Problématique mal posée.
Le débat m'apparaît faussé en présentant L'homosexualité comme étant un comportement invariable et unique dans sa manifestation. Nous ferions mieux de parler D'homosexualité, dans la mesure ou le terme est unique pour désigner un ensemble de pratiques sexuelles variées. Notez que je parle là (et à tort) seulement de la sexualité dont la base physiologique est évidente et mesurable, alors qu'il convient de parler également de la part d'affectif qui joue un rôle extrêmement important.
Pour résumer, on peut penser que l(es)'homosexualité(s) est un comportement dont les déterminants sont nombreux et dont je ne citerai que les trois principaux :
-Le facteur physiologique qui serait lié à la constitution biologique de l'individu et, à ce titre, pourrait nous renvoyer à la question du patrimoine génétique. C'est donc un facteur interne.
-Le facteur psychologique qui nous confronte à la constitution du psychisme humain dans toute sa complexité et qui nous questionne sur le parcours de chacun, ses expériences, ses traumatismes, etc...
-Enfin, le facteur contextuel. Selon les époques observées, les coutumes, les mœurs et le concept même de moralité vont être abordés différemment.
Simon LeVay a publié en 1991, un article dans la revue "Science" où il explique qu'il a pu observer grâce à l'IRM (imagerie à résonance magnétique) une différence significative entre des hommes hétérosexuels et des hommes homosexuels concernant la taille d'un noyau de l'hypothalamus.
Je rappelle que l'hypothalamus est une structure se situant en haut du tronc cérébral qui est en quelque sorte notre cerveau primitif. Les fonctions gouvernées par le tronc sont les plus vitales à la survie de l'espèce : manger, boire, se réchauffer, dormir et se reproduire (dans le cas de l'homosexualité, il y a comme un iatus !!).Donc en explorant cette structure cérébrale, S. LeVay découvre que le noyau est plus gros chez l'hommme homosexuel que chez la femme mais moins gros que chez l'homme hétérosexuel.
Il prend donc le parti de dire que les homme naissent homosexuels puisque la biologie est là pour en attester.
Or, on peut tout aussi bien prendre le problème dans l'autre sens pour expliquer cette différence.
Au lieu de dire que la biologie détermine le comportement, on peut, au contraire, avancer que c'est le comportement qui, par la répétition de l'expérience, va modifier le cours du développement de cette structure cérébrale. On connaît depuis longtemps le fameux principe de plasticité cérébrale qui nous démontre que l'environnement nous pousse à des comportements qui vont modifier les réseaux neuronaux en facilitant l'accès de certains circuits et en inhibant d'autres.
Pour nous en convaincre, il suffit d'observer l'IRM d'une personne atteinte de cécité. On y verra un cortex visuel atrophié et des aires tactiles en pleines extension (la perte de la vue entraînant la réduction des neurones liés à la fonction visuelle alors que l'apprentissage du braille va pousser à la création de nouvelles connexions neuronales inexistantes jusqu'alors.).
On observe d'ailleurs que l'ablation de ce noyau de l'hypothalamus chez le rat ne modifie en rien son comportement sexuel.
L'homosexualité ne se déclarant clairement qu'à l'âge adulte, peut-on en déduire que la taille du noyau neuronal chez l'enfant aurait une valeur prédictive pour son mode de vie future?
Dean Hamer et ses collaborateurs avancent l'hypothèse que si la différence dans les préférences sexuelles est d'origine génétique alors on devrait pouvoir la constater dès la naissance.
On a observé des enfants issus de familles présentant une forte inclinaison pour l'homosexualité (oncles, cousins,...) pour déterminer qu'il y aurait certainement un lien avec le chromosome X. Cependant, ces recherches sont encore très controversées.
