vendredi 31 juillet 2009

La danse du tapis

Voix Off : Dans le cadre de l'enquête sur les circonstances de la mort du Roi de la pop, Patrick Poivre d'Arvor, l'une des figures Françaises du journalisme d'investigation reçoit un invité de choix qui a côtoyé la star au quotidien. Ce soir, ce témoin nous livre ses impressions et certains de ses secrets...


++++ Générique ++++



PPDA- Bonsoir Bernard

Bernard- Bonsoir

PPDA- Depuis deux semaines, depuis la mort de Michael Jackson plus précisément, on a assisté dans la presse à un grand déballage de la vie, de l'intimité de la pop star. Tour à tour, tous les membres de la famille se sont succédés pour annoncer des concerts anniversaires, la création de maison d'une disque dédiée à son œuvre. Puis ça a été le tour de ses amis et collaborateurs de faire des révélations sur son mode de vie. On a même vu sa cuisinière revenir sur le jour fatidique de son décès. Quel est votre sentiment, vous qui partagiez son intimité ?

Bernard- Évidemment, je suis consterné. Il ne passait pas la porte de sa maison sans que je sois au courant, songez que j'étais systématiquement le premier à lui souhaiter la bienvenue et ...

PPDA- Pardonnez moi de vous interrompre, mais par soucis de clarté pour les gens qui nous écoutent, pouvez-vous préciser la nature de votre relation avec M. Jackson ? Quel rôle jouiez vous auprès de lui ?

Bernard- Et bien...(pris par l'émotion)...pardonnez-moi, c'est si douloureux de se dire que c'est fini !

PPDA- Je vous en prie...

Bernard- J'étais se qu'on peut nommer communément...son paillasson.

PPDA- Son paillasson ?

Bernard- Parfaitement, son paillasson. Vous savez, on ne dira jamais assez le rôle important que tenons, nous autres paillassons, rideaux de douches et autres porte-manteaux. Heureusement que je n'ai pas écouté ma mère...

PPDA- Votre mère ?

Bernard- Oui, elle me disait que j'étais une vraie carpette, que ce n'était pas un métier que de faire tapisserie toute la journée. D'un autre côté, pour quelqu'un comme moi qui a toujours eu un poil dans la main, être le tapis d'une star, quelle promotion !

PPDA- Humm hum...

Bernard- Vous n'imaginez pas tout ce que nous voyons dans une journées, car nous en voyons des gens passer ! Si je vous disais le nombre de démarcheurs que j'ai vu se faire reconduire...

PPDA- Intéressant...

Bernard- Et encore, je ne vous parle là seulement des solliciteurs de bas étages. Car j'ai vu aussi ses amis -encore qu'ils se faisaient bien rares dernièrement- j'en ai vu des Liz Taylor, des Diana Ross, elle porte bien son nom celle-ci, qu'elle peau de vache ! Si vous saviez les horreur qu'elle pouvait dire, sitôt passé le seuil de la porte ! Pauvre Michael ! On peu dire qu'elle a bien piétiné son amour propre... et je sais de quoi je parle !

PPDA- Cela n'a pas dû être toujours facile de lui souhaiter la bienvenue.

Bernard- Ha non, pas elle ! Elle peut se brosser !

PPDA- Vous étiez présent le jour de sa mort ?

Bernard- Non, Diana Ross est morte avant même l'invention du tapis.

PPDA- Je vous parle de la mort de Michael Jackson.

Bernard- Pardon. Bien sûr, affirmative ! Comme je vous le dit : Qu'il pleuve, qu'il neige ou qu'il vente, j'étais là, tout poil au vent, c'était plus qu'un job, c'était un devoir !

PPDA- Comme tous les matins, vous avez vu le médecin personnel de M. Jackson arriver.

Bernard- Oui, un Drôle de type ce docteur Murray, je ne l'ai jamais vraiment aimé. Son seul passage suffisait à me mettre la chair de poule.

PPDA- Comment était-il ce jour-là ?

Bernard- Discret.

PPDA- Discret ?! Comment ça ?

Bernard- Oui, il m'est passé dessus délicatement, sur la pointe des pieds. Un paillasson, ça sent ce genre de chose. Il est arrivé de bonne heure, sans doute a t-il eu peur de me réveiller...

PPDA- Il a dû vous réveiller puisque vous vous en souvenez.

Bernard- Oui, tout à fait ! Et d'ailleurs, à cause de ça, j'ai été de mauvais poil tout la journée ! Feue Mère-grand,( qui était une taie d'oreiller sérieuse avant de rencontrer grand papa Polochon qui l'a enfilé ) disait toujours : "A trop contrarier le tapis, on se prend les pieds dedans!".

PPDA- Et après ?

Bernard- Après, rien. Je n'ai rien vu, j'étais dehors. Cependant, lorsque plus tard, l'ambulance est venue le chercher, j'ai noté qu'aucun des hommes présent n'a pris le temps de s'essuyer les pieds... Tss, tss, manque d'éducation.

PPDA-
Hé bien, Bernard, notre émission touche à son terme, si vous aviez un message à faire passer à ceux qui nous écoutent -et je suis sûr qu'ils sont nombreux- quel serait-il ?

Bernard- Cessez de négliger vos semelles et prenez les patins !



1 commentaire:

Nicolas a dit…

Un billet qui fait plaisir à lire. Il regorge de trouvailles ! Bravo !