J'ai toujours été solitaire. Très peu d'amis. C'est gonflant les amis. Ça demande toujours quelque chose. Un coup de main, garder le chat pendant les vacances, arroser les plantes vertes....
Il m'a fallu arriver à l'âge canonique de presque trente ans pour apprendre à dire "NON". Dire ce qui me convient ou pas. J'ai toujours été un môme très effacé au point qu'il ne serait jamais venu à l'idée de qui que ce soit, moi le premier, que je puisse avoir des envies propres...
Trois ans d'analyses ont remis mon amour propre dans un état acceptable, j'ai pleinement assimilé les notions de liberté et de choix. Ça n'a pas toujours été facile. Des états dépressifs, des crises de larmes, de rires aussi. J'ai dépassé pas mal de saloperies et tant mieux.
Vous pensez bien que de là à être capable d'aller au devant des autres sans craindre de les tuer sur le coup en leur racontant ma vie tout à fait fascinante...il y avait une bonne marge. Pour ce faire, le blog est un truc fabuleux. Si le lecteur meurt d'ennui, je ne le sais pas, les morts ne laissent pas de commentaires.
Reste les autres, vous :
Les visiteurs occasionnels qui ne reviendront pas par peur de la faucheuse qui attend le moindre signe d'emmerdement pour leur tomber dessus. Ils passent, commencent à lire jusqu'à ce qu'ils s'enfoncent dans une torpeur sans fond dont ils s'extirpent à grand peine lorsque, de justesse, comme dans un dernier soubresaut avant une mort certaine par étouffement sous mes propos insipides, leur index va appuyer sur le bouton gauche de la souris, ce qui aura pour effet de les mener peut-être, de liens en liens, à des sites rigolos. Les plus chanceux tomberont sur le fan club de Patrick Sébastien et feront tourner les serviettes jusqu'au bout de la nuit, les autres iront lire autre part, des choses qui n'auront ni plus ni moins d'intérêt.
Les visiteurs réguliers et anonymes dont je ne soupçonne pas l'existence jusqu'à ce qu'ils se manifestent pas un mail, ce qui donne souvent lieu à des échanges assez drôles, toujours agréable pour moi. J'ai eu ainsi le plaisir de converser avec des gens absolument charmants qui me disent qu'ils aiment ce qu'ils lisent chez moi. J'ai beau faire des efforts, je comprends toujours pas comment c'est possible. Seraient-ils masochistes ?
Et puis il y a les autres, mes compagnons de névrose, les commentateurs, souvent blogueurs également. Ces gens que je visite aussi et chez qui je fais intrusion. Ce sont les fidèles, ceux-là même qui vont réussir à me faire croire que décidément, il y a peut-être quelque chose à sauver de mes fréquentes graphorées. Je ne cesse de dire et redire que ces gens là m'ont toujours surpris par un acte au combien symbolique...me mettre en lien sur LEUR blog! Pour un type qui à toujours été solitaire, être en lien avec autant de personnes qu'il ne connaît absolument pas, c'est une histoire de fou !! Au départ, j'y croyais tellement pas que j'écrivais personnellement un mot à tous mes "linkeurs" inattendus.
En effectuant un bref retour sur mon tout premier billet, je me suis bien amusé. Dans "Le type qui était affreusement normal", j'écrivais que je devenais normal et que ça me foutait les boules. Et bien j'ai compris aujourd'hui, en écrivant ce billet, ce qui a fondamentalement changé dans ma vie. Si je continue à penser que ce que j'écris est sans grand intérêt, ça ne me dérange plus du tout...
Tant pis pour vous !
Il m'a fallu arriver à l'âge canonique de presque trente ans pour apprendre à dire "NON". Dire ce qui me convient ou pas. J'ai toujours été un môme très effacé au point qu'il ne serait jamais venu à l'idée de qui que ce soit, moi le premier, que je puisse avoir des envies propres...
Trois ans d'analyses ont remis mon amour propre dans un état acceptable, j'ai pleinement assimilé les notions de liberté et de choix. Ça n'a pas toujours été facile. Des états dépressifs, des crises de larmes, de rires aussi. J'ai dépassé pas mal de saloperies et tant mieux.
Vous pensez bien que de là à être capable d'aller au devant des autres sans craindre de les tuer sur le coup en leur racontant ma vie tout à fait fascinante...il y avait une bonne marge. Pour ce faire, le blog est un truc fabuleux. Si le lecteur meurt d'ennui, je ne le sais pas, les morts ne laissent pas de commentaires.
Reste les autres, vous :
Les visiteurs occasionnels qui ne reviendront pas par peur de la faucheuse qui attend le moindre signe d'emmerdement pour leur tomber dessus. Ils passent, commencent à lire jusqu'à ce qu'ils s'enfoncent dans une torpeur sans fond dont ils s'extirpent à grand peine lorsque, de justesse, comme dans un dernier soubresaut avant une mort certaine par étouffement sous mes propos insipides, leur index va appuyer sur le bouton gauche de la souris, ce qui aura pour effet de les mener peut-être, de liens en liens, à des sites rigolos. Les plus chanceux tomberont sur le fan club de Patrick Sébastien et feront tourner les serviettes jusqu'au bout de la nuit, les autres iront lire autre part, des choses qui n'auront ni plus ni moins d'intérêt.
