Premier jour:
Nous arrivons la tronche en biais après six heures de voiture pour faire l'état des lieux avec nos amis. D'entrée, une belle dispute sur le parking entre les deux tourtereaux. C'est également la première fois qu'ils voient le logement pour de vrai puisque tout s'est fait dans la précipitation. Coup de pot, tout semble leur convenir. Du reste, ils n'ont pas le choix, leurs meubles arrivent dès le lendemain.
Deuxième jour:
Une entreprise ultra connue de déménagement débarque de bon matin avec les meubles. Question : Comment fait-on pour faire passer un 19 tonnes dans les ruelles étroites d'une bourgade dont le centre (où se trouve le logement) date de l'époque médiévale? C'est là que l'on comprend pourquoi l'église avait un tel pouvoir sur les hommes de cette période. Nous avons prié très fort pour que Dieu bouge les maisons de quelques centimètres.
Les petits inconvénients inhérents aux déménagements s'accumulent, le couple s'engueule, les livreurs se marrent, Hector et moi nous nous occupons de leur enfant de 14 mois, "Tête de clou" pour que les parents ne l'aient pas dans les pattes, et surtout, pour que ce pov' pitit bout de chou ne soit pas trop déstabilisé par cette atmosphère à la con.
Troisième jour:
Il faut commencer à déballer les cartons.
Problème : Il n'y a pas de meubles pour la cuisine, il faut donc aller en acheter. Une voisine nous indique qu'il y a, à 15 Km, une grande zone commerciale où on trouvera sans problème ce qu'il nous faut. Nous pensions y passer 1 heure à tout casser. Nous avons roulé 2H30 pour trouver la fameuse zone. Après avoir fait plusieurs magasins, nous nous sommes résignés à acheter chez "CON-for-à-moi " qui vend à des prix exorbitants des meubles de merde. En comptant la pause déjeuner rapide mais nécessaire (nous trimballions avec nous, la tête de clou que nous avons complètement géré. On est vraiment des super-tontons!!), les trois quart-d'heure passés à chopper un des vendeurs qui semblaient tous avoir déserté le rayon "cuisine", et enfin le retour : 6 heures de galère au total. 6 longues heures pour un aller-retour dans un magasin à 15 Km... Une légère envie de mourir.
Lorsque nous avons ouvert les cartons, des meubles abîmés, des pièces manquantes, les planches mal percés, trop ou pas assez, pas au bon endroit, bref, un vrai merdier.
C'est a ce moment que je me souviens avoir craqué nerveusement. Je suis parti en sucette, entre fou rire et crise de larme; un xanax et au lit.
Quatrième jour:
Nous avons monté les meubles tant bien que mal. Au final, la pièce ressemble presque à une cuisine. Tête de clou semble tout à fait serein. Pour nous protéger de tout ce stress, Hector et moi partons nous promener pour l'après-midi, loin des meubles en kit, loin des coups de gueule gratuits, loin des cartons sordides, pour aller là où les amoureux complices vont se cacher: dans leur monde à eux. Malgré le temps gris, nous affichions les grands sourires des gens qui aiment passer du temps ensemble. A notre retour, les choses étaient appaisées.
Cinquième jour:
De bon matin, nous reprenons la route en nous disant que finalement, notre vie, elle est pas si compliquée.
Tout comme Molière, ça me laisse songeur...
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