du temps dans un déhanché vigoureux en ânonnant péniblement des paroles dans un anglais laborieux. Pendant ce temps, non pas à l'autre bout du monde, mais juste à l'autre bout du lit, je m'extirpe lentement des draps dont je glisse en silence. Mes yeux encore fermés ne s'ouvriront qu'une fois devant mon café que je boirai en longues gorgées, dans l'ambiance feutrée de mon salon.

Comprenez bien que les différences de nos deux caractères font que nous avons dû trouver des stratégies d'ajustement pour éviter que sa bonne humeur maniaque ne m'éclate à la gueule comme une bulle financière au nez d'un président ultra libéral... Sans cela, c'est le clash, la viande au mur, le poil arraché, Britney qui saccage mes tympans, ma main qui lui ravage la tronche.



STRATÉGIES D'ÉVITEMENT DU CONFLIT :

Tout ce joue au démarrage du radio-réveil :


Scénario 1 : Hector est éveillé avant moi, ce qui lui laisse une longueur d'avance. Il saute du lit en piaillant et en se déhanchant, ce qui m'agresse ostensiblement. Si tel est le cas, le plus simple est de se couvrir la tête avec l'oreiller en attendant qu'il ait pris son peignoir et qu'il soit descendu dans la cuisine. Moi je peux prendre le temps de me réveiller gentiment en écoutant les infos susurrées par Nicolas Demorand que je trouve tout à fait appétissant, au passage...
En cas de vraie grosse bonne humeur, je l'entends depuis l'étage, sous la douche, brailler un air lyrique que je ne reconnais jamais (d'ailleurs, un jour, il y laissera une corde vocale). Dans ces cas-là, mieux vaut faire le mort et attendre son départ pour se lever sereinement.



Scénario 2 : Je suis réveillé avant lui et je suis le premier descendu. Je lui fait chauffer son petit déjeuner. J'entends d'ici, certains parmi vous qui se disent que je suis drôlement attentionné et que c'est bien mignon... Que nenni. C'est encore une stratégie qui consiste à lui faire boire sa tasse dès qu'il arrive : pendant ce temps, il la boucle. Simple et efficace, mais pas suffisant. Pas suffisant puisqu'il se descend son petit dej' en quatrième et se remet à glapir. L'erreur à ne surtout pas faire, c'est de montrer un quelconque signe d'agacement, JAMAIS ! Il faut rester stoïque comme Simone Veil défendant sa loi sur l'avortement à la tribune de l'assemblée nationale, et ignorer les provocations. Ne pas réagir lorsque Hector, en boxer, au milieu de la cuisine chante dans un micro imaginaire et me le tend en me disant "A toi !".
Le moindre signe d'impatience de ma part le conduit à aller plus loin. Il lui est arrivé de me prendre par le bras pour me faire danser avec lui. Vous avez deviné que moi, c'est pas trop mon trip. Le matin, je ressemble à Jeanne Moreau, j'en ai la voix et le visage. Le vieux paillasson dégueulasse que je suis au lever à envie de tout, sauf de chanter et encore moins de danser...

Pour parer au clone de Kamel Ouali et d'Armande Altaï, j'ai LE truc ultime : Dès que je lui ai collé la tasse de lait à la main, sachant que je ne bénéficie que de quelques secondes, je me précipite sur la chaîne hifi du salon et allume la radio. Je me colle l'oreille aux en enceintes et je prends un air intéressé, voir même pénétré, par ce qui ce dit. Hector à la courtoisie de me laisser écouter et tourne les talons...

Victoire ! Adieu lever de jambe et cris suraîgus, adieu Britney, Eminem (l'idole du moment), Marie Laforêt... Moi, j'ai juste envie de chanter "Seul sur une terasse à l'ombre, je bois mon café. Cinq heures du matin déjà, je me sens barbouillé..."

dimanche 17 mai 2009

Je suis un vieux con

Lorsqu'on a une personne dans notre entourage qui pratique une activité comme la danse, il est difficile de ne pas se taper le spectacle de fin d'année. Lorsque c'est tout un collectif qui donne une représentation, c'est plus de trente chorégraphies de groupe qui se succèdent où des mères de famille, inhibées et girondes, bandeaux fluo sur les fronts qui dégoulinent, le souffle court, les faces rouges, donnant à voir pèle-mêle des exercices de step, du break dance, ou de la danse façon "Bollywood".

