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lundi 28 décembre 2009

La dinde.

L'année 2009 n'aura pas été une année comme les autres.
Pour la première fois, j'ai convié une invitée de marque à passer le réveillon du 24 en notre compagnie, il s'agit de ... ma mère.

Oui, vous n'avez pas rêvé. De mon plein gré, en mon âme et conscience, sans qu'aucune menace ne pèse sur mon foyer ni sur ma personne, j'ai eu envie de passer ce moment avec ma mère. Ceux qui me lisent depuis longtemps, savent à quel point ma mère a pu être douloureuse.

Elle a accepté mon invitation avec beaucoup d'entrain et m'a clairement montré qu'elle était heureuse d'être parmi nous. au menu, j'ai évité les salsifis. Je ne l'ai pas truithonnée comme aurait pu me le suggérer Chondre. Non, rien de tout cela. Un repas entier, de l'entrée au dessert, confectionné par mes soins.


L'abbesse des castrés est resté chez nous pendant deux jours et deux nuits. Pas d'envies de meurtres, de poison dans la soupe, ni d'étranglement intempestif pendant son sommeil, non, encore une fois, rien de tout cela. Tout au plus, une légère lassitude amusée lorsque, comme à son habitude, elle parle beaucoup sans jamais écouter les autres, quitte à leur couper la parole pour ne parler que d'elle... mais très légère, la lassitude.


Le moment le plus critique fut l'ouverture des cadeaux. L'espace d'un instant, mon rond de serviette de mes 18 ans m'est revenu en mémoire. Je me suis vu offrir un genre d'étoffe bariolée qui, en principe, peut s'accrocher au mur et accueillir des photos. La paillasse est de plus garnies de fausses perles en carton-pâte qui pendouillent nonchalamment. Joie ! Bonheur ! Félicité !


Tout me va. Pas de problème particulier. Vive la distance, vive le second degré, vive la maturité.

samedi 2 mai 2009

L'effet mère

J'ai eu une fin de semaine pourrie qui tue sa mère en short.

En parlant de "mère":

Jeudi matin, le téléphone sonne :

-"Allô?" (dis-je, très concerné et un tantinet agacé d'être interrompu en plein glandouillage)
-"C'est moi". Ma mère avec la voix des très mauvais jours. Elle craque "C'est la copine de ta soeur, elle m'a appelé hier, ça va mal,... c'est ta sœur, Maya, elle a essayé de se suicider ! Son ex l'attaque en justice et elle risque 75 000 euros d'amende et 5 ans de prison. Elle pourra jamais payer !!"

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Enclenchement automatique...Lutte contre angoisse maternelle...recherche de procédure...

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Leçon N°1, apprise il y a bien longtemps : Ne jamais écouter ma mère qui ne raconte que des conneries.

Leçon N°2 : Ne pas perdre mon temps à essayer de lui faire comprendre qu'il vaut mieux une fille pauvre, qu'une fille morte.

Leçon N°3 : La laisser parler, serrer les dents et attendre que ça passe. Je sais par expérience que lui dire que son angoisse à elle peut peut-être attendre, qu'il vaut mieux gérer celle de ma frangine, lui dire qu'il faut garder la tête froide, la fait automatiquement exploser.

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"bla, bla, [...], Il faut que tu l'appelles !" me dit-elle.

A cet instant du récit, je me dois de souligner deux ou trois petites choses :

Pour ceux qui ne connaissent pas ma mère, reportez-vous au billets précédents (je vais finir par créer un onglet bien spécifique, je pense).
Cette femme maîtrise admirablement l'art d'angoisser les gens, de les culpabiliser, et, si par malheur, vous montrez que vous prenez de la distance avec les horreurs qu'elle balance, elle se lance dans d'interminables imprécations, conjurations en tout genre, vous vouant à une éternité de tourment au fin fond des neuf enfers, où vont griller les fil(le)s indignes. Vous l'aurez compris, ma mère, c'est à la fois la sobriété et retenue incarnées.

