mardi 8 juillet 2008

De l'art d'être inexistant.

Au travers de tout ce que j'ai pu écrire depuis plusieurs mois transparaît la silhouette d'un être hors norme. Cet individu, toujours prompt à la maladresse, n'a eu de cesse depuis une vingtaine d'année de chiffonner mon amour propre et de s'assoir sur mon égo.

S'il m'arrive parfois de chopper la grosse tête, il est une seule chose qui puisse en un temps record me ramener à la réalité de mon insignifiance : MA MÈRE...

J'ai eu l'occasion de la décrire sous les traits d'une femme fuyant les fêtes de famille, ayant un goût de chiottes pour faire des cadeaux, ou comme une dévoreuse de pénis de Martiens (oui, je sais, ça surprend un peu).

Dimanche matin, la Madone des casses couilles m'est encore tombée dessus...

Un dimanche matin, alors que je me préparais pour aller bosser et qu'Hector, était en pyjama devant un jeu vidéo, on sonne à l'interphone. Un dimanche matin à cette heure matinale? Qui cela pouvait-il bien être?

Je décroche
-"Oui?..."

-"C'est moi, je viens boire un café...!"

-"???...Bah...entre..."

Me rendant au devant d'elle dans le jardin, elle me dit bonjour et m'assène d'emblée :"Je voulais voir ton frère mais comme il est pas là, je viens te voir toi !"

...ça, c'est fait !...


Je lui demande d'entrer en précisant que j'ai peu de temps avant d'aller travailler et que les gens normaux, le dimanche matin à cette heure, ils dorment, et qu'il vaudrait mieux à l'avenir qu'elle préviennent avant de débarouler chez moi.

Hector en bon gendre, descend l'escalier, la gueule un peu en vrac, lui dit bonjour et se joint à nous. Je prends le temps de faire du café pour la sexagénaire pendant qu'elle taille la bavette avec mon amoureux. Ils semblent avoir toujours beaucoup de choses à se dire... Je les observe et leur apporte le café... Elle continue à lui parler comme si j'étais complètement transparent...

Au bout de quelque minutes, elle se lève en buvant la dernière gorgée et lance un magistral : -"Bon ! ben... Hector merci pour le café, j'me sauve!"

-"C'est moi qui te l'ai fait !" lui dis-je.

-"Oui, allez au revoir!"

Je trouve absolument fabuleux la capacité de cette femme à vivre en ignorant complètement la présence des autres (en l'occurrence, moi !). Pas étonnant que j'ai grandi avec la sensation de n'être rien ni personne. Dans mon jargon, un type aussi effacé et d'un manque total de personnalité est appelé "une gomme".



L'avantage de ce genre de relation, c'est que j'ai pu apprendre très tôt la valeur de l'humour...J'en ris encore.

4 commentaires:

Anonyme a dit…

vache!

Polyphème a dit…

@ The 6L20: Oui, je sais, on a toujours du mal à y croire...

Anonyme a dit…

on peut dire aussi

Peau de vache!

Polyphème a dit…

Ou vieille peau de hareng selon l'expression consacrée.