L'ambiance est toujours bonne enfant et il y a, de la part du public, une réelle bienveillance (la plupart son des amis ou de la famille) à l'égard de la fille qui perd sa perruque dès le début du show, vis à vis aussi de celle qui a carrément chié toute la chorégraphie sur son step et qui a dû se faire lyncher par toute la bande de mamie à la sortie.

Dans ce genre de soirée, on n'échappe pas non plus à l'entracte dont le but est de vendre des boissons et des pâtisseries à la partie du public qui a survécue jusque là.
Nous en profitons pour sortir et nous aérer un peu (et glousser comme des cons sur les bodys en lycra qui mettent en valeur les formes des femmes Françaises que le monde entier nous envie!!).

De retour dans la salle, un troupeau de dindes dans les allées, sur les fauteuils, entre les fauteuils, sous les fauteuils, piapiattent en d'intarissables monologues, se faisant fort de commenter le pourquoi du comment Kimberley a raté sa flexion extension et est allée s'encastrer le mouille sur le coin de son step...

Nous atteignont péniblement nos places où, là encore, les volailles s'esbaudissent sur la qualité HAUT DE GAMME du spectacle. Nous nous faufilons dans l'allée et nous excusons auprès des gens obligés de se lever pour nous laisser passer. Au milieu du rang, 3 femmes discutent avec une petite vieille nous contraignant à rester debout devant nos fauteuils respectifs, comme des cons, le temps qu'elles finissent leur conversation. La première remarque notre présence et tourne les talons, nous laissant plus de place. Les deux autres nous voient mais ne changent rien...
Nous attendons patiemment.... Toujours rien. Je prends mon ton le plus aimable et leur dis :" Excusez-moi, mesdames, nous voudrions nous rassoir..."
La deuxième : "Ho, oui, heu... Voilà." Elle se glisse devant nous et laisse la place.
Moi : "Merci..." Toujours aimable.

En revanche, la troisième qui nous avait parfaitement vu et qui m'avait bien entendu marque une hésitation...puis poursuit sa conversation avec la personne âgée.
Nous attendons....encore.... toujours debout... elle s'en fout...
Moi, avec le ton toujours très aimable : "Excusez-moi, madame, mais vous devenez incorrecte."
Son visage se défait, elle ne sait pas si c'est du lard ou du cochon.
- "Mais, Je vous en prie !" Lâche t-elle d'un air outré, faisant presque oublier que depuis dix minutes, c'est elle qui se comportait comme une grosse truie violette. Qu'importe, elle tourne les talons et dégage.


Quel intérêt me direz-vous ? Depuis hier soir, Hector me bassine en me disant que j'ai été trop sec, que ça ne dérangeait pas tant que ça et que ça n'était vraiment pas grave.
Ben moi, ça me gène ! Au même titre que le type qui passe devant moi dans une file d' attente en me disant "Je suis pressé !", au même titre que les parents qui bloquent toute la rue pour déposer leur mioche à l'école, bref, tout ces gens qui croient que le monde leur appartient et qui n'ont que faire de savoir si leur attitude peut déranger les autres.

vendredi 15 mai 2009

Le livre qui fout les miquettes

L'épouvanteur est un drôle de bonhomme. Il vit en marge des communautés humaines, dans une petit maison éloignée du village. On pourrait presque oublier sa présence, si ce n'est... son activité. Être épouvanteur est un métier qui n'est pas de tout repos. Le plouc du coin va le trouver lorsque sa maison est occupée par un fantôme, et c'est un moindre mal, car le fantôme se contente de faire peur. Il existe d'autres créatures de "l'obscure", bien plus dangereuses : Les gobelins, par exemple, dont il existe plusieurs variétés. Les plus gentils se contentent d'envoyer des rochers sur les toits des maisons ou sur une vieille affairée dans son jardin. Les plus cruels, les "éventreurs" viennent vous arracher les tripes et les portent en pendentif...
Non, vraiment, épouvanteur n'est pas une profession facile. D'ailleurs, elle n'est pas accessible à tout le monde. Il faut être le septième fils d'un septième fils pour le devenir. Attention, rien a voir avec cette tantouze d'Harry Potter qui a à sa disposition des pouvoirs magiques considérables. Juste une particularité : être le septième fils d'un septième fils donne la capacité de ressentir l'obscure dès qu'on est en sa présence. Alors qu'Harry Potter agite frénétiquement sa baguette magique et fait des boules de feu avec son cul, le jeune Tom Ward, apprenti de l'épouvanteur, n'a que son bon sens et son courage pour venir à bout des pires créatures.
Quelques techniques ancestrales ont néanmoins fait leurs preuves : La limaille de fer semble absorber l'énergie des créatures de l'ombre, et le contact du sel leur est insupportable. La chasse aux sorcières est ouverte ! Un bon épouvanteur ne sort jamais sans son bâton taillé dans du sorbier qui repousse les vieilles femmes hideuses qui vivent dans les marais et pratiquent la magie du sang. De même, pour les empêcher de nuire, il faut les entraver avec une chaîne en argent.

