
Il y a quelques temps de cela, les Parisiennes descendaient dans les rues pour réclamer du pain au Roi, bientôt accompagnées de leurs familles (putain de pouvoir d'achat !). Les évènements qui se succédèrent menèrent à la prise de la Bastille. Cette prison Royale alimentait les fantasmes du peuple. Les badauds pensaient y trouver nombre d'opposants au régime et autres malheureux injustement enfermés. évidemment les arrestations arbitraires étaient courantes, mais si ma mémoire est bonne (ben oui, j'y étais), la réalité qu'ils découvrirent était bien différente puisqu'il ne devait y avoir que 5 ou 6 détenus. Différente également la vie de Versailles lorsque les Parisiens firent irruption au château en pensant y trouver du luxe à profusion, des bijoux, de l'or et toutes sortes de merveilles.

Louis XVI, Loulou, pour les intimes, loin de l'image de gros benêt qu'on lui a donné, était un homme fin et très cultivé, une tête, comme on dit. Son plus grand malheur a été de ne pas s'être rendu compte du virage qui venait de s'amorcer dans les esprits.
Loulou seizième se fit donc raccourcir le 21 janvier 1793 avec une résignation et une classe assez peu commune. Sa passion pour les sciences le poussa même, sur l'échafaud à se retourner vers son confesseur pour lui demander : "Des nouvelles de monsieur Laperouse?".
Je ne souhaite pas aller plus loin dans mes propos de peur de dévoiler mon Royalisme latent, mais vous conviendrez qu'un chef d'état capable de mourir aussi bien doit être honoré...
Ensuite, apparurent les fonctions de Président de la République, de conseil constitutionnel et de Simone Veil...(quoique pour la dernière, je ne suis pas sûr du tout..)
Bref, la démocratie était en marche. Ce vénérable concept permettait désormais à n'importe quel traîne-patin de donner son avis sur des choses très sérieuses auxquelles il ne comprend rien. C'est beau ! Régulièrement on organise ce qu'on appelle des "campagnes électorales" ou le chef d'un parti décide unilatéralement que les Français ont très très envie d'être représentés par lui. Dès lors, cet individu (homme ou femme) va expliquer aux gens qu'il est comme eux, en allant les emmerder pendant qu'ils font leurs courses au marché, et même sur leur lieu de travail.Pour bien montrer qu'il est intelligent et qu'il peut résoudre les problèmes de la populace qu'il affectionne tant, il va tenir un discours "rassembleur". Le principe est simple. Tu prends les grands stéréotypes qui font recette auprès des masses populaires (riches et pauvres) et tu essaies de trouver des idées qui collent parfaitement en les accompagnant d'un slogan choc :
-La force tranquille. (Vous inquiétez pas, je connais mon boulot, pensez à autre chose, ça va passer)
-Mangez des pommes ! (Vous ne serez pas moins cons mais vous aurez le ventre plein et une bonne raison d'avoir la courante)
-Ensemble tout est possible. (Si vous êtes capable de voter pour ce que je représente, c'est vraiment qu'un miracle n'est pas improbable)
Ce ne sont que quelques exemples de slogans qui ont fait leurs preuves.
L'homme de la rue joue donc un rôle très important dans la démocratie puisqu'il fait le choix de cautionner une liste de course (appelé "programme politique") plutôt qu'une autre. L'homme de la rue étant un peu con par nature, il achète sa came au VRP qui lui propose un produit pas trop dégueulasse et présentant le moins de contre parties possible.
Par exemple : Si tu votes pour moi, je te donne des sous et je te débarrasse des gens que tu n'aimes pas.
Comme dans toutes les relations commerciales, il y a parfois des déconvenues. C'est ce qui explique qu'il est difficile de fidéliser une clientèle comme en attestent les sondages d'opinions qui tombent toutes les trente secondes.
Parfois, des clients mécontents se manifestent pour rappeler le VRP à ses engagements, ce dont, la plupart du temps, il se fout complètement puisque son métier, c'est de vendre, et non pas de faire du service après-vente! (Et même que souvent les manifestations de mécontentement passent inaperçues !!)Les clients les plus fidèles sont appelés des "militants". Alors là, c'est encore autre chose. Ce sont les clients à qui tu peux sans crainte refiler des poupouilles "second choix" au prix du neuf sans que cela ne pose de problème. Ces gens-là sont formidables car ils sont allés tellement loin dans leurs engagements commerciaux, ils ont tellement investi, qu'il ne peuvent plus faire machine arrière quitte à nier leur insatisfaction ou à défendre des idées qu'ils auraient trouvé inacceptables venant d'un autre VRP. De même, de bonnes promos se trouvent refusées pour des raisons similaires. Le top du top étant de reporter leur insatisfaction sur la concurrence de leur fournisseur alors qu'il n'ont jamais fait d'affaire ensemble...
Il est important d'insister sur le fait qu'à l'origine, la République est fondée sur un idéal de liberté d'égalité et de fraternité. Peut-être que le mot "idéal" est un peu compliqué à comprendre tant il n'est plus très usité. Aujourd'hui, on parle de réal-politique, de pragmatisme et il est vrai que les idéaux sont tombés en désuétude. On les qualifie maintenant d'UTOPIE.
Lorsqu'une personnalité politique dit à un interlocuteur qu'il est utopiste, c'est une manière élégante de lui dire qu'il est un gros couillon qui croit encore au Père Noël. Retenez bien ce mot, il est important : U-T-O-P-I-E.
Un bon exemple est celui de l'école républicaine et laïque. Cette école a été pensée dans le but d'être le creuset de la République où on apprendrait aux enfants à respecter et appliquer ces mêmes valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité.
Aujourd'hui, on célèbre la prise de la bastille qui fut un acte fondateur dans l'accouchement douloureux de la République Française. Il y a donc un défilé ou le Président VRP de la susdite République passe en revu les troupes. Les gens sont en liesse devant les colonnes de chars et les lignes de légionnaires, agitant les fanions et les drapeaux tricolores.
On mange du saucisson, on boit du rouge, et on danse en se congratulant d'avoir dégommé les Bourbons avec une inconscience admirable. C'est un de ces moments de débordement de joie où le quidam se glorifie de sa nationalité en portant la main sur son cœur et en chantant à plein poumons un chant guerrier qui parle de "féroces soldats" et "d'étendard sanglant", bref que des choses propices à la fête et au bonheur.
Le 14 juillet, c'est aussi le moment où on se remémore les grandes dates de notre histoire comme pour nous rassurer : 1515 Marignan, 1792 Valmy, 1918 l'armistice, 1944 la bataille de normandie.
Donc le Français moyen se repasse le film d'une prétendue grandeur passée histoire de se voir comme un fils de héros, célébrant les victoires à grands coups de sabres, de reins ou de tondeuses sur ma grand tante Jeanne.

C'est beau la République. C'est beau la France.
5 commentaires:
bonne analyse...
trop fort, tellement vrai!
@ Saperli: j'aurais aimé la pousser plus loin mais j'ai eu peur que ça passe pour de l'acharnement !
@ The 6L20: Il s'agissait juste de décrire ce que j'observe.
Excellent billet.
Rien à ajouter.
@ chondre: Rhoooooo merci bien mon chonchon!...
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