mercredi 5 novembre 2008

Du racisme ordinaire

Le racisme ordinaire c'est de penser que le type un peu basané arrêté à coté de nous au feu rouge, a forcément acheté sa grosse BMW avec de l'argent sale.
C'est aussi le petit flicaillon qui se fait plaisir en contrôlant 5 ou 6 fois par jour un reubeu, pour peu qu'il soit jeune, il prend son pied. Il le tutoie, chose qu'il ne ferait pas avec un blanc, il provoque et bien entendu, use de son pouvoir lorsque le type en face, n'en pouvant plus, l'envoie chier. Le tout sous le regard approbateur des bonnes gens de France qui trouvent que la police fait bien son travail et qu'une petite paire de claque à un gamin menotté ne peut pas faire de mal.

Ce racisme ordinaire pousse des mômes à courir le plus vite possible, dans les banlieux de Chicago ou de Paris, pour éviter les mauvaises rencontre avec l'uniforme, synonyme d'humiliation et de violence. On se cache comme un rat dans une ruelle sombre ou dans un transformateur électrique avec les conséquences que l'on connaît.

Dans ce cas là, le racisme ordinaire est une arme fabuleuse, puisque l'honnête homme de la rue, poussé par un politique crapuleux, se dit que si ces jeunes étaient en fuite, c'est qu'ils avaient quelque chose sur la conscience. "Non", auraient-ils pu répondre, "juste une boule sur l'estomac".

Peu importe, les vivants parlent, pas les morts. Le tribun habile a forcément raison auprès d'une population qui ne demande qu'a être aveugle.

Qui se souvient, aujourd'hui de Zyed Benna, 17 ans, et Bouna Traore, 15 ans... Personne.

Notre Président s'en est-il souvenu, cette nuit, lorsqu'il a balancé son communiqué félicitant Barack Obama pour sa brillante victoire?

J'espère que vous dormez bien, monsieur le Président, moi, je n'ai pas oublié et je sais qui vous êtes.


2 commentaires:

Anonyme a dit…

se regarder en face qui peut encore vraiment aujourd'hui?

Anonyme a dit…

@the 6l20, celui qui sait garder son intégrité et respecte son voisin.
@Polyphéme, beau post bien senti et bien vrai.