Bref, je tente de la rassurer en lui disant que si il s'était passé quelque chose de grave, nous aurions certainement été prévenus avant. De mon côté, je crève d'angoisse sans le montrer pour ne pas affoler la reine mère, plus qu'elle ne l'est déjà. Je lui promets d'appeler ma frangine pour avoir de ses nouvelles.

Aussitôt après avoir raccroché le téléphone, je prends une grande bouffée d'oxygène.... Ma main ne tremble plus ? Non? C'est bon ! J'appelle ma frangine.
Au premier abord, j'ai bien fait de ne pas céder à la panique. Explication est simple : Oui, ma sœur va mal, non, elle n'a pas essayé de s'autodétruire, oui, son ex lui a envoyé une lettre la menaçant d'action en justice pour différents motifs plus où moins honnêtes, mais non, à ce jour rien n'est fait.
En creusant un peu, j'apprends que c'est après avoir téléphoné à ma mère que ma sœur a eu une vieille envie de mourir... sans commentaire.

J'ai donc rappelé à ma chère maya que si ça va pas bien du tout, elle peut me joindre directement. Que notre mère est complètement fracassée, qu'elle n'a jamais su être rassurante et qu'à priori, c'est plus à son âge qu'elle va acquérir le sens du discernement.

Donc un début de week-end marathon ou j'ai (essayer) apaisé l'angoisse de Maya, qui va pas bien du tout et l'angoisse de ma mère.

Ce qui est terrible dans tout ça, c'est que le risque est réel pour Maya, que ma mère ne se rend absolument pas compte du mal qu'elle fait aux gens (mon autre sœur, Hélène, en a également fait les frais). Elle fout la panique, accuse les autres d'inertie, et retourne dans son quotidien sans se soucier des conséquences de ses actes.

En Mai, fais ce qui te plaît.

mardi 21 octobre 2008

Fragment d'analyse d'une angoisse nocturne.

Ce matin, 4H30, la crise est arrivée. Une angoisse profonde et sourde comme je n'en avais pas connue depuis fort longtemps. Ma névrose a fait son grand retour et j'étais à la fois l'acteur et le seul spectateur.

J'ai souvent parlé de ma chère et tendre obsession, ma seule véritable partenaire qui m'accompagne depuis toujours. Aujourd'hui, elle fut encore au rendez-vous. Pour ceux qui ne le savent pas, la névrose obsessionnelle est un truc fantastique. A un moment "M" du développement de l'enfant, entre 3 et 5 ans vraisemblablement, un évènement traumatique vient bloquer le bon déroulement des processus psychiques qui restent grippés telle une vieille mécanique rouillée.
L'individu est désormais condamné à tourner en boucle autour du souvenir du traumatisme.

Cette nuit encore, dans mon demi-sommeil, je tombe, tout autour de moi n'est que vide. Les souvenirs de mes grandes angoisses reviennent au galop. Ces enfants sur les remparts de Saint-Malo qui se penchent dangereusement pendant que les parents regardent ailleurs. C'était il y a deux ans et à la simple évocation de ce souvenir pénible, je ressens encore le malaise profond qui m'avait alors envahi. J'ai beau être allongé dans mon lit, mes jambes se dérobent sous moi et la tête me tourne. Je revois également cet enfant dont j'ai déjà parlé, qui tombe et qui manque de peu de se faire piétiner par un poney. Tout revient. N'est-ce pas cela que Freud nommait le retour du refoulé?
Tout ces éléments ont une chose en commun. La solitude des enfants face au danger. Dans toutes ces situations, les enfants sont en présence d'adultes inatentifs ou indifférents. Vous pensez bien qu'après quelques années d'analyses, les liens se sont fait rapidement dans mon esprit, très vite, l'angoisse se tait.

