Quel est la différence de traitement médiatique entre un honnête homme qui a eu un petit coup de mou et un malade qu'il faut enfermer à vie?
Le hasard fait bizarrement les choses. Il y a quelques jours, l'horreur a encore déferlée dans nos journaux. On apprenait qu'un patient d'un hôpital psychiatrique, vraisemblablement atteint d'un pathologie lourde, avait poignardé un jeune homme qui sortait d'un commerce. Je me souviens d'ailleurs que tous les journaux ont insisté sur le fait que la malheureux était un jeune enseignant chercheur. Je n'avais pas pu m'empêcher de me poser la question suivante (vous commencez à me connaître, vous savez que je suis vicieux) : Aurait-on donné autant de précisions, l'affaire aurait-elle été moins dramatique, si la victime avait été chauffeur-livreur?
Il n'en fallait pas plus pour que les vieux démons sécuritaires reviennent sur le devant de la scène médiatique. On a donc reparlé des projets de lois visant à enfermer à long terme les malades jugés dangereux. Lorsqu'il m'arrive d'aborder le sujet avec des gens de ma famille, j'ai toutes les peines du monde à leur faire comprendre ce qu'est une pathologie mentale. D'ailleurs, j'échoue systématiquement. Il est vrai que c'est compliqué, abstrait et surtout, pas rassurant.
Donc les professionnels de la santé ont beau expliquer au public (qui s'en fout) que le meilleur moyen d'éviter ça c'est de donner à la psychiatrie les moyens de soigner les patients correctement, tout cela reste lettre morte. Il en va toujours également d'amalgames vaseux entre le patient de la psychiatrie et le criminel fourbe feignant la folie pour échapper à son châtiment.
Hier, un député Français semble avoir laissé éclaté sa dépression en commettant l'irréparable. Après avoir battu et tué sa compagne à coup de revolver, il s'est donné la mort.
L'article de presse fait état de la grande détresse de l'homme qui a sombré dans la dépression à la suite d'un revers électoral. On parle de consternation et de l'émotion des amis politiques. Je remarque qu'il n'y a pas de relance sur la dangerosité des patients de la psychiatrie (puisque l'homme en question avait déjà effectué un séjour en maison de repos).
Pourtant, dieu me patafiole (dirait un Desproges), la différence est que le député a supprimé deux vies et non une!! Où sont donc tous les chiens qui aboient lors du passage des caravanes? Rien? Pas un miaulement?...
L'indigné de service que je suis ne peut donc que reposer la question :
Quel est la différence de traitement médiatique entre un honnête homme qui a eu un petit coup de mou et un malade qu'il faut enfermer à vie?
3 commentaires:
Pour répondre précisément à ta question, mon cher Polyphème (et même si je botte en touche et que tu trouves ma réponse sibylline) je dirai : dans un cas, le patient -ainsi que son ex-compagne- est mort, on ne peut donc plus rien pour lui, qui ne menace désormais d'ailleurs plus grand monde, alors que dans l'autre, il va bien falloir trouver une solution pour l'avenir.
Mais je crains que cela te fasse soupçonner une mauvaise-foi prompte à dédouaner une propagande médiatico-sarkozyste.
Toujours amicalement.
Al.
Fait attention, ta mauvaise foi va finir par égaler la mienne!! ;)
Rhô, bé y a de la marge, quand même, non ?
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