En parlant de "mère":
Jeudi matin, le téléphone sonne :
-"Allô?" (dis-je, très concerné et un tantinet agacé d'être interrompu en plein glandouillage)
-"C'est moi". Ma mère avec la voix des très mauvais jours. Elle craque "C'est la copine de ta soeur, elle m'a appelé hier, ça va mal,... c'est ta sœur, Maya, elle a essayé de se suicider ! Son ex l'attaque en justice et elle risque 75 000 euros d'amende et 5 ans de prison. Elle pourra jamais payer !!"
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Enclenchement automatique...Lutte contre angoisse maternelle...recherche de procédure...
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Leçon N°1, apprise il y a bien longtemps : Ne jamais écouter ma mère qui ne raconte que des conneries.
Leçon N°2 : Ne pas perdre mon temps à essayer de lui faire comprendre qu'il vaut mieux une fille pauvre, qu'une fille morte.
Leçon N°3 : La laisser parler, serrer les dents et attendre que ça passe. Je sais par expérience que lui dire que son angoisse à elle peut peut-être attendre, qu'il vaut mieux gérer celle de ma frangine, lui dire qu'il faut garder la tête froide, la fait automatiquement exploser.
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"bla, bla, [...], Il faut que tu l'appelles !" me dit-elle.
A cet instant du récit, je me dois de souligner deux ou trois petites choses :
Pour ceux qui ne connaissent pas ma mère, reportez-vous au billets précédents (je vais finir par créer un onglet bien spécifique, je pense).
Cette femme maîtrise admirablement l'art d'angoisser les gens, de les culpabiliser, et, si par malheur, vous montrez que vous prenez de la distance avec les horreurs qu'elle balance, elle se lance dans d'interminables imprécations, conjurations en tout genre, vous vouant à une éternité de tourment au fin fond des neuf enfers, où vont griller les fil(le)s indignes. Vous l'aurez compris, ma mère, c'est à la fois la sobriété et retenue incarnées.
Bref, je tente de la rassurer en lui disant que si il s'était passé quelque chose de grave, nous aurions certainement été prévenus avant. De mon côté, je crève d'angoisse sans le montrer pour ne pas affoler la reine mère, plus qu'elle ne l'est déjà. Je lui promets d'appeler ma frangine pour avoir de ses nouvelles.
Aussitôt après avoir raccroché le téléphone, je prends une grande bouffée d'oxygène.... Ma main ne tremble plus ? Non? C'est bon ! J'appelle ma frangine.
Au premier abord, j'ai bien fait de ne pas céder à la panique. Explication est simple : Oui, ma sœur va mal, non, elle n'a pas essayé de s'autodétruire, oui, son ex lui a envoyé une lettre la menaçant d'action en justice pour différents motifs plus où moins honnêtes, mais non, à ce jour rien n'est fait.
En creusant un peu, j'apprends que c'est après avoir téléphoné à ma mère que ma sœur a eu une vieille envie de mourir... sans commentaire.
J'ai donc rappelé à ma chère maya que si ça va pas bien du tout, elle peut me joindre directement. Que notre mère est complètement fracassée, qu'elle n'a jamais su être rassurante et qu'à priori, c'est plus à son âge qu'elle va acquérir le sens du discernement.
Donc un début de week-end marathon ou j'ai (essayer) apaisé l'angoisse de Maya, qui va pas bien du tout et l'angoisse de ma mère.
Ce qui est terrible dans tout ça, c'est que le risque est réel pour Maya, que ma mère ne se rend absolument pas compte du mal qu'elle fait aux gens (mon autre sœur, Hélène, en a également fait les frais). Elle fout la panique, accuse les autres d'inertie, et retourne dans son quotidien sans se soucier des conséquences de ses actes.
En Mai, fais ce qui te plaît.
4 commentaires:
Ça va peut-être paraître choquant, surtout que la situation n'a rien de plaisant, mais plus tu parles de ta chère Mère et plus je l'apprécie. A moins que ça ne soit ta manière d'en parler qui me plaise.
A tout prendre, je crois qu'il vaut mieux que certains personnages restent dans le domaine du mythe et que tu sois le conteur.
Bonne nuit...
c'est parfois pas volontaire.
ou inconscient.
ou tout a fait l'inverse!
Je devrais moins me plaindre de ma mère, je constate toujours l'existence de spécimens moins faciles...
Après, les parents, faut les accepter comme ils sont (on leur demande bien de nous accepter comme on est, hein) : ils font ce qu'ils peuvent, avec le caractère et le vécu qu'ils ont, et il est bien trop tard pour décréter qu'ils n'étaient pas capables d'être bons dans ce rôle... même si, souvent, ça fait ch**r, quand même !
Courage quand même pour tout ça ! :)
Les mères ont toutes un point commun, mine de rien : celle de nous fournir de la matière :)
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