Les liens qui se font sont ceux du passé, à savoir quelle est cette peur du vide? quel est le danger auquel j'ai été confronté? Et le lien avec le présent, à savoir pourquoi cette angoisse est-elle revenue ce soir?



J'avais 4 ans, du bonheur plein les yeux à voir toute ma famille en vacances dans le sud. Les seules vacances que nous ayons pu avoir ensemble. Tout les enfants savaient nager et se baignaient dans la piscine sous la garde des adultes qui se trouvaient autour. Moi, seul sur le bord, mourant d'envie d'aller rejoindre les autres, me mis en tête d'attraper une bouée qui flottait tout près du bord. Je tends mon petit bras dodu, mais cela ne suffit pas. Avec l'ingéniosité hasardeuse des enfants décidés à faire une ânerie, je m'allonge sur le bord de la piscine pour que ma main puisse atteindre plus facilement le flotteur qui semblait s'éloigner petit à petit comme pour mieux m'attirer au fond du mortel bassin aux allures scintillantes sous les rayons de Phèbus.

Je sens mon petit corps léger glisser dans l'eau sans la moindre appréhension. Je n'ai pas le temps d'appeler ma mère quelques mètres plus loin, qui s'adonne à la lecture dans un transat. Je ne me souviens même pas avoir eu peur alors que je m'enfonçais sous l'eau. Je n'ai pas lutté non plus. Les ombres des enfants nageant à la surfaces s'éloignaient tandis que je coulais sereinement, comme résigné.

Plus rien.

Évoquant cet épisode dernièrement, ma mère riait en me rapportant les propos que j'ai tenu, entre deux sanglots, lorsque je fus repêché in-extrémis : "Maman, je m'ai presque noyé!!"


Le lien au présent est limpide.

La journée d'hier fut consacrée à une petit visite familiale qui m'a conduit à passer un moment avec ma mère. Elle avait la garde de deux enfants, deux petits garçons de 2 et 4 ans. Celui de deux ans, elle l'a laissé jouer dehors, seul, dans une cour non clôturée pendant que nous buvions un café à l'intérieur. Tout simplement impensable pour moi. La cerise sur le gâteau fut la récupération du deuxième enfant à l'arrêt de bus. J'avais voulu l'accompagner, ce qui nous aurait donné l'occasion de discuter. Arrivé sur place, nous échangeons quelques politesses avec les autres parents venus chercher leurs bambins pendant que le car déverse son flot de marmaille. Lorsque je me retourne, ni ma mère, ni les deux enfants ne sont là. Je presse donc le pas pour les rattraper sur le chemin du retour et je ne tarde pas à les rattraper. Lorsque j'arrive à sa hauteur, ma mère me regarde interloquée et lâche :" J'avais complètement oublié que tu étais là !!"


Je me contente de relater ici uniquement le "relatable", le reste restant bien au chaud sous ma pudeur, mais assurément, ma névrose a encore de beaux jours devant elle.
Le sentiment de sécurité m'est complétement inconnu.

lundi 25 août 2008

Le marsouin, la sorcière et les poivrons

Après que certains malintentionnés, parmi vous, m'aient fait remarquer à juste titre que le niveau intellectuel du présent blog baissait dangereusement, tel le pouvoir d'achat de la ménagère nord Coréenne de moins de cinquante ans, j'angoisse.


Que vais-je donc pouvoir vous raconter pour vous tenir en haleine? Comme d'habitude, je vais écrire des choses au premier degré et il se trouvera bien quelques uns d'entre vous pour rire d'un trait d'esprit involontaire. Il n'y a rien de pire pour le pédant qui veut briller (Il n'y a pas de contrepétrie) que de voir les gens rire au mauvais moment.


Contre toute attente, je tiens vachement bien ma ligne de conduite alimentaire (si je fais abstraction des merguez hypergrasses que j'ai ingurgité au repas ce soir!) ainsi que mes élans sportifs dont je vous ai parlé dans un précédent billet et qui me poussent, au lever, à me rouler par terre comme un marsouin échoué sur une plage déserte par un soir de grands vents.


