
Il y deux ou trois semaines de cela, j'ai failli mourir... d'ennui. Nous avons vu au cinéma, "La question humaine". Le film a duré une éternité. Il ne s'y passe rien. Ou que des choses qu'on ne comprend pas. En sortant, le public a manifesté des réactions très variées. Lorsque les lumières se sont rallumées, l'ambiance était apocalyptique. Il a fallu compter les morts.
Certains ont eu moins de chance que moi et sont réellement décédés de lassitude devant ce film qui n'en finissait pas de finir. D'autres de désespoir, se sont tirés une balle dans la bouche. Une dame à coté de moi a même tentée de mettre fin à ses jours en déchirant son "Télérama" (par qui le film avait reçu une critique dithyrambique, pour reprendre un mot cher à Séverine Ferrer.) et en l'avalant sous forme de grosses boulettes en papier. Mais le plus horrible fût le fou rire nerveux de deux hommes qui sortaient de la salle. Il faut croire que le néant, le puits sans fond d'ennui avait finalement eu raison de leur équilibre mental. Entre deux rictus de douleur, l'un d'eux, en rires et en larmes, parlait de sa compagne absente:"Hahaha! Heureusement, Hihihahaho! Elle est pas venuuuu! Hahaha"couic"!"
Au prix d'un effort phénoménal, nous avons pu nous dégager de la torpeur dans laquelle nous étions. On voit souvent des gens, qui, pour ne pas devenir fous, se réfugient dans l'autisme. Et bien là, on en était pas loin. Au centre de la rangée de fauteuils, il nous a fallu dégager les corps des malheureux, qui jonchaient le sol, pour pouvoir gagner la sortie. Nous n'étions pas au bout de nos peines. Une fois devant la porte à double battant, il nous a fallu encore accomplir un bien funeste travail...
Un jeune homme, très probablement lecteur, lui aussi de Télérama, à en juger par le programme
d'"Art et essai" Chiffonné entre ses phalanges, avait certainement voulu tenter une fuite désespérée vers les issues de secours, après avoir senti poindre le vide intersidéral libéré par le film. N'en pouvant plus, il avait dû courir à toutes jambes, mettant à fond son Ipod, pour couvrir le long, très long, monologue de fin, par les couinements d'Hélène Ségara. Le malheureux, sous l'effet conjoint du film et des braillements, s'est effondré au bout de quelques mètres. Les traces au sol, semblaient indiquer qu'il avait rampé, à bout de force jusqu'aux portes. Finalement sentant sa fin venir, il avait décidé de s'autodétruire en se coinçant la tête entre les deux battants en hurlant dans un dernier souffle :"Vive Max Pécas!"
Tout ça m'a donné une vague idée de ce qu'avaient pu ressentir Fabius, Strauss-Kahn et Rocard à l'annonce de la victoire de Ségolène Royal au primaires socialistes.Une fois hors de la salle, un peu hagards, nous vîmes passer devant nous des ambulanciers poussant une civière où reposait un corps recouvert d'une housse noir.
A la conversation des infirmiers, nous comprîmes bien vite, qu'il s'agissait du projectionniste qui, au comble de la mélancolie, avait décidé de se pendre avec la bobine du film...
Bref, un film de Nicolas Klotz, ça vous change un homme...
5 commentaires:
Voila comment la carte UGC a changé ma vie. Aucun scrupule à se casser en pleine séance et prendre un billet pour un autre film.
Halte à la torture.
Ben oui, mon Chonchon, mais pas de carte UGC dans notre belle province!
Oh punaise ! J'ai dû étudier ce film en technique documentaire au premier semestre à la fac... Je pensais que c'était juste un film fait pour endormir les neurones des étudiants assez tarés pour aller en psychologie ! J'ai dû faire tout mon dossier de partiel dessus...
Bref... Ton post m'a fait éclater de rire !! ça inspire un film nul parfois quand même !!
Bisous
Et bien j'étudie la psycho, je suis taré, et ce film m'a endormi... Tout y est !
En fait, plus que les cartes de ciné illimité (comme l'UGC illimité que cite Chondre), il faudrait que les films soient "satisfaits ou remboursés"... Une loi Scrivener du cinéma: 7 jours pour se retracter et récuperer le prix de la place de ciné! =)
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