22 Octobre 2007, Ikare publie "Tendez moi votre joue". L'encufoiré !! C'est fini. Il ne reviendra plus. Il a eu envie d'autre chose. Je me sens partir dans la sidération la plus totale... Comment ose t-il. Il ne peut pas ! NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON ! Ben si.
Ce soir d'octobre Ikare a tourné les talons. Me croiriez-vous si je vous disais que j'en ai chialé. Un chagrin de môme qui perd son chat auquel il tenait tant. De l'abandon, de la détresse, un sentiment d'injustice, l'apprentissage de la frustration. En plus, si il s'était contenté de ne plus publier, ou de faire ça, comme un authentique sagouin... Mais non! Jusqu'au bout, ce mec reste classe. Il dit au revoir simplement avec ses mots, et "clic !", plus rien... Il ne me restait plus qu'a accepter.
Lui, inquiet :
-"Qu'est-ce qui t'arrives ?"
-"C'est Ikare...C'est fini !", bafouillais-je, d'une voie tremblante.
Vous imaginez bien qu'il était au comble de la perplexité. Je n'arrêtais pas de lui parler de ce blog, depuis un bon moment, mais il était loin, très loin de s'imaginer ce qui se passait dans ma tronche.
Lui : ...?!?!
Evidemment qu'il ne pouvait pas comprendre. Je repars dans le bureau et me recolle devant l'ordinateur. Je relis plusieurs fois le billet, comme pour me persuader que je ne rêve pas.
Dépité, j'abandonne et éteins l'ordinateur. Je vais me mettre au lit. Je reste assis, les yeux hagards, les lèvres serrées, sous le regard de ma moitié de plus en plus interloquée.
Lui : "J'aimerais te dire quelque chose, mais je ne sais pas quoi, visiblement, quelque chose m'échappe !"
Moi, livide: "Il n'y a rien à dire." Je finis par m'allonger et tente de me détendre.
Intérieurement, je bouillais: "Mais c'est pas possible, je vis un drame, et lui, tranquille, il lit Harry Potter !". Légère envie de violence.
Inutile de vous dire que les jours qui suivirent, furent ponctués par les visites désespérées, pendant lesquelles, je priais pour trouver un nouveau post. Mais non, Ikare avait bel et bien foutu le camp pour laisser Florian en paix.
Soucieux de bien me faire comprendre et de ne pas passer pour un psychopathe en puissance, j'insiste sur le fait que l'expérience vécue n'a rien à voir avec une fixette d'un amoureux transit. D'ailleurs, vous aurez remarqué que je parle toujours d'Ikare, le personnage dont je lisais les aventures sur le net, et non de Florian, la personne, qui est certainement un garçon charmant, mais que je ne connais absolument pas. C'est compliqué, hein !
Comme je vous le disais dans la première partie, il y a des moment où on est mal, et donc, vulnérable. J'étais dans un de ces moments où je savais que quelque chose déconnait sans être capable de dire quoi. Ikare (et Gauthier également, bien que, le concernant, les choses se soient déroulées de manières moins violentes et donc, moins douloureuses !) Ikare, disais-je, m'a amené, sans que je m'y attende à regarder là où ça faisait mal chez moi. Tout simplement.
Alors la voilà, la pathétique rencontre de Polyphème avec le monde du blog, mais au travers du blog, sa rencontre avec lui-même. Elle a commencée dans la souffrance, mais comme les jolies histoires de mon enfance, elle finit bien. Aujourd'hui j'arrive à en rire parce que j'ai compris ce qui s'y ai joué, j'ai compris que je n'étais pas taré, (même si je vous ai convaincu du contraire!), et même, je vais jusqu'à dire que cet évènement, a été pour moi, pour mon bien être, d'une importance capitale. Si je ne m'étais pas laissé entrainé par le plaisir de lire Ikare, je n'aurais pas pu mettre à jour les failles qui me rongeaient depuis si longtemps, et qui ne demandaient qu'à s'exprimer. Ikare ne fût que le déclencheur, le détonateur d'une souffrance ignorée, mais bien réelle.
Ce message, je l'écris pour tous les Polyphèmes du monde, qui vivent cachés derrière les autres, persuadés qu'ils sont, d'être des "pas-grand-choses", des "petits riens". A vous tous, ne désespérez pas, un jour, votre Ikare à vous viendra...
Avec toute ma bienveillance,
Un type que je ne connais pas me rend triste en quittant mon quotidien alors que tant d’autres que je connaissais, en me quittant, m’ont rendu service