Le dimanche, jour du seigneur, ne fait pas exception. Dès le réveil, petit marsouin en boxer (c'est mon nom de code) s'agite frénétiquement sur le parquet luisant au premier rayons de soleil, la saillance du muscle abdominal dardant fièrement, comme un défi à la puissance divine, qui non contente de ne pas m'avoir épargné, m'a voulu dodu (Destiné est décidément une jolie salope!). Pour ma prochaine vie, j'ai déjà passé commande, je serai beau à tomber et con comme une table, ça aide à vivre...


Après avoir bu lennnnnntement mon café, je fous mon amoureux au pied du lit en lui disant que puisqu'il s'était levé de bonne heure, on pouvait aller sur le marché pour remplir de fruits et légumes frais, un frigo aussi vide que celui de Kate Moss. Bref, j'ai pris tout le nécessaire pour préparer un bon (drôle) de petit truc : des poivrons farcis. Je ne m'attarde pas sur le fait que pendant que je me débattais comme un hystérique avec mon robot mixeur, ma mère débarque à l'improviste pour me saouler (penser à mettre un contrat sur sa tête). J'ai peur qu'elle ne prenne une mauvaise habitude en exposant systématiquement sa misère humaine à tous les passant telle la vieille tendant sa pomme empoisonnée.


Venue me cracher son venin habituel : "Je venais voir ton frère mais comme il est pas là...". L'affaire fût vite torchée, le plat mis au four, la vaisselle faite, la sorcière foutue à la porte avec sa pomme dans l'oignon, les poivrons cuits, mon pauvre Hector reparti se coucher, et mon besoin d'activité comblé....

Récit d'une journée palpitante...Pour info, les poivrons étaient délicieux !


J'ai passé un excellent week-end avec Hector.

mardi 8 juillet 2008

De l'art d'être inexistant.

Au travers de tout ce que j'ai pu écrire depuis plusieurs mois transparaît la silhouette d'un être hors norme. Cet individu, toujours prompt à la maladresse, n'a eu de cesse depuis une vingtaine d'année de chiffonner mon amour propre et de s'assoir sur mon égo.

S'il m'arrive parfois de chopper la grosse tête, il est une seule chose qui puisse en un temps record me ramener à la réalité de mon insignifiance : MA MÈRE...

J'ai eu l'occasion de la décrire sous les traits d'une femme fuyant les fêtes de famille, ayant un goût de chiottes pour faire des cadeaux, ou comme une dévoreuse de pénis de Martiens (oui, je sais, ça surprend un peu).

Dimanche matin, la Madone des casses couilles m'est encore tombée dessus...

Un dimanche matin, alors que je me préparais pour aller bosser et qu'Hector, était en pyjama devant un jeu vidéo, on sonne à l'interphone. Un dimanche matin à cette heure matinale? Qui cela pouvait-il bien être?

Je décroche
-"Oui?..."

-"C'est moi, je viens boire un café...!"

-"???...Bah...entre..."

Me rendant au devant d'elle dans le jardin, elle me dit bonjour et m'assène d'emblée :"Je voulais voir ton frère mais comme il est pas là, je viens te voir toi !"

...ça, c'est fait !...


Je lui demande d'entrer en précisant que j'ai peu de temps avant d'aller travailler et que les gens normaux, le dimanche matin à cette heure, ils dorment, et qu'il vaudrait mieux à l'avenir qu'elle préviennent avant de débarouler chez moi.

Hector en bon gendre, descend l'escalier, la gueule un peu en vrac, lui dit bonjour et se joint à nous. Je prends le temps de faire du café pour la sexagénaire pendant qu'elle taille la bavette avec mon amoureux. Ils semblent avoir toujours beaucoup de choses à se dire... Je les observe et leur apporte le café... Elle continue à lui parler comme si j'étais complètement transparent...

