dimanche 3 février 2008

Sophie la girafe

Nous avons tous, paraît-il, notre propre manière d'évacuer notre stress. Moi, c'est le rire. Vous savez, ce rire complétement idiot, non maîtrisé, qui, une fois sorti, vous laisse complétement vidé, hagard, assomé de fatigue.

Mon frère, C., se forme au massages shiatsu depuis presques deux ans. Ces massages sont issus des médecines traditionnelles chinoise, et se pratiquent par compression de certains points nerveux, du bout des orteils, jusqu'au massage des yeux. Tout y passe.
Ayant pratiqué sur moi tout son attirail de palpé-roulé, il connait ma réaction.
En générale, elle ne se fait pas attendre. Au bout de dix minutes, lorsque je commence à être détendu, bien comme il faut, les petits tressautements arrivent puis c'est l'explosion. La grosse poilade, les larmes aux yeux, impossibilité de respirer, je vire au violet en attendant de retrouver mon calme. Si bien, que parlant de moi aux gens de son institut, j'ai fini par devenir le cas rare du "type qui se marre comme une baleine" pendant la scéance.
Aujourd'hui, chez lui, une scéance collective a été organisée. Plusieurs autres masseurs étaient présents et mon frère, bien entendu, m'a proposé d'être en quelque sorte le cobaye.

Mon frangin ne m'avait pas caché qu'il avait parlé de moi à ses collègues et qu'ils m'avaient déjà surnommé "Sophie la girafe" en raison des couinements qui se font entendre à chaque pression sur mon corps.
Chacun son cobaye, on m'alloue le masseur le plus expérimenté qui avait hâte de savoir si mon frére avait exageré ou non.

Le pauvre n'a pas été déçu...

Ils avaient même eu la délicatesse de nous mettre dans une pièce à part pour que mes rires compulsifs ne dérangent pas les autres. Très bonne idée !

Le monsieur très serieux commence à m'expliquer ce qu'il va faire, dans quel ordre. Je lui réponds que je connais et qu'il n'y a pas de problèmes particuliers. Je m'empresse de lui rappeler tout de même que je ris souvent et que je n'y peux absolument rien, il faudra pas se fâcher.
Il me répond, très aimable qu'il est habitué aux réactions qui sont fréquentes quelques soient leurs formes.

Ca n'a pas loupé. Au bout de quelques minutes de massage, je me sens libèré d'une pression, moins inhibé par rapport au monsieur qui me touche partout et que je ne connais pas, je lâche prise.

Le rictus redouté se forme sur mes lèvres.
Ma nuque se tend. Mes poumons commencent à faire n'importe quoi. Et ça part en sucette...
Au début, le type ignore. Puis, le ricannement stupide se faisant plus insistant, il lève ses mains pour me laisser me ressaisir. Mais dès qu'il attaque, ça repart de plus belle, plus fort, plus long, bref, il craque !
Au bout d'un moment, il est plié en quatre, comme moi et a bien du mal à terminer son travail.

A l'issue de l'expérience, le monsieur a la classe de me remercier pour la joie de vivre que je lui ai explosé à la tronche, il a avoué à tous avoir été désharçonné mais, a t-il ajouté, il a appris beaucoup de choses aujourd'hui.
De mon coté, je l'ai remercié pour sa compréhension, et lui ai assuré que je ne m'étais jamais autant bidonné avec un parfait inconnu.

La vie, des fois, c'est simple comme une huile de massage au citron vert...

5 commentaires:

matorif a dit…

les soirées avec toi doivent être sympas ! Est-ce que tu ris autant lorsque ton chéri te masse ?

Polyphème a dit…

Bien plus encore !...

Anonyme a dit…

... Je viens d'éviter un fou rire en lisant ton poste, je suis entouré de collègue qui me croit entrain de lire mes mails!

Anonyme a dit…

Alala !!! Monsieur est un grand rigolo mdr !
Ca doit être sympa à écouter !
Bisous à toi

Anonyme a dit…

Quelle précision ! Quel sens de l'analyse dans le commentaire ! Ces réponses sont tellement profondes qu'elles en sont bouleversantes. On s'élève très haut avec vous. Merci. L'écriveur appréciera sans doute.