Tom Ward passe donc ses journées à courir après les drôles de bestioles. Si "L'Epouvanteur" n'est pas de la grande littérature, il faut lui reconnaître une grande qualité, celle de jouer avec nos peurs enfantines. Après avoir lu ce livre et avant d'éteindre ma lampe de chevet, je n'ai pu m'empêcher de regarder sous mon lit, comme ça, juste pour voir...

En attendant que la vieille Lizzy l'Osseuse me choppe pour me démembrer et se mette à jouer aux osselets avec mes phalanges, je garderai en mémoire ce précieux conseil de l'épouvanteur à son jeune apprenti :
"Ne fais jamais confiance aux filles qui portent des souliers pointus !"


Illustration de Turblush' dont le blog est sympa comme tout!!

vendredi 8 mai 2009

Le 8 mai ou l'histoire d'un mythe.

Le 8 mai est une date importante pour les gens qui s'intéressent à l'histoire de leur pays.

Pourquoi ? Tout simplement parce que c'est le jour béni où l'Allemagne Nazi a présenté sa capitulation aux commandements Russe, Anglais et Américain qui étaient les grands gagnants. La France était présente aussi. En ce qui la concerne, il était très délicat pour elle de parler de victoire. En réalité, les autorités militaires Françaises, au moment de la signature, devaient regarder le bout de leurs chaussures.
L'histoire est facétieuse. Comment passer d'un statut de pays occupé, de surcroît, doté d'un gouvernement et d'institutions qui prônent la collaboration, à un statut de "France éternelle et victorieuse" qui lutte ardemment contre tout ce qui menace de près ou de loin sa liberté chérie ?

Ce basculement, on le doit à De Gaulle, qui avant Juin 40 n'était personne. Il conduisait des chars et ses potes se foutaient de lui en l'appelant gros pif... Il avait bien écrit quelques ouvrages sur la manière de mener une campagne militaire rapide et efficace avec les chars d'assaut, mais ce furent des succès confidentiels, accessibles seulement au cercle très fermé des personnes dont le passe temps est de réfléchir à comment étriper ses semblables le plus proprement possible.
Bref, en France, parmi les militaires qui savaient lire, ce ne fût pas un best-seller. En revanche, outre Rhin, l'ami Adolf avait beaucoup apprécié la vision de "Charlie" et décida même de la mettre en pratique au travers de sa "guerre éclaire". Reconnaissons tout de même à Hitler un sens de l'hommage aux grands hommes tout à fait délicieux...

Bref, la grande histoire, nous la connaissons tous, l'armée Française se fait défroquer telle l'innocente chèvre devant le légionnaire. Bhêêêêêêêê !!
Certains partirent rejoindre Charles à Londres, la plupart restèrent car il n'avaient nulle part où aller, et puis il y a les autres...

Les nouveaux gouvernants. Le Maréchal Pétain, sénile, Laval, qui n'a pas cette excuse, tout deux antisémite, mais pas plus que le Français moyen de l'époque.

Le mythe, il est là : Glorifier la France victorieuse de l'Allemagne Nazi, réunir la population autour de cette commémoration qui adoucit les faits. User de la sémantique pour évacuer le malaise : on parle d"heures sombres", de "période trouble de l'histoire" pour ne pas réveiller le monstre du placard. L'emploi des termes est très révélateur, l'histoire est sombre et trouble pour nous, Français. En revanche, pour les passagers du Paris-Dachau, la mémoire n'est pas enfumée.