Au bout de quelque minutes, elle se lève en buvant la dernière gorgée et lance un magistral : -"Bon ! ben... Hector merci pour le café, j'me sauve!"

-"C'est moi qui te l'ai fait !" lui dis-je.

-"Oui, allez au revoir!"

Je trouve absolument fabuleux la capacité de cette femme à vivre en ignorant complètement la présence des autres (en l'occurrence, moi !). Pas étonnant que j'ai grandi avec la sensation de n'être rien ni personne. Dans mon jargon, un type aussi effacé et d'un manque total de personnalité est appelé "une gomme".



L'avantage de ce genre de relation, c'est que j'ai pu apprendre très tôt la valeur de l'humour...J'en ris encore.

dimanche 25 mai 2008

Sainte mère !

Le moment tant redouté est enfin arrivé...

C'est la fête des mères.

Comme tous les ans, depuis un bon moment, la mienne se carapate à l'autre bout de la France pour une randonnée, un voyage ou que sais-je encore.

Le plus troublant, c'est qu'elle fait la même chose pour ses anniversaires. Je crois qu'elle fuit les fêtes de famille pour une raison qui m'échappe. En même temps je peux comprendre qu'une famille comme la notre ne la réjouisse pas des masses. Je l'imagine en train de lancer les invitations :

Polyphème tu viens avec ton copain? ...Super, je suis contente je l'adore!... Et ton frère, tu sais si il va venir?...Bah oui, avec son copain aussi! ....De toute façon ta sœur vient avec sa nana, alors il n'y a pas de raison.... Oui, sinon ton autre sœur vient avec son mari, mais j'ai peur qu'ils se sentent assez seuls ! Et puis c'est bien, pour manger on est pas pressé puisqu'il n'y a pas d'enfants (sanglots).

Alors oui, maman, je comprends que les fêtes de famille ne te fassent pas sauter au plafond !



Autre moment redouté, celui du questionnement concernant ce blog. A t-il encore une utilité ?
Beaucoup de bloggeurs à qui je rends visite régulièrement se sont certainement posé la même question.

On verra...

vendredi 15 février 2008

Un jour, Polyphème eut 18 ans

Janvier 1997, le neuvième jour, je devenais majeur.
J'avais toujours entendu les adultes me dire que la dix huitième année était celle de l'émancipation, le permis de conduire, la fête et les copains... Mouais et mon cul, c'est du poulet !
Il n'y a pas grand chose de plus agaçant quand on est ado, malheureux comme une pierre, que les vieux (+40 ans, c'est vieux pour les mômes!) nous disent:"De quoi tu te plains, tu as le bel âge!".
Combien de fois, bon dieu, faudra t-il dire, que chaque âge a ses misères.
Moi, à dix-huit ans, j'avais pas d'amis, j'étais déjà éveillé à la sexualité depuis un moment, mais rien par rapport à l'amour...
Bref, encore sérieusement inhibé, mal très mal, dans ma peau et dans ma tête, mais espérant tout de même du mieux à venir. Englué dans une histoire avec un type qui ne savait pas que j'existais, vous l'aurez compris, le Polyphème de l'époque avait plus de points communs avec l'Annie Girardot qui reçoit un César, qu'avec Lorie qui braillant son amour des Super Week-ennnnd! (Pour punition, elle couche avec Garou, et vu la vivacité d'esprit de l'individu, au moins maintenant, elle a une bonne raison de couiner!)

Donc, ce jour d'anniversaire, j'étais particulièrement pensif. Les années précédentes, ma mère (eh oui, encore elle ! Croyez-moi, vous n'avez pas fini d'en entendre parler!) avait fait preuve d'un mauvais goût absolu, voir même, d'un j'm'en-foutisme assez déroutant, dans le choix des cadeaux, et ce, quelque soit la fête. Ceci dit, avec celui qu'elle me fit ce jour là, elle atteignit le summum du ridicule...(Je vous préviens que le premier qui se marre, je l'invite à dîner chez ma mère, ça le calmera vite fait. J'insiste également sur le faits que ces évènements sont véridiques.)

