dimanche 27 juillet 2008

Les témoins du passé

Je pensais me donner un peu de temps avant d'écrire cet article mais l'envie de dire, d'écrire est trop pressante. La famille est un thème au combien universel et maintes fois rabâché et pourtant...

Quelques soient les occasions, mariages, enterrements, anniversaires, la famille est là pour nous rappeler à l'ordre et surtout au temps qui passe. D'ailleurs qu'est-ce donc que cette entité que l'on nomme famille. On peut y voir un ensemble de personnes qui est à l'origine de notre histoire ou, tout du moins, qui en a fait partie.


Je pensais me donner un peu de temps

Ces gens ont grandi en même temps que nous. Ce sont les frères, sœurs, cousins et cousines. Je les aborde en alter égo. Il règne entre nous une complicité de "tireurs de sonnettes", pour reprendre l'expression de Desprosges, qui fait que nous sommes à l'aise les uns avec les autres. Lorsqu'on se retrouve, il y a de la malice, des sourires, des souvenirs des vacances passées ensemble, des cabanes au fond du jardin, des batailles de boue (véridique) et des copieux goûters de mère-grand Polyphème qui s'échinait à nous traiter d'égal à égal en empilant pour chacun du pain, du beurre et de chocolat sur le coin de sa table de cuisine. L'enfance est un parfum tenace...

Je pensais me donner un peu de temps

D'autres ont vieillis pendant que nous grandissions. Nos parents, grands parents, tantes et oncles. Même si j'ai chopé beaucoup de recul sur mes ainés, je les vois encore avec mes yeux de môme. Je pense toujours au caractère abominable de certaines de mes tantes qui se crêpaient le chignon pour des choses absolument futiles et qui, aujourd'hui encore, peuvent se mettre en rogne en évoquant leurs discordes. Mes parents vieillissent et mère-grand ne sera bientôt plus. Les bruits de leurs disputes et des fêtes de familles passées s'effacent au profit des nôtres, nous, les nouveaux adultes.

Je pensais me donner un peu de temps

D'autres aussi, grandissent pendant que nous vieillissons. Et là,...là, c'est carrément l'angoisse.
Mes collatéraux ont presque tous des enfants, maintenant. Mon désir à moi, l'adoption, la démarches infructueuse entreprise avec Hector ne s'en font que ressentir plus douloureusement. Je ne pense pas en avoir déjà parlé ici. Je suis trop pudique pour certaines souffrances trop intimes.
Donc, ils sont tous parents. Le temps semblait s'être arrêté pour moi. En les voyant hier, j'ai dû m'éloigner discrètement de la cohue pour me ressaisir. Mes presque 30 ans avaient décidés de se rappeler à mon bon souvenir assez férocement. Ces enfants, dont certains sont très jeunes, sont mes petits cousins. Autant dire que pour eux, je ne suis et ne serai jamais rien d'autre qu'un "grand" de passage dans leur vie et dont ils ne garderont qu'un souvenir assez flou...et encore. Ils grandissent et je vieillis à mon tour.

Je pensais me donner un peu de temps

Peut-être que dans quelques années, certains d'entre eux écriront sur le thème au combien universel et maintes fois rabâché de la famille. Ceux qui se souviendront vaguement de moi diront que j'ai été le témoin de leur passé.






Je pensais me donner un peu de temps...

5 commentaires:

Anonyme a dit…

oui sympa de lire ça quand on vient de "fêter" son anniversaire....

Anonyme a dit…

Serait-ce le retour de noces qui te met dans cet état?

Pfiou, la descente!

Amicalement.

Al.

Anonyme a dit…

je pense que tu es encore jeune et que tout peut arriver, ne te désespère pas.

Polyphème a dit…

@The 6L20: Bon anniversaire mon grand ! Je cours sur ton blog voir si tu as publié quelque chose pour l'occasion...Sinon, ça va chauffer!!

@Al west: Oui, je crois que les gros moments de bonheur, ça ne me vaut rien. J'ai pris une tarte dans la gueule !!

@Saperli: Je suis triste mais pas complètement résigné!

Anonyme a dit…

quel beau texte...
je sais pas si ca fait ca à tout le monde, mais c'est exactement ce que je ressent...