Comme par une drôle de coïncidence, ces derniers jours, on a vu revenir les thèmes de l'antisionisme, de l'antisémitisme, Dieudonné joue à l'apprenti provocateur, Ilan Halimi a agonisé seul pendant quelques jours et Le Pen, comme l'enfant privé de dessert pour n'avoir pas été sage, est privé de perchoir par le parlement européen qui se donne bonne conscience.

Vive la mémoire collective qui fait les grands hommes !...

samedi 2 mai 2009

L'effet mère

J'ai eu une fin de semaine pourrie qui tue sa mère en short.

En parlant de "mère":

Jeudi matin, le téléphone sonne :

-"Allô?" (dis-je, très concerné et un tantinet agacé d'être interrompu en plein glandouillage)
-"C'est moi". Ma mère avec la voix des très mauvais jours. Elle craque "C'est la copine de ta soeur, elle m'a appelé hier, ça va mal,... c'est ta sœur, Maya, elle a essayé de se suicider ! Son ex l'attaque en justice et elle risque 75 000 euros d'amende et 5 ans de prison. Elle pourra jamais payer !!"

*****************************

Enclenchement automatique...Lutte contre angoisse maternelle...recherche de procédure...

*****************************


Leçon N°1, apprise il y a bien longtemps : Ne jamais écouter ma mère qui ne raconte que des conneries.

Leçon N°2 : Ne pas perdre mon temps à essayer de lui faire comprendre qu'il vaut mieux une fille pauvre, qu'une fille morte.

Leçon N°3 : La laisser parler, serrer les dents et attendre que ça passe. Je sais par expérience que lui dire que son angoisse à elle peut peut-être attendre, qu'il vaut mieux gérer celle de ma frangine, lui dire qu'il faut garder la tête froide, la fait automatiquement exploser.

*****************************



"bla, bla, [...], Il faut que tu l'appelles !" me dit-elle.

A cet instant du récit, je me dois de souligner deux ou trois petites choses :

Pour ceux qui ne connaissent pas ma mère, reportez-vous au billets précédents (je vais finir par créer un onglet bien spécifique, je pense).
Cette femme maîtrise admirablement l'art d'angoisser les gens, de les culpabiliser, et, si par malheur, vous montrez que vous prenez de la distance avec les horreurs qu'elle balance, elle se lance dans d'interminables imprécations, conjurations en tout genre, vous vouant à une éternité de tourment au fin fond des neuf enfers, où vont griller les fil(le)s indignes. Vous l'aurez compris, ma mère, c'est à la fois la sobriété et retenue incarnées.

Bref, je tente de la rassurer en lui disant que si il s'était passé quelque chose de grave, nous aurions certainement été prévenus avant. De mon côté, je crève d'angoisse sans le montrer pour ne pas affoler la reine mère, plus qu'elle ne l'est déjà. Je lui promets d'appeler ma frangine pour avoir de ses nouvelles.

Aussitôt après avoir raccroché le téléphone, je prends une grande bouffée d'oxygène.... Ma main ne tremble plus ? Non? C'est bon ! J'appelle ma frangine.
Au premier abord, j'ai bien fait de ne pas céder à la panique. Explication est simple : Oui, ma sœur va mal, non, elle n'a pas essayé de s'autodétruire, oui, son ex lui a envoyé une lettre la menaçant d'action en justice pour différents motifs plus où moins honnêtes, mais non, à ce jour rien n'est fait.
En creusant un peu, j'apprends que c'est après avoir téléphoné à ma mère que ma sœur a eu une vieille envie de mourir... sans commentaire.

J'ai donc rappelé à ma chère maya que si ça va pas bien du tout, elle peut me joindre directement. Que notre mère est complètement fracassée, qu'elle n'a jamais su être rassurante et qu'à priori, c'est plus à son âge qu'elle va acquérir le sens du discernement.

Donc un début de week-end marathon ou j'ai (essayer) apaisé l'angoisse de Maya, qui va pas bien du tout et l'angoisse de ma mère.

Ce qui est terrible dans tout ça, c'est que le risque est réel pour Maya, que ma mère ne se rend absolument pas compte du mal qu'elle fait aux gens (mon autre sœur, Hélène, en a également fait les frais). Elle fout la panique, accuse les autres d'inertie, et retourne dans son quotidien sans se soucier des conséquences de ses actes.

En Mai, fais ce qui te plaît.