Ce matin là, je descendais de ma chambre à l'étage avec une certaine appréhension, commençant à imaginer toutes sorte de scénarios.
Allait-elle m'offrir un vêtement moche? Ce serait encore le mieux qui puisse arriver... Je le colle dans un coin et basta ! Ou bien un truc nul, du genre un livre de la bibliothèque verte!...Non, elle n'achète jamais de livres. Soudain me revenant en mémoire, le cadeau nullissime de mes 16 ans : Une boîte de LEGO. Sans commentaire... 16 ans, l'âge où on devient un presqu'homme, on s'affirme en tant qu'individu, en tant qu'adulte en devenir... Et on se prend une boîte de LEGO dans la tronche. De l'humilité à l'humiliation, il n'y a qu'un pas. Je pensais l'avoir franchi depuis longtemps. Je m'étais trompé.

Donc, le matin de mes dix huit ans j'arrive dans la cuisine pour prendre mon petit déjeuné, en sachant, que "ça" m'attendait ici, tapi dans dans un coin. J'avançais lentement, la sueur perlant sur mon front me donnait l'allure du mec qui monte à l'échafaud. Dans la pièce, ma mère est là, m'embrasse en me souhaitant un joyeux anniversaire et me dit avec un air de cachoterie: "J'ai quelque chose pour toi!". C'est étrange, quand j'y repense, c'est à ce moment là que mes souvenirs s'embrouillent, comme si, par la magie du refoulement Freudien, le souvenir traumatique n'était plus autorisé à faire parler de lui.

Ma mère revient et se plante devant moi, avec un air pleinement satisfaite en ménageant son petit effet. Sa main qu'elle tenait dans son dos ne tarde pas à se ramener face à mon visage me dévoilant mon somptueux cadeaux d'anniversaire....Un rond de serviette.
Je vous avoue qu'il m'a fallu quelques minutes pour encaisser le coup, alors que madame télé-achat, heureuse de me voir ébahi d'émotion, pense t-elle, se remet à son ouvrage de couture.
Je me souviens vaguement m'être appuyé sur le bord de la table, sentant le malaise vagal poindre le bout de son nez.

Le rond de serviette bleu, en bois, même pas gravé, trônait fièrement dans la paume de ma main tremblante. J'ai dû bafouiller, d'une voix chevrotante, un mot de remerciement avant de me traîner dans la pièce voisine où, sous le coups de la joie intense, j'ai dû m'évanouir, sur le canapé, serrant dans ma main le présent qui consacrait ma dix-huitième année de vie.
Happy birthday Polyphème ! J'en ris encore...

lundi 11 février 2008

Les petits hommes verts, ma mère et moi...

Depuis ma plus tendre enfance, je suis un rêveur. Ceux qui n'y connaissent rien, les adultes, les trop matures, les trop raisonnables, diront que je suis simplement étourdi, un peu tête en l'air.
Non ! Moi je vous parle de ce moi intérieur capable de voyager à travers les époques et les réalités parallèles. Je ne me contentais pas d'imaginer les choses, je les vivais.

Mes parents se sont beaucoup amusés de ce grain de folie, lorsque j'étais môme, qui me poussait à affirmer que tata Claudette était un extraterrestre venu sur terre pour nous manger. Aujourd'hui, devenu adulte, mes proches me regardent toujours un peu effarés lorsque je parle de mes envies profondes. Vous savez, le regard de "lapin dans les phares", qui atteste d'une certaine panique. Je sens bien qu'ils se disent :"Mais où va t-il s'arrêter ?".
A ma décharge, le contexte familial n'a pas beaucoup aidé l'enfant perturbé que j'étais, à raccrocher les wagons.