Les visiteurs réguliers et anonymes dont je ne soupçonne pas l'existence jusqu'à ce qu'ils se manifestent pas un mail, ce qui donne souvent lieu à des échanges assez drôles, toujours agréable pour moi. J'ai eu ainsi le plaisir de converser avec des gens absolument charmants qui me disent qu'ils aiment ce qu'ils lisent chez moi. J'ai beau faire des efforts, je comprends toujours pas comment c'est possible. Seraient-ils masochistes ?
Et puis il y a les autres, mes compagnons de névrose, les commentateurs, souvent blogueurs également. Ces gens que je visite aussi et chez qui je fais intrusion. Ce sont les fidèles, ceux-là même qui vont réussir à me faire croire que décidément, il y a peut-être quelque chose à sauver de mes fréquentes graphorées. Je ne cesse de dire et redire que ces gens là m'ont toujours surpris par un acte au combien symbolique...me mettre en lien sur LEUR blog! Pour un type qui à toujours été solitaire, être en lien avec autant de personnes qu'il ne connaît absolument pas, c'est une histoire de fou !! Au départ, j'y croyais tellement pas que j'écrivais personnellement un mot à tous mes "linkeurs" inattendus.
En effectuant un bref retour sur mon tout premier billet, je me suis bien amusé. Dans "Le type qui était affreusement normal", j'écrivais que je devenais normal et que ça me foutait les boules. Et bien j'ai compris aujourd'hui, en écrivant ce billet, ce qui a fondamentalement changé dans ma vie. Si je continue à penser que ce que j'écris est sans grand intérêt, ça ne me dérange plus du tout...
Tant pis pour vous !
12 commentaires:
comme dans tout moyen de communication, le côté positif du blog est, je trouve, la qualité des liens qui se créent entre chacun extrayant de sa névrose pour oser s'exprimer devant la toile vierge mais tellement visible de partout...Pas très clair, ce que je dis, phrase longue, j'ai bu un apéro pour arrroser ma solitude retrouvée...
Dans l'un des derniers numéros de Télérama, Fabrice LUCHINI reprend une remarque de FREUD qui disait à peu prêt ceci : l'analyse est réussie lorsque le pauvre névrosé, qui croit que sa misère est atroce, la découvre banale !
Tu te déprécies je crois. Cela dit, c'est bien vrai que la sociabilité sur le net et de visu est, souvent, radicalement différente.
Pour ma part, je te lis parce que j'aime le contenu, ce que tu dis, les idées que tu mets en relief, ton humour aussi qui matine plusieurs de tes billets. Tu as la qualité de savoir raconter des choses intéressantes (quand j'ai découvert ton blog tu parlais à ce moment-là des contes) mais sans gaver.
On sent aussi qu'il y'a quelqu'un derrière, mais pas quelqu'un "lambda" : une sensibilité. Après, elle parle ou non, c'est encore autre chose.
Par contre j'aime pas le vert de tes liens. (Ca fait moins lèche, comme ça :))
@Saperli : HAAAAA! Saperli est pompette!! (Depuis le temps que je voulais le caser celui-là !!)
@Dom: Tout à fait, comme je l'avais expliqué dans un billet que j'avais intitulé "Psychologie du bonheur mon cul!" (quelle classe!!), tout le génie de Freud a été de comprendre qu'il fallait se saisir d'un malheur névrotique pour en faire un malheur normal et donc, facilement "dépassable" par le patient.
J'applaudis ta culture! (clap, clap, clap)
@Nicolas: Ben c'est drôlement gentil tout ce que tu dis là. Pour le vert des liens, je pense faire quelque chose puisque j'aimais bien le coté acidulé au début, mais en ce moment, à chaque fois que j'ouvre mon "chez moi" virtuel, je frôle la crise d'épilepsie...
A voir...
;) :p :$
Ecrire pour soi, c'est la seule bonne raison d'écrire. Et le comble, c'est que c'est là que les lecteurs rappliquent !! ;)))
Je t'ai "linké" parce que j'apprécie ton style et ton humour. Il me semble à l'époque que j'étais le premier. Depuis d'autres t'ont découvert et apprécié. Vive ta "normalitude" (à ne pas confondre avec la bravitude, merci ;-) )
@ 6L20: (~!~)°#??
@ Matoo: Entièrement d'accord, de plus ils réagissent à des choses par lesquelles on pensait être les seuls à être touchés...Nous ne sommes donc pas unique !! Comme toi, j'ai été très touché par les mégalithes! ;))
@ Matorif: Content que tu sois revenu enfin sur la toile, tu commençais à me manquer un peu. Ton ravalement de façade est un succès... Je parle de ton blog bien entendu ! -_-'
Je me souviens que tu as été THE FIRST à me linker, ce qui t'a valu un courrier de ma part te demandant pourquoi....ça n'avait aucun sens!!
J'aime bien le lyrisme de ce patchwork qui nous emmène loin de considérations prosaïques.
Je suis pas sûr de comprendre ce que tu dis mais ça m'a l'air tout à fait pertinent...j'acquiesce !
Bon d'accord, je suis incompréhensible ! Ça se voulait gentil ; Patchwork en référence à la mosaïque de visage et bien entendu de tes billets qui sont loin d'être commun.....
Mon cher Dom, tu touches voluptueusement mon égo qui ne supporterait pas qu'on me taxe de garçon banal. Merci ;))
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