
Il y a deux jour, j'ai vu pour la première fois le film de Chabrol "L'ivresse du pouvoir". Sorti en 2006, ce film retrace, sans le dire, le dénouement de l'affaire Elf, qui à l'époque , avait fait beaucoup de bruit. Des notables, des hauts fonctionnaires, des ministres même, avaient été mis en cause dans cette affaire de pot de vin, de trafic d'influence et de rétro commissions (pour plus de renseignement, la chronologie de l'Express est impressionnante).
Le personnage principal est campé par une Isabelle Huppert classiquement froide, ce qui colle bien à l'image qui est donnée d'une juge irascible et, il faut le dire, aussi affectueuse qu'un Pitt-bull à l'heure du déjeuner. Est-il besoin de rappeler que la juge en charge de l'affaire était Eva Joly ? Sur l'ensemble, le film est très intéressant car il décrit les relations entre les milieux d'affaire, de pouvoir et la justice, dont le bandeau qui lui recouvre les yeux ne semble pas toujours très opaque.
Donc, dans le film, La juge multiplie les mises en examen et les perquisitions avec un plaisir presque sadique. D'ailleurs, est-ce un hasard si tout au long de l'histoire, I. Huppert est affublée de son sac à main et de sa paire de gants, tout deux rouge vif. Ces deux attributs de l'élégance féminine deviennent le symbole de son combat pour une justice qui pourrait facilement devenir sanguinaire...

Difficile de savoir si Eva Joly correspond réellement à cette image. Quoi qu'il en soit, ce film prend un sens particulier du fait que l'ex magistrate semble se positionner sur la présidentielle de 2012.
Par exemple, je trouve plutôt cocasse qu'après l'explosion de l'affaire Bettencourt , qui laisse planer un doute sur un financement occulte et donc sur la légitimité de l'élection de Sarkozy à l'Elysée, après le retour des attentats de Karachi au devant de la scène médiatique, que la juge qui a côtoyé de près ces affaires se retrouve en lice face au Président sortant qui semble nerveux sur ces sujets.
Plus drôle encore, comme le souligne Renaud Dely dans l'émission "C dans l'air", si DSK est le candidat socialiste, j'aimerais assister à l'entre deux tour, à la négociation du report des voix entre Joly et Strauss-Khan...qu'elle avait mis en examen. J'en ri d'avance.
Je me demande si, en faisant acte de candidature, E. Joly n'exclue pas de facto DSK... C'est Martine qui va être contente !

Comme nos hommes d'état sont tragiquement facétieux, nous apprenons dans la presse qu'un arrangement à "l'amiable" entre l'UMP, la Mairie de Paris et Chirac devrait permettre à ce dernier d'éviter courageusement un procès. Circulez, y a rien à voir !
Tous ces évènements me font penser que d'ici 2012 et au-delà, les amoureux de l'état de droit n'ont pas fini de blêmir.
1 commentaires:
Je me demande si les amoureux de l'état de gauche ne sont pas aussi désespérés que ceux de l'état de droit. Et je doute de plus en plus que DSK fasse don de sa personne au panier de crabe qu'est devenue notre arène politique. La légèreté de ton de ce billet sied à la perfection à la situation actuelle, tragiquement facétieuse elle aussi.
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