Il me souvient les repas dominicaux, où, ma mère, tout sourire (un peu carnassier), déposait sur la table un plat de salsifis en nous assénant son humour sulfurique et sulfureux :
"Voilà des
zizis de martiens !"...
Horreur ! Combien de malheureux petits hommes vert avaient dû souffrir pour que ma famille ogresse puisse se marrer au dessus d'un plat Arcopal, au son de l'école des fan, que la télé diffusait cet été 1985... J'avais six ans.

Les parents sont souvent loin de s'imaginer l'impact que leurs paroles peut avoir sur les enfants, surtout quand ces derniers sont en pleine résolution d'œdipe. Mon cœur naïf d'enfant s'est serré à l'idée que ma mère poulpe, qui de toutes ses tentacules m'étouffait, m'entravait, me vampirisait, ait pu chopper sa sœur extraterrestre, Claudette, et lui couper le zizi ! Ce jour là, ma tante détestée est devenue martyre. Un vraie Mater Dolorosa, une sainte qui avait dépassée ses souffrances. Du haut de mes quelques années, j'étais admiratif de cette tata au grand cœur qui visiblement, n'a jamais été fâchée après sa frangine qui ,pourtant, lui avait volé son organe de puissance.

Je ris en écrivant ses lignes, car à l'instant même, je viens de comprendre un truc énorme. Mon grand fantasme d'enfant, mon rêve le plus cher, était de pouvoir, un jour, avoir mon propre vaisseau spatial, dans lequel j'aurais pu embarquer pour partir loin. Outre l'envie d'isolement, puis-je y voir à la fois :
- L'envie de fuir loin de ma mère, avant qu'elle ne me coupe le mien et ne me le serve en papillote. (Vous n'en n'auriez pas fait autant ??)

- L'envie de devenir, moi-même un extraterrestre, comme ma tata Claudette (très, très sainte femme !) pour bien marquer mon opposition à ma famille d'ogres dévoreurs de zgegs de l'espace.

- L'envie de posséder un engin, tel l'Atlantis d'Albator, dont la forme pour le moins évocatrice se passe de commentaire. J'attire l'attention du lecteur sur le fait que beaucoup d'enfants devenus hommes, pères de famille, fringant quadra, cadre supérieur, ont encore recours à ce stratagème de réassurance en s'achetant des bagnoles énormes qui font, en réalité, office de prothèses phalliques. Donc, ma théorie est loin d'être si ridicule que ça ! (et toc !).

Vous voilà donc face à mon monde intérieur. Vous comprendrez, à la vue d'une telle histoire, que maman Polyphème a toujours régné de manière incontestée sur son petit univers. Mon père, lui-même, la craignait... Il avait pourtant passé l'âge de croire que tata Claudette était membrée comme un baudet cosmique !

Alors aujourd'hui, j'ai une pensée émue pour tout les gens qui sondent la galaxie, avec leurs appareils hyper sophistiqués, ainsi qu'à ceux qui, de près ou de loin, ont fait et font encore avancer, chaque jour, la conquête de l'espace. Vous Youri Gagarine, Neil Armstrong et autres Jean-Loup Chrétien. Vous Hubert Reeves, vous ingénieurs de la NASA qui caressez le rêve, un jour peut-être, d'entrer en contact avec une intelligence venue d'ailleurs. Vous aussi, David Martinon, qui faites l'expérience d'une telle solitude, qu'elle ne peut qu'être intersidérale... (du reste, quelque chose me dit qu'il va se faire tellement rare, que tous les télescopes du monde ne seront pas superflus pour le localiser! Le verra t-on passer devant la lune Neuilléenne en vélo?)



Et bien, à vous tous, je veux dire, soyez rassurés. Quand bien même, par malheur, vous deviez attirer vers notre planète finissante, une race hostile, les "Claudettes de l'espace", nous aurions en notre possession de quoi repousser n'importe qu'elle invasion. Cette arme de destruction massive porte un nom bien singulier :

Un dîner chez ma mère.