Pour être honnête, il faut admettre que le problème n'est pas réellement l'origine du comportement mais plutôt l'utilisation qui va être faite de cette connaissance. Pour mémoire, certains dirigeants d'ici et d'ailleurs, d'aujourd'hui et d'hier ont fait reposer leur politique sociale
sur des pseudo connaissances scientifiques qui ne trouvaient leur justification que dans la caution de programmes douteux et d'idées nauséabondes.
sur des pseudo connaissances scientifiques qui ne trouvaient leur justification que dans la caution de programmes douteux et d'idées nauséabondes.(Il n'y a pas si longtemps, les propos ineptes de Christian Vanneste devant la représentation nationale nous ont douloureusement ramenés à la fragilité de notre condition. Je ne parle pas des déclarations du candidat Sarkozy pour "Philosophie magazine" ou il affirmait sans rire (et sans compétence) que la schizophrénie, le suicide et la dépression était d'origine génétique.) Les psys ont beaucoup ri, les malades, un peu moins...
Le malentendu.
Le gros problème de la recherche sur la mise en relation entre la génétique et certains comportements est que le sujet sort vite des mains des experts pour arriver "brut de décoffrage" dans les oreilles du grand public. Il arrive souvent, même aux gens compétents (médecins, personnels soignants et autres) d'opérer des raccourcis dangereux sans mauvaises intentions, alors imaginez le désastre lorsque ces révélations fracassantes font irruption dans la petite tête du Français moyen...
Pour ce genre de recherche, la psychologie différentielle (qui étudie les différences entre les individus) utilise la méthode dite "des jumeaux". Sur le trait étudié, on observe d'un coté, les monozygotes (génétiquement identiques à 100%) et les dizygotes (semblables à 50%, comme des frères et soeurs "tout venant"). A partir de ces observations, on calcul la probabilité de l'apparition du trait étudié dans le couple gémellaire. C'est l'Héritabilité. Or, cette héritabilité n'est qu'un chiffre, une statistique, une constatation qui, si elle est dénuée de toute explication n'a absolument aucun sens.
Elle est souvent confondue, à tort, avec l'hérédité, qui est le principe par lequel des géniteurs transmettent une caractéristique à leurs bambins.
Cependant, ces recherches ne répondent pas à une question fondamentale, à mon avis : S'il était démontré qu'il y a une implication génétique, cela ne remet pas en cause les autres explications possibles...
...après tout, il y a plusieurs manières de chopper un rhume : ne pas se couvrir suffisamment en hiver ou dormir à poil en été, à côté d'un ventilateur !
ATCHOUM !!....
Pour finir, j'ajoute que les seuls professionnels sérieux qui ont osé défendre la thèse du tout génétique se sont souvent révélés eugénistes ou préoccupés par le commerce des pilules miracles qui font pousser les quequettes.
4 commentaires:
Rha-là-là, ménon, ce n'est ni chiant, ni...
chiant.
En revanche, mon ignorance n'a pas trouvé la définition de l'héridité (dans le Petit Larousse™ grand format de l'assistante en or que j'avais sous la main -le dico, pas l'assistante) : s'agirait-il de l'hérédité chez le hérisson?
Tu as ouvert la boite de pandore (ma curiosité), mais ma soif de connaissance reste un peu sur sa faim devant le mutisme du Larousse(™, toujours) sus-évoqué. Ah ces ouvrages grand public!
Amicalement.
Al.
Mon cher Al, pas de quoi complexer, c'est moi qui ai fait une connerie, ou plutôt une faute de frappe (putain de polio). C'est hérédité et non héridité (qui à ma connaissance, ne veut rien dire).
Je pense que ce mot te parle plus, non?
Je pense qu'avec nos deux cerveaux géniaux, nous allons révolutionner le monde !!
l'on cherche toujours une explication scientifique a tout.
mais finalement c'est un ensemble de facteur en effets.
qui dans tous les cas il est impossible de définir car chaque individu est différent.
même si l'on veut et peut trouver des caractères communs.
et les Bi alors? des demi hetero ou des super homo? il se pencheront sur eux quand il en auront fini avec les homo?
et ont ils cherché la même chose chez les hetero?
ils arrivent a l'expliquer l'hétérosexualité?
Euh, pas mieux.
Et le gène du blogueur un peu pédé?
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