dimanche 10 février 2008

De l'amour et de ses déconvenues.

"Tu dors ?"
Après "T'es où ?", la question "Tu dors ?" est certainement la plus con du monde. Pourtant, le sachant, on ne peut pas s'empêcher de la poser, les nuits où le marchant de sommeil nous a oublié.

Invariablement, on la pause lorsque l'autre n'a pas forcément envie de tailler la bavette.

- Polyphème... Tu dors ?
- [silence]
- Mon chéri....
- Hmmmm...mmm...mm...m
- Tu fais quoi ?
- Je fais tourner les tables, ça se voit pas?
- J'arrive pas à dormir.
- Content de le savoir.
- Toi non plus ?
- Moi ?! Il y a deux minutes, ça allait très bien...
- C'que t'es grognon !
- !!!! (Serait-il en train de se foutre de moi?)
- On peut parler ?
- La réponse est dans ta question...
-...
- Parles, maintenant que je t'écoute !
-Laisse tomber, si c'est pour être désagréable c'est pas la peine !


Un exemple parmi tant d'autres, qui nous aide à nous souvenir que la vie à deux, c'est pas toujours simple. C'est certain, quand on est célibataire, on a tôt fait d'idéaliser la chose, en pensant à Roméo et Juliette.
Alors moi, si je puis me permettre, Shakespeare, il a bien vendu son produit et il s'est bien foutu de notre gueule ! Avant de vouloir mourir par amour, cette brave Juliette, elle aurait bien fait de s'imaginer le quotidien avec son jules.
Je passe sur le tube de dentifrice qui, systématiquement, n'est pas rebouché, la lunette de toilettes qui n'est pas rabattue et l'incapacité de son mec à rincer le lavabo de la salle de bain après s'être rasé. Là, vous êtes en train de vous dire, le Polyphème, il tombe dans la facilité, ce qu'il dit est vrai mais il n'y a rien d'original.
D'accord, alors mettons deux secondes à la place de Roméo...


Je vais encore passer pour un sexiste si je dis que me mettre à la place d'un type qui vit avec une fille, ça va me demander beaucoup d'imagination et surtout, un coeur bien accroché !
Mais dites-moi, au 17ème siècle, si ma mémoire est bonne, dans l'Angleterre D'Élisabeth Iére, ultra puritaine, à coté de laquelle notre Christine Boutin nationale fait figure de gourgandine, à cette époque, disais-je, les rôles féminins étaient tenus par des hommes... La comédie était une profession interdite aux femmes !


Ainsi, Juliette était un travelo ! On imagine la gueule de la famille Montaigu, lorsque cet andouille de Roméo s'est pointé avec sa belle, pour la présentation aux beaux parents... Tu m'étonnes que ça a déclenché une guerre entre les Capulets et les Montaigus !
Un mètre quatre vingt au garrot, grande, robuste, chatoyante rouquine Irlandaise. Pire qu'une fille de ferme, c'est une vraie "machine agricole"! (dixit, Le coeur à ses raisons")
En plus, si ça se trouve, le pauvre Roméo ne s'est aperçu de rien jusqu'à la première fois qu'ils ont... Mon dieu ! Ça a du être un grand moment de solitude pour le boutonneux qui frétillait en se disant: "Ça y est, ce soir je suis un homme, la p'tite Juliette, je vais la faire grimper aux rideaux. Les copains arrêterons de se foutre de ma gueule, ils vont voir ce qu'ils vont voir !!"
Ben, si vous voulez mon avis, ses potes sont encore en train de se marrer à imaginer le jouvenceau en quête de virilité, entre les bras d'un haltérophile, dont l'haleine refoule le whisky à deux cent mètres à la ronde. On imagine bien l'état dans lequel Roméo a été retrouvé, au petit matin, nu comme un vers, recroquevillé au dessus de l'armoire Henri VIII, suçant son pouce , serrant son nounours contre lui et murmurant :"Faut pas que j'y pense, faut pas que j'y pense..."

Comme toujours, je me suis un peu éloigné du sujet, mais il faut croire qu'il était nécessaire de faire une piqûre de rappel. L'amour est une chose, la vie à deux en est une autre. Elle nécessite l'apprentissage du lâcher-prise sans lequel plus rien est possible (C'est pas une vie de courir derrière l'autre pour qu'il mette ses chaussettes dans le panier à linge et qu'il pense à vider ses cendriers !). Alors, à tous les célibataires qui liront ses lignes, en attendant que ça ne vous tombe dessus sans prévenir, à moins que vous ne soyez masochistes, savourez ces instants de quiétudes et cessez de geindre !

Moralité :
Avoir un homme en permanence à la maison, c'est comme avoir un piano à queue dans la cuisine. C'est joli, mais ça gêne pour passer !

5 commentaires:

matorif a dit…

hi hi ! j'aime bcp ce post qui me rassure sur ma condition de célibataire !! Et mon ex adorait me parler lorsqu'on se couchait. Ben vi, il était insomniaque et ne parvenait pas à comprendre comment je faisais pour m'endormir en 30 secondes (je pense qu'il était jaloux en fait !). Quant à Juliette travelo... mdr !!

Polyphème a dit…

Le pire n'étant pas l'insomniaque, mais l'insomniaque allergique au silence nocturne !

Anonyme a dit…

Habiter sous le même toit que celui ou celle qu'on aime, c'est la plus grave erreur qu'un couple puisse faire.
Et puis, si on veut aller plus loin (...), qu'est ce qui est le plus difficile ? Conquérir un amour ou le conserver ? Le conserver bien sur. Mais conserver comment ? Par quel(s) moyen(s) ?
En reconquérant, chaque jour, comme si c'était le premier. Cela demande du temps, du courage, de l'abnégation. Et de l'inventivité.
C'est sur. C'est pas facile de faire le zèbre.

Unknown a dit…

Ahahahahahah

Mon dieu faut que je vienne te lire plus souvent, tu me fais hurler de rire!

Moi la vie à deux c'est pas possible, je suis une Bree en puissance, je suis capable d'éviscérer mon mec s'il ne pose pas la serviette de bain correctement sur le chauffe serviette...

Et j'adore l'analogie avec le piano ^^

Polyphème a dit…

@Fanfan: Ben oui, la vie à deux est une espèce de marathon...En ce moment, j'ai un point de coté, mais ça ira mieux...

@Gauthier: Tu me crois si tu veux, pour pondre ça, je n'ai rien pris du tout!