dimanche 24 janvier 2010

Abracadabra !!

A la différence de Michael Jackson et de Michelle Torr, je suis encore de ce monde.

Aucun extra-terrestre ne m'a enlevé. Fadela Amara (en parlant d'extra-terrestre) ne m'a pas Karcherisé.

Je suis très absent. Plusieurs raisons, la première est que j'ai besoin de souffler un peu. La disparation de ma grand mère a provoqué quelques grandes réflexions chez moi, et un besoin d'isolement. J'ai toujours trouvé très con l'utilisation du mot "disparition" dans le cas d'un décès. Mère-grand est morte, elle n'a pas croisé Gerard Majax !
Je me suis tenu à mon plan initial, le lendemain de l'enterrement, j'ai fêté mon anniversaire. Un bonheur. Il ne manquait aucun des amis qui me sont les plus chers. Mon copain Steph était là, comme je l'ai toujours connu, porteur de cette sobre distanciation qui lui permet de me rire au nez sans jamais trop me vexer. Ce type est incroyable.

Si ma mémoire est bonne, il est le premier de mes amis à avoir été mentionné sur ce blog et il est le seul à en connaitre l'existence. Un chic type...hétérosexuel*, mais un chic type quand même.

Bref, cet anniversaire a été une réussite et j'ai passé une très bonne soirée.

La deuxième raison de mon effacement, est que je croule sous le travail. Je pensais avoir énormément travaillé pour la licence, je m'aperçois pourtant que c'était peu de chose comparé au travail que demande la préparation d'un master. Je passe donc beaucoup de temps dans les rayonnages de notre jolie médiathèque municipale, qui ressemble à une version miniature du centre Pompidou. Qu'importe, c'est calme, neuf, coloré et propice à la concentration et à la réflexion.



A très bientôt,

Polyphème





*NDLR : L'hétérosexualité n'est ni une honte, ni une maladie. Certains prétendent qu'elle est génétique, pour ma part, je reste convaincu que chacun doit pouvoir vivre comme il l'entend. Ne comptez donc pas sur moi pour introduire une saillie drolatique concernant ces gens qui méritent respect et considération. De même tout commentaire injurieux hétérophobe ou raciste sera immédiatement supprimé.

dimanche 3 janvier 2010

Mère-grand a toujours le dernier mot.

Avant-propos : Bonne année à tous, bla, bla, bla, mon cul sur la commode, prospérité... C'est fait.

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Avant-propos (bis) : Ben dis donc, avec tout ça, je n'ai même pas fêté les deux ans du "journal de Polyphème" en novembre, bla, bla, insignifiant, bla, bla, nombril, nombril, rien à fout', bla, bla, ch'uis l'plus fort, bla, bla même pas mal...

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Je ne vous ai pas dit qu'il y a deux mois et demi, Mère grand Polyphème, celle là même qui avait vu le loup, avait été placée en maison de retraite. Ses crises d'angoisse à répétition étaient devenues ingérables pour ses enfants. Mère-grand n'a jamais accepté ce placement qu'elle a vécu comme une traîtrise et un abandon.


Les fêtes de fin d'années m'ont imposé de descendre à Avignon, une vieille intuition-qui-pue m'a commandé d'aller l'embrasser avant de partir, histoire de causer un peu et de veiller à ce que tout aille bien pour elle. Lorsque je suis arrivé, j'ai trouvé Mère-grand, seule, très malade, seule, affaiblie, seule, et très déprimée. Vous ai-je dit qu'elle était seule ? J'ai passé deux heures avec elle et nous avons bavardé. Assis sur le coin de son lit, je lui tenais la main et petit à petit, une chose simple, limpide s'imposait à mon esprit : Nous étions en train de nous dire adieux. Ses forces l'abandonnait. Nous avons parlé de tout, de rien, du temps que nous avons passé ensemble, de la famille, mais tout a été dit au présent ou au passé. Le futur, n'existait plus pour elle. Elle le savait, je le savais...nous étions seuls.

Ce jour-là, j'ai pleuré sa mort.


Il ne lui aura fallu que deux petits mois de maison de retraite pour s'étioler, se faner et, il faut bien le dire, se laisser mourir dans une chambre minuscule et sordide, dont la seule chose accueillante était le lit sur lequel elle s'abandonnait au sommeil, dernier rempart contre l'ennui.


Hier, de retour de vacances, j'ai trouvé sur mon répondeur un message de mon père me disant que mère-grand avait été hospitalisée. Elle est encore aujourd'hui dans un état végétatif et ne répond plus. Qu'importe. La nouvelle m'a à peine angoissé tellement c'était évident. Je me suis rendu à son chevet pour prendre sa main une dernière fois. Non pas pour elle qui s'en tamponne, mais surtout pour mon père qui ne dit rien mais qui est certainement bouffé par la culpabilité, à tort ou à raison, la question n'a plus d'importance pour moi. A lui de gérer ça.


Ma grand mère, j'ai eu la chance de la côtoyer assidument ces dernières années et je crois pouvoir dire que j'ai eu une relation privilégiée avec elle. Une forme de complicité et d'honnêteté nous a permis de regarder "les feux de l'amour ensemble" en se moquant des comédiennes maquillées comme ces filles de fêtes foraines qui rient trop fort. Cette culture télévisuelle est d'ailleurs un atout, fan de "Derrick" et "Des chiffres et des lettres", le coma lui est familier.


Samedi prochain, j'avais prévu de fêter pour la première fois mon anniversaire (ça promet d'être drôle car je ne connais pas la procédure qui permet de mener à bien ces évènements festifs). Peut-être, certainement, que d'ici là, elle aura franchi la dernière marche qui la séparait de l'autre monde. Mais je décide de maintenir cet anniversaire, dussé-je souffler mes bougies au travers de ma mantille.

Cette femme a énormément d'importance pour moi. A l'époque bénie où j'allais dégueuler mes névroses sur la satinette d'un improbable divan, c'est vers elle que je me suis tourné pour essayer de comprendre comment fonctionne cette famille. C'est en partie grâce à cette relation que j'ai pu avancer, que j'ai pu sortir du trou au moment où elle s'apprêtait déjà à y entrer. Ce que j'ai reconstruit aujourd'hui, l'homme que je suis devenu, s'est édifié sur cet amour et cette confiance inconditionnelle que nous avons partagé. Célébrer mon anniversaire, continuer à rire à la face de cette connasse de faucheuse qui ne me loupera pas non plus, me presser d'aimer mes chers-pas-encore-disparus, est un devoir envers elle. Mon anniversaire sera aussi un peut son héritage et sa victoire.


Mon premier anniversaire, sera assurément le plus beau.

lundi 28 décembre 2009

La dinde.

L'année 2009 n'aura pas été une année comme les autres.
Pour la première fois, j'ai convié une invitée de marque à passer le réveillon du 24 en notre compagnie, il s'agit de ... ma mère.

Oui, vous n'avez pas rêvé. De mon plein gré, en mon âme et conscience, sans qu'aucune menace ne pèse sur mon foyer ni sur ma personne, j'ai eu envie de passer ce moment avec ma mère. Ceux qui me lisent depuis longtemps, savent à quel point ma mère a pu être douloureuse.

Elle a accepté mon invitation avec beaucoup d'entrain et m'a clairement montré qu'elle était heureuse d'être parmi nous. au menu, j'ai évité les salsifis. Je ne l'ai pas truithonnée comme aurait pu me le suggérer Chondre. Non, rien de tout cela. Un repas entier, de l'entrée au dessert, confectionné par mes soins.


L'abbesse des castrés est resté chez nous pendant deux jours et deux nuits. Pas d'envies de meurtres, de poison dans la soupe, ni d'étranglement intempestif pendant son sommeil, non, encore une fois, rien de tout cela. Tout au plus, une légère lassitude amusée lorsque, comme à son habitude, elle parle beaucoup sans jamais écouter les autres, quitte à leur couper la parole pour ne parler que d'elle... mais très légère, la lassitude.


Le moment le plus critique fut l'ouverture des cadeaux. L'espace d'un instant, mon rond de serviette de mes 18 ans m'est revenu en mémoire. Je me suis vu offrir un genre d'étoffe bariolée qui, en principe, peut s'accrocher au mur et accueillir des photos. La paillasse est de plus garnies de fausses perles en carton-pâte qui pendouillent nonchalamment. Joie ! Bonheur ! Félicité !


Tout me va. Pas de problème particulier. Vive la distance, vive le second degré, vive la maturité.

mardi 15 décembre 2009

La gueuse.

L'espoir est décidément un truc fabuleux.

L'espoir, même quand il fout le camp pendant un temps, finit toujours par revenir une fois la situation un peu apaisée. Inversement, l'espoir nous fait parfois croire au meilleur et nous pousse dans un gouffre béant de déception.


Nadine Morano sait entretenir des périodes de silence qui nous font espérer... Inéluctablement, c'est la rechute. Pour ceux qui ne seraient toujours pas convaincus de l'opportunité électorale du débat sur l'identité nationale, je vous conseille de lire l'article du "Monde" rapportant les propos de la sous-sous-sous secrétaire du sous-état à la sous-famille et de la sous-solidarité, c'est édifiant.

"Moi, ce que je veux du jeune musulman, quand il est français, c'est qu'il aime son pays, c'est qu'il trouve un travail, c'est qu'il ne parle pas le verlan, qu'il ne mette pas sa casquette à l'envers"


Tel le pétomane rieur qui laisse échapper ses flatulences au grès de son bon plaisir, Morano se lâche, et l'espoir prend fin.

Le philosophe haussera les épaules en pensant :

"Moi, ce que je veux d'une vieille, quand elle est secrétaire d'état, c'est qu'elle aime son pays, c'est qu'elle trouve un travail, c'est qu'elle ne parle pas comme un fille de ferme qui sent le foin et dont le regard bovin, surplombant ces joues rougies par les vicissitudes de la vie rurale, se promènent furtivement aux coins des rues, à la nuit tombée, lorsqu'elle va vendre son cul vérolé pour trois sous, aux nostalgiques de Jérémy le borgne."


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Les borgnes qui passent Maman
M'envoient toujours des cartes postales
Des Bahamas Maman
Les borgnes qui passent tout le temps
Sont musiciens artistes peintres ou comédiens
Souvent.

samedi 5 décembre 2009

Le myopathe dans la Bergerie.

Je suis très occupé, mais cela ne m'empêche pas de me tenir informé en lisant la presse.

Une affaire a particulièrement retenue mon attention, celle de la sortie de Pierre Bergé concernant les dons, selon lui, disproportionnés au téléthon.

Je me souviens avoir entendu en direct ses propos (sur lesquels je n'ai toujours pas d'avis) et m'être demandé combien de temps allait s'écouler avant qu'on ne le remette en question sur le fait qu'il soit homosexuel et Président de Sidaction. On utilise à tort et à travers et quasiment systématiquement le terme de "lobby" concernant des gens dont on suppose qu'ils défendent une cause au nom d'une corporation.

Ainsi, on a pu régulièrement entendre parler du lobby juif, du lobby homosexuel, au même titre que du lobby des marchands d'armes et du lobby du porno.

Si l'utilisation abusive de ce terme sert souvent à tenir un discours dont l'objectif est assez peu recommandable, il a au moins le mérite de faire apparaitre clairement l'antisémitisme, l'homophobie et autres joyeusetés intellectuelles dont nos amis les humains raffolent.

Bien sûr que les lobby existent. Certains groupes de pressions se servent effectivement de leur influence financière et politique pour préserver leur avantages. Mais dans "groupes de pression", il y a le mot groupe...

... et Pierre Bergé me semble bien seul....

Il y a aussi ceux qui utilisent le mot lobby et qui, au détour d'une phrase, de surcroit, sortent une attaque implicite contre un des groupes sus-mentionnés.

Ce matin, en lisant la presse, je tombe sur cet article. C'est une courte interview de P. Bergé, un simple exercice de communication. L'intérêt est surtout dans les commentaires qui, comme souvent, sont très révélateurs des pensées profondes des lecteurs qui peuvent parler librement sous le couvert de l'anonymat.

Celui-ci est intéressant :

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Don

04/12/2009 à 18:19

J'ai vu ce type dans le Grand Journal de C+ : pincé, précieux, agressif et mauvais. En réalité il défend un lobby de gens qui ne s'assument pas. Je préfère donner pour le téléthon des enfants innocents



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Petite analyse sémantique :


Vous observerez la position centrale du "précieux" coincé entre "pincé" et, de l'autre côté, "agressif" et "mauvais". Nous avons donc affaire à un fin observateur, objectif et dénué de toute idées préconçues.


"En réalité il défend un lobby" : Pierre Bergé n'a pas d'opinion propre, il n'est que la face visible d'un iceberg dont la partie immergée est au combien plus dangereuse, ma bonne dame. Il défend l'intérêt d'un groupe qui tente de faire pression. Ha bon? Et lequel ? Demanderais-je naïvement.

Le commentateur répond lui-même à cette question de manière très alambiquée :


"...un lobby de gens qui ne s'assument pas" : Diantre ! Fichtre ! Cornegidouille ! Je suis sur le cul ! La vérité éclate au grand jour. Il existe un lobby des gens qui ne s'assument pas. Et ces gens qui sont-ils ? Et que n'assument-ils pas ? Je ne peux pas penser sérieusement, une seule seconde, qu'il est fait référence ici à l'engagement de Mr Bergé auprès des malades du sida. Nooooooonnnnn ! Certainement pas ! Par contre, y aurait-il un rapport avec l'utilisation du mot "précieux" de la première phrase de ce chef d'oeuvre ?


Oserais-je extrapoler, au risque de dénaturer la prose de cet individu qui pourtant est claire, rigoureuse, objective et incontestable ? Oserais-je vous dire que cette expression "lobby des gens qui ne s'assument pas" me rappelle les conversations des grenouilles de bénitier, qui sortant de l'église, s'esbaudissent sur "le fils de madame Machin qui est...[pincement de lèvres, mise à l'équerre du poignet et érection de l'auriculaire]".


L'art et la manière de dire sans jamais prononcer le mot. Peut-être que je m'emballe. Après tout, il y a plein de gens qui n'assume pas grand chose.


Pour qu'aucune miette de sagesse et de pertinence de ce message ne nous échappe, lisons la suite:


"Je préfère donner pour le téléthon des enfants innocents"


Le mot "innocent" tombe à point nommé, car il ne l'est pas. Les enfants sont innocents, c'est bien connu. Il faut le dire et je salut le courage de ce lecteur qui ose braver la vindicte populaire en rappelant ce fait scientifiquement prouvé. Bravo ! Bel enfonçage de rideau tiré. Je suis d'autant plus d'accord avec cette assertion que je suis certain que ce rappel n'était absolument pas destiné, par effet de contraste, à mettre en avant la non innocence (autant dire la culpabilité) des adultes. Certainement pas...en tout cas, pas n'importe lesquels.


Il est vrai que, tout comme ce penseur éclairé, on peut se poser la question du degré d'innocence de certains adultes, les précieux, les lobbyistes, les pincé, les mauvais, les coupables, ceux dont on n'ose pas dire le nom et qui se miment d'un pincement de lèvre et un petit doigt en l'air, suivez mon regard...



Ça m'apprendra à lire le Figaro !

jeudi 19 novembre 2009

De la science des rêves


Un grand merci à celui qui saura donner un sens à ce rêve que j'ai fait cette nuit même :



Je suis sur mon lieu de travail, plus exactement dans la salle des profs, en pleine discussion avec des profs et des élèves. (il est bien évident qu'en temps normal, les élèves n'ont rien à foutre là).

Nous parlons dans une ambiance détendue lorsque dans mon champ visuel, je perçois le rapide mouvement d'une silhouette par dessus mon épaule. Quelqu'un essaie de me tirer ma bière ! Oui vous ne rêvez pas, dans la salle des profs, j'ai à disposition un grand verre de bière bien fraîche, et, comme ça, tranquillou, quelqu'un essaie de me le barboter.

Au moment où je me retourne pour protester avec forces invectives je m'arrête net, stupéfait de découvrir l'identité du malotru...

Dans son tailleur rose bonbon, Roselyne Bachelot* me fait face, l'air l'air un peu furax de constater que non, Polyphème n'est pas disposé à partager sa mousse avec qui que ce soit.

"Hé alors !", lâche t-elle, en colère....



Mon rêve prend fin.


*Il est important de préciser que la veille au soir, j'ai